Death Note: L (L Change the World)
Viz Media

Réalisateur: Hideo Nakata
Année: 2008
Classification: NR
Durée: 129 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DDST), Japonais (DD51, DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 896911001188

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
22 septembre 2009

Le manga "Death Note" a connu un immense succès partout sur son passage, l'excellente animation en deux volets est maintenant disponible tout comme des produits dérivés, ainsi que les deux premiers films adaptés de cette série culte. Que reste-t-il encore de cet univers si fascinant où un livre de la mort finit par corrompre la personne qui la détient? Pourquoi pas un troisième long-métrage qui n'a presque rien à voir avec le concept original! C'est le cas de "Death Note: L Change the World".

Light a été anéanti. Fatigué de poursuivre les criminels, L (Kenichi Matsuyama) a signé son arrêt de mort en inscrivant son propre nom dans le fameux Death Note. Il n'a plus que 23 jours à vivre. Il doit toutefois utiliser ce temps pour sauver l'humanité d'une terrible menace bactériologique et au passage, secourir des enfants en danger. Rien n'est impossible pour cet individu si unique qui voit l'existence d'une façon peu orthodoxe.

Parfois, mieux vaut s'arrêter avant d'étirer la sauce. Voilà une maxime qui s'applique à ce sublime canevas qui vient peut-être d'atteindre le point de non-retour. Après avoir exploité une idée si riche et puissante, la tentation était grande de reprendre les personnages connus et appréciés de tous afin de leur faire vivre de nouvelles aventures. Sauf que derrière cette vision mercantile, il fallait un scénario qui tienne la route, ce qui n'est pas nécessairement le cas ici. Le traditionnel combat entre le Bien et le Mal se tient sans retrouver la fébrilité des actes précédents, car tout est question d'action et non de réflexion, de spectaculaire au détriment de l'intimiste.

Le talent des gens réunis sauve toutefois l'ouvrage du désastre. Père du mythique Ringu, Hideo Nakata offre une réalisation consciencieuse, sans toutefois s'approprier totalement le sujet. Sa commande, solide dans sa mise en scène et son développement, souffre cependant de quelques longueurs (le tout s'étend sur plus de deux heures). Il a même tenté d'explorer la psychologie de ses personnages, qui demeurent malheureusement un peu trop primaires et bidimensionnels. Les comédiens, plus convaincus que convaincants, s'éclipsent devant le charismatique Kenichi Matsuyama qui reprend là un rôle qu'il connaît par cœur, en nuançant quelque peu le tout.

La musique a été confiée au vénérable Kenji Kawai qui a composé les magnifiques symphonies de Ghost in the Shell. Encore une fois, l'inspiration n'est pas toujours au rendez-vous, et ce, même si les thèmes présents respectent l'aura de la série avec ses cordes si dramatiques. Les pistes sonores alimentent correctement les différentes enceintes où des bruits de pluie, d'éclairs, de voitures, d'avions, de cris et d'explosions ressortent allègrement. Puisque la traduction anglaise n'est pas toujours à la hauteur et que des voix peuvent se perdre, mieux vaut y aller avec la version originale en japonais et insérer de visibles sous-titres blancs en anglais. Le grain qui se retrouve parfois dans l'image n'est pas suffisamment présent pour gâcher le visionnement. Les couleurs demeurent précises, les contrastes s'avèrent importants et soignés, et la définition des contours est sans tache.

La pochette regroupe les différents personnages. Le menu principal met davantage l'emphase sur L qui est accompagné d'un fond bleu en mouvement ainsi que d'une mélodie rythmée et mélodique. Quelques informations sur les individus et un mot croisé se retrouvent dans un livret inséré dans le boîtier. Les suppléments regroupent une multitude de bandes-annonces (en anglais et en japonais, sur les films, l'animation ou les autres sorties de la compagnie Viz Pictures, etc.) et un intéressant documentaire sur le tournage. Pendant près de 20 minutes, les protagonistes parlent de cette suite, il est possible d'assister à quelques prises et le cinéaste répond à plusieurs questions.

"Death Note: L Change the World" n'a presque rien à voir avec le manga et les dessins animés si essentiels et ingénieux. Il s'agit plutôt d'une façon un peu inutile d'allonger le plaisir sans presque rien offrir en retour. Les gens qui se retrouvent derrière ce projet sont peut-être compétents, mais l'ensemble manque singulièrement d'âme et d'attrait.


Cotes

Film5
Présentation5
Suppléments3
Vidéo7
Audio7