France, 1949. Nous sommes à Fond de l'étang, un centre de rééducation pour mineurs: alors que certains les qualifieraient de centre pour jeunes délinquants, il s'agit plutôt d'enfants défavorisés par la vie, dont les parents étaient souvent incapables de s'occuper d'eux. Ils sont sous la gouverne du méchant directeur Rachin (François Berléand), qui ne jure que par l'apprentissage d'"Action-Réaction". Cela consiste à punir tout acte hors norme, et à encourager la délation lorsqu'aucun coupable n'est trouvé: le résultat est que beaucoup de temps de cachot est fait pour rien.
Jusqu'à l'arrivée de Clément Mathieu (Gérard Jugnot), le nouveau surveillant qui viendra réanimer les lieux avec ses partitions de musique. Il redonnera de la motivation aux enfants, à travers la musique, et mettra sur pied une chorale malgré les réticences de son directeur. Quelques enfants particulièrement se distinguent de la masse, notamment Jean-Baptiste Maunier qui interprète Pierre Morhange ainsi que Maxence Perrin, qui joue le rôle du mignon petit Pépinot. Alors que le premier a des yeux si profonds dont on devine l'innocence, le deuxième est rafraîchissant par son petit côté comique. Les deux personnages verront leur vie changée par ce chef d'orchestre amateur: d'ailleurs, le tout début du film est introduit par la présentation d'un grand concert de musique orchestrée par un homme aux cheveux gris. Il s'agit de Morhange, plusieurs années plus tard, qui a repris le flambeau de son professeur de jadis.
Le scénario n'a rien d'exceptionnel, c'est réellement la mise en contexte, l'ambiance dans laquelle la musique nous plonge et la manière dont les enfants nous émerveillent en nous ramenant aux sources. Les petits tours qu'ils se jouent entre eux et aux professeurs sont faits avec malice, mais sans vraiment avoir une intention de méchanceté: la chanson-thème de la chorale plus particulièrement, est magnifique et très émouvante. Le film n'a guère besoin d'effets spéciaux, de son à tout casser pour impressionner la galerie. C'est sa simplicité qui charme, et qui nous émeut.
Les menus sont statiques et présentent des images peu dynamiques, dénuée de tout accompagnement sonore. Pour un film dans lequel la musique joue un si grand rôle, il est combien décevant de voir qu'on ne nous a même pas permis d'entendre la chanson-thème en arrière-plan! Mentionnons également l'absence complète de suppléments, sinon quelques bandes-annonces présentées au début lorsqu'on insère le disque.
Du côté technique, l'aspect sonore a au moins le mérite d'être impressionnant: la piste Dolby Digital crée de beaux effets d'ambiophonie, particulièrement lorsqu'on entend la chorale chanter. Du côté de l'image, les couleurs sont bien définies, bien que la majorité du temps les décors sont assez ternes, pour montrer la froideur de la situation, et ainsi mettre toute l'emphase nécessaire sur la musique. L'atmosphère de l'époque est très bien recréée, et on comprend facilement pourquoi le film a été nominé aux Oscars à la fois pour le prix du meilleur film étranger, mais également pour la meilleure musique de film, en 2004.
| Film | 9 |
| Présentation | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |