Chiko
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Özgur Yildirim
Année: 2008
Classification: 18A
Durée: 92 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Turc / Allemand (DDST)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 629159039558

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
16 juillet 2009

Le commerce de la drogue et la quête de pouvoir font des ravages dans "Chiko", une production turque et allemande qui doit beaucoup au cinéma de Martin Scorsese. Efficace à défaut d'être réellement inédit.

Chiko (Denis Moschitto) et Tibet (Volkan Özcan) sont les meilleurs amis du monde. Ils rêvent de reprendre le contrôle du commerce de stupéfiants à Hambourg. Lorsque l'influent Brownie (Moritz Bleibtreu) recrute Chiko mais non Tibet, la zizanie apparaît rapidement entre les comparses. Surtout lorsque la consommation de drogue amène des comportements regrettables qui auront de terribles répercussions sur leur existence.

Ce long-métrage d'Özgur Yildirim est un croisement entre le cinéma mafieux de Scorsese et le Scarface de Brian De Palma. Il est question des sommets et des malheurs d'un petit truand, de sa gloire, de ses rêves, de la quête incessante de pouvoir et de richesse. Qui se terminera bien entendu tragiquement. Rien de très original là-dedans, si ce n'est une mise en scène tout à fait adaptée au sujet, un choix scénaristique de s'intéresser davantage aux personnages qu'au milieu, et une très belle distribution. Dans le rôle-titre, Denis Moschitto ne s'en laisse pas imposer, et Mortiz Bleibtreu déstabilise avec son charisme d'enfer.

Pourtant, les cinéphiles auraient facilement pu être faussés. Même si le vénérable cinéaste Fatih Akin agit en tant que producteur, le résultat n'a rien à voir avec son époustouflant The Edge of Heaven. Le récit, plus limité artistiquement et psychologiquement, demeure attendu et prévisible, et il est surtout relevé par son rythme soutenu et son climat de violence qui ne fait cependant pas dans les détails inutiles.

La trame sonore, riche et variée, mélange les ambiances et les atmosphères en recourant à des airs électroniques et hip-hop assez branchés. La piste sonore allemande en Dolby Digital 2.0 est généralement timide, ne venant relever les haut-parleurs que de bruits de balles et de klaxons. Les sous-titres blancs en anglais et en français sont cependant aisés à lire. Les images aux couleurs délavées et vieillies offrent un bon niveau de détails. Si le blocage se veut rare et que les contrastes demeurent élégants, le grain constant n'enchante guère, surtout lors de scènes nocturnes plus délicates.

La pochette classique montre quelques protagonistes aux regards sérieux et parfois même l'arme en main. Le menu principal du DVD reprend cette banale idée en demeurant continuellement statique. Une mélodie mouvementée et rythmée se fait toutefois entendre. Hormis les multiples bandes-annonces qui apparaissent une fois l'insertion du DVD, il n'y a aucun autre supplément de disponible.

Après avoir fait la route de quelques festivals (Berlin, Athènes, etc.), "Chiko" débarque au Québec directement en DVD, sans avoir passé préalablement par les salles régulières. C'est dommage, mais peu surprenant. Déjà que le supérieur Gomorrah, une œuvre phare et fascinante récompensée à Cannes en 2008, ait rapidement été retiré de l'affiche, il en aurait sans doute été tout autant de ce drame sans génie, mais habilement mené, qui arrive à intéresser malgré ses ficelles apparentes.


Cotes

Film6
Présentation3
Suppléments-
Vidéo6
Audio6