Copacabana
Entertainment One / Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Marc Fitoussi
Année: 2010
Classification: PG
Durée: 106 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD9)
Code barres (CUP): 774212106453

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
11 mars 2011

Rires et critique sociale font bon ménage dans "Copacabana", le second long-métrage de Marc Fitoussi qui montre une Isabelle Huppert dans un rôle beaucoup plus léger et décalé que d'habitude. Une belle petite fantaisie qui se termine un peu en queue de poisson.

Pauvre Babou (Isabelle Huppert)! Sa fille Esméralda (Lolita Chammah) lui reproche son mode de vie libertaire, la menaçant même de ne pas l'inviter à son propre mariage. Afin de se racheter à ses yeux, sa mère se trouve un emploi à Ostende en Belgique où elle vend des appartements en multipropriété dans une station balnéaire où il ne fait presque jamais beau. Elle y découvre une vie bien différente de ce qu'elle est habituée, et une patronne (Aura Atika) qui n'a pas la langue dans sa poche.

"Copacabana" est d'abord un portrait de femme. Celui d'une personne qui tire parfois le diable par la queue, empruntant à tout le monde, car elle est impossible de garder un travail. Le film aurait pu s'appeler Babou tant le personnage d'Isabelle Huppert est pratiquement de toutes les scènes. Renouant avec un registre plus léger comme elle l'avait fait dans les années 1980 avec Blier et Balasko (et plus récemment dans le 8 femmes d'Ozon), la muse de Chabrol et de Jacquot fait oublier ses récentes incarnations froides et austères en campant avec délectation un esprit sans attache, qui peut être à la fois sympathique et insupportable dans sa façon de percevoir l'univers qui l'entoure.

La première tranche du récit s'attarde principalement aux relations filiales entre Babou et Esméralda, entre Isabelle Huppert et sa propre fille Lolita Chammah. Il n'est donc pas surprenant que les engueulades sonnent vraies auprès de ces deux actrices qui se connaissent parfaitement. Chacune tient à ses positions, et si la fille semble parfois plus mère que sa propre mère, elles chercheront constamment à se reprocher pour recoudre cette relation qui a pu s'effiler avec le passage du temps.

Heureusement que le cinéaste n'est pas resté sur ce fil dramaturgique ténu pendant tout l'essai, ce qui aurait sans doute donné un second LOL. Au contraire, il sabote son propre travail, amenant son héroïne dans la grisaille de la Belgique. Du coup Marc Fitoussi pourfend le monde du travail, celui qui ne se soucie guère de ses employés, et qui ne pense qu'à la rentabilité. Il ne le fait peut-être pas toujours subtilement (les deux personnes sans-abri ne sont jamais très loin des clichés), mais ses efforts se veulent louables et authentiques.

Dommage qu'il termine le tout sur la voie de la facilité. Sans doute que le metteur en scène ne voulait pas condamner le mode de vie de Babou, mais sa façon de conclure en toute vitesse laisse un goût un peu amer en bouche, surtout devant tous les soins apportés jusque-là.

La musique utilisée campe cependant bien une ambiance de fête et, ironiquement, de mélancolie. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 est efficace dans son utilisation des enceintes, y faisant ressortir des bruits de klaxons, de voitures, de quilles et de bourrasques de vent. Les voix sont parfaitement audibles et il y a de très visibles sous-titres en anglais et en français en cas de besoin. À priori, les images sont un peu ternes, avec cette palette de couleurs sans éclat et ce blocage. Graduellement le niveau des détails surprend. Les détails prennent de l'expansion et la qualité des contrastes déçoit rarement.

La pochette blanche montrant les deux principales interprètes est un peu banale. Le menu principal du DVD le réutilise sans rien y changer. Le tout est statique et il n'y a aucune mélodie. Les suppléments sont composés de bandes-annonces et de huit scènes coupées avec des commentaires du réalisateur. Bien que pertinents, ces segments n'amènent rien au montage final.

Intéressante étude de personnages qui est doublée d'une exploration du monde du travail et des liens qui peuvent unir – ou pas - une mère et sa fille, "Copacabana" compense ses quelques maladresses par un équilibre sans cesse renouveler entre l'humour et la critique sociale, le tout étant doublé d'une nouvelle prestation de haut niveau d'Isabelle Huppert. Avec un tel tandem, il est plutôt difficile de faire un mauvais film.


Cotes

Film7
Présentation2
Suppléments3
Vidéo7
Audio7