Circumstance
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Maryam Keshavarz
Année: 2011
Classification: 14A
Durée: 107 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Farsi (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 629159047478

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
18 décembre 2011

Film iranien qui réprouve la répression quotidienne d'une nation sur sa population à grands coups d'images chocs, "Circumstance" ne fait pas dans la dentelle. Reste qu'une véritable image de cinéma s'échappe de ce joli portrait de femmes.

Atafeh (Nikohl Boosheri) et Shireen (Sarah Kazemy) sont les meilleures amies du monde, peut-être même un peu plus. Elles cherchent à s'échapper des mœurs rigides de l'Iran en allant dans des discothèques et en flirtant avec des adolescents comme eux qui ont soif de liberté. Elles sont prises en grippe par Mehran (Reza Sixo Safai), le frère de Shireen, qui a le béguin pour Atafeh. Sauf que le frangin est dangereux et il fera tout pour les séparer.

Drame qui lève le voile sur des coutumes à faire hurler le public occidental, "Circumstance" joue à un jeu dangereux. Son message central axé sur l'émancipation est noble et nécessaire, sauf que sa démonstration laisse parfois à désirer. Un peu comme si l'objectif de l'entreprise est de multiplier le maximum de séquences offensantes. À force de tirer sur tout ce qui bouge, de tout faire pour choquer le spectateur, la manipulation n'est jamais loin. Tout comme les affres du mélo. Il y arrive tellement de choses aux héroïnes qu'il est aisé d'être essoufflé avant la fin. Trop, c'est comme pas assez.

Ce serait pourtant dommage de passer son chemin. Le long-métrage recèle quelques bonnes idées, questionnant les valeurs et les idées préconçues, et ce, de différentes générations. Son regard se dépose notamment sur le cinéma et les amours lesbiens, brûlant le maximum d'interdits. Les métaphores familiales sont nombreuses, un peu trop envahissantes, mais elles se fondent bien à la mise en scène très (trop?) étudiée de la réalisatrice Maryam Keshavarz. Son désir de septième art est palpable et malgré les faiblesses de ton, il ne pourra que devenir encore meilleur avec le temps. Parce qu'elle maîtrise déjà la direction d'acteurs, alors que tous les comédiens offrent des prestations intenses à souhait.

La musique omniprésente obtient la place qui lui mérite. La piste sonore en parsi est subtile sans être décoiffante, utilisant les enceintes pour y faire ressortir des bruits de voitures et de mélodies. Les voix sont claires et il y a de très potables sous-titres blancs en anglais, en français et en espagnols afin de tout comprendre. Les images parfois stylisées sont souvent impressionnantes. Il y a bien un peu de blocage, mais la palette de couleurs est riche, les teintes regorgent de détails significatifs, et les contrastes demeurent solides, surtout lors de moments plus obscurs.

La pochette blanche est séparée en trois rectangles ornés des corps des deux protagonistes. Le menu principal du DVD propose plutôt un montage rythmé de scènes ainsi qu'un air musical enlevant. Les suppléments comprennent une bande-annonce extrêmement dynamique, un intéressant documentaire de 16 minutes sur le tournage qui révèle quelques secrets de production, ainsi qu'une agréable piste de commentaires où la cinéaste, le comédien Reza Sixo Safai, la compositrice Gingger Shankar et le directeur de la photographie Brian Rigney Hubbard décortiquent l'essai d'un anglais plus que fluent.

Sans être du même calibre que le cinéma de Jafar Panahi ou que l'exceptionnel Une séparation de Asghar Farhadi qui prendra l'affiche dans quelques mois, "Circumstance" est un titre important, parsemé de maladresses parfois gênantes, mais qui ne manque surtout pas d'ambition. L'étude de milieu est audacieuse et elle fera réagir à coup sûr.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments4
Vidéo8
Audio6