House of the Sleeping Beauties
First Run Features

Réalisateur: Vadim Glowna
Année: 2006
Classification:
Durée: 99 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Non
Langue: Allemand (DDST)
Sous-titres: Anglais (brûlés dans l'image)
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 720229913706

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
1er juillet 2009

Pour son retour à la réalisation après plusieurs années d'abstinence, l'acteur et scénariste allemand Vadim Glowna se paye un rêve érotique (de vieux pervers?) en signant "House of the Sleeping Beauties", l'adaptation cinématographique du célèbre roman japonais de Yasunari Kawabata.

Edmond (Glowna) souffre de solitude depuis la mort de sa femme et de sa fille. Sur le conseil d'un ami (Maximilian Schell), il décide de fréquenter un étrange établissement où il peut passer la nuit en compagnie de jeunes femmes endormies. Il se plaît à les regarder, à les caresser, à leur raconter sa vie, se permettant même de ne pas toujours écouter les conseils de la maîtresse de maison (Angela Winkler). Au fil de ses visites, le vieil homme commence à s'attacher à ces présences féminines, au point où il perd de plus en plus contact avec la réalité.

Ce simili huis clos provient de la littérature et cela paraît presque instantanément avec cette narration bien à l'avant-plan. Les mots décrivent les actions et les sentiments, devenant l'arme favorite des protagonistes. En prenant son temps et en multipliant les répétitions afin de mieux saisir les enjeux, le cinéaste semble habité par son sujet. Il faut avouer que plusieurs thèmes essentiels se succèdent. Il y a la vie et la mort, la vieillesse et les regrets, le sexe et le désir d'exister réellement. Le tout ressort dans une mise en scène glacée - quoiqu'un peu trop télévisuelle - qui multiplie les réflexions à sens unique entre un homme au crépuscule de sa vie et de jeunes corps inertes.

Comme chez les ouvrages de Jean-Claude Brisseau, ces dialogues en milieu légèrement vêtu séduisent et repoussent tout à la fois. C'est à se demander si Glowna ne voulait pas satisfaire ses fantasmes en assurant la mise en scène et le rôle-titre. Cependant, sa démonstration demeure généralement pertinente, hormis les cinq dernières minutes qui viennent tout gâcher. Mieux vaut peut-être même arrêter le visionnement avant que le compteur ne dépasse les 90 minutes tant les symboles et les effets spéciaux médiocres donnent mal au cœur. Une misérable conclusion pour un récit énigmatique - un conte de fées pour adulte - d'où émane de sincères interprètes.

La très jolie photographie est au service du climat, à la fois désertique et sensuel. Les images, d'une grande beauté plastique, sont dotées de couleurs justes et de magnifiques contrastes. Dommage que l'ensemble soit un peu sombre, et que l'alternance de grain et de blocage se fasse parfois sentir. La musique riche et variée est omniprésente, alignant des airs de blues, du piano mélodique et du trip-hop à la Massive Attack. La piste sonore allemande parsème légèrement les enceintes de bruits tels des cris d'oiseaux, des éclairs et des wagons. Afin de bien saisir les conversations, il y a de très visibles sous-titres blancs qui sont au rendez-vous.

L'agréable pochette noire est à l'effigie d'une magnifique demoiselle dans les bras de Morphée. Le menu principal du DVD reprend cette vision sans proposer le moindre mouvement ni la moindre mélodie. Les suppléments se limitent à quelques bandes-annonces variées, une potable galerie de photographies, des biographies des principaux artisans et une note écrite du réalisateur.

"House of the Sleeping Beauties" est une œuvre lente et répétitive sur le désir et la solitude. Bien que dans d'autres mains, cela aurait pu donner quelque chose de brillant, chez Vadim Glowna, les nombreux thèmes font presque office d'un testament dont le spectateur y jette un œil, parfois pour se le rincer, sinon pour être touché par cette vieillesse désenchantée, tout en gardant un certain recul. L'art d'être fasciné par un opus mineur, mais un sujet majeur dont la piètre finale ne peut que faire rire aux larmes.


Cotes

Film6
Présentation3
Suppléments2
Vidéo7
Audio7