DEFA Sci-Fi Collection
First Run Features

Année: 1960 / 1972 / 1976
Classification: NR
Durée: 270 minutes
Ratio:
Anamorphique: Non
Langue: Allemand (Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 31
Nombre de disques: 3 (DVD-9)

Ce coffret est disponible chez: Amazon.ca
Le DVD "The Silent Star" est disponible chez: Amazon.ca
Le DVD "Eolomea" est disponible chez: Amazon.ca
Le DVD "In the Dust of the Stars" est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
24 septembre 2005

First Run Features continue de nous offrir un cinéma hétéroclite provenant de regards d'auteur bien particuliers et souvent triés à travers des catalogues de films obscurs qui ont marqué à leur façon la petite histoire du 7e art. Cette fois, cette compagnie plonge de nouveau à pieds joints dans le catalogue de films de la DEFA (Deutsche Film-Aktiengesellschaft) pour nous présenter un cocktail de trois films de science-fiction réalisés pendant les années 1960 et 1970 en Allemagne de l'Est. Alors, sans plus attendre, laissez-moi vous parler de ces trois opus et ce de façon chronologique.

The Silent Star

Suite à la découverte d'un mystérieux objet dans le désert de Gobi, des scientifiques l'étudient pour finalement découvrir qu'il est de provenance extra-terrestre et qu'il renferme un message. Ils trouveront la séquence de code et découvriront que cet objet appartenait à une civilisation de la planète Vénus. Une équipe d'astronautes sera envoyée sur Vénus pour tenter d'établir le contact avec cette civilisation.

Tiré du roman The Astronauts de Stanislas Lem et rappelant étrangement le classique Forbidden Planet de Fred Wilcox, ce film est intéressant surtout pour le message qu'il véhicule. Il faut se rappeler qu'en 1960, le monde était en pleine guerre froide et que la menace d'un conflit nucléaire nous pendait au bout du nez. Les effets spéciaux du film sont archaïques, on voit les fils maintenir les maquettes un peu partout, les robots ressemblent à des barbecues et le vaisseau spatial est une version styilisée est-allemande de la fusée du professeur Tournesol, mais si on fait abstraction de ces petits bémols, on se retrouve devant une histoire intéressante et une distribution étonnamment variée. Il est également intéressant de voir la reproduction du sol de la planète Vénus et surtout de constater le progrès fait dans le domaine de l'astronomie et des connaissances acquises sur notre système solaire depuis les dernières 45 ans.

Eolomea

Suite à la disparition de neuf vaisseaux spatiaux, les bureaucrates en charge du programme spatial décident d'interrompre les vols entre la Terre et la station orbitale d'où ils étaient amarrés. La responsable en chef contactera un ancien collaborateur qui est présentement en mission sur un astéroïde pour lui faire part de ses inquiétudes et du fait qu'une étrange transmission fût interceptée et qu'elle parlait d'Eolomea, une mythique civilisation éloignée.

Sorte de réplique Est-Allemande au film 2001: A Space Odissey de Stanley Kubrick, ce film possède une approche un peu trop philosophique à mon gout. De plus, son rythme très lent et ses nombreux retours en arrière n'aident en rien à notre compréhension. La distribution et le jeu des comédiens sont assez convaincants et il demeure toujours intéressant de voir comment le volet des effets spéciaux fut adressé. Dans le cas présent, disons que la station orbitale se veut une belle réussite, mais les costumes, les vaisseaux spatiaux et les robots sont assez banal merci.

In The Dust of the Stars

Dans un futur lointain, un vaisseau ayant quitté la planète Cynro répond à un message de détresse provenant d'une planète dénommée Tem. L'équipage de ce vaisseau comprend deux hommes et quatre femmes. Ils découvriront une civilisation énormément avancée technologiquement parlant, mais également décadente. Un haut fonctionnaire dénommé Ronk leur dira qu'aucun message d'aide n'a été envoyé de leur planète et que tout est au beau fixe. L'équipage poussera leur enquête un peu plus loin et découvrira le vrai visage de cette planète.

Opus stylisé offrant une musique rétro nous rappelant étrangement certains épisodes de la série originale de Star Trek, ce film n'est qu'un divertissement visuel pseudo moralisateur que l'on nous offre en soulignant au passage la décadence qu'engendre l'impérialisme. On n'a qu'à remplacer le nom de planètes par ceux de pays que l'on connaît bien et le tour est joué. Les effets spéciaux sont encore peu convaincants, mais le jeu des comédiens mérite d'être souligné.

L'image des trois films fût définitivement rematricée, car nous avons droit à une pellicule exempte d'impuretés et montrant une belle palette de couleurs vives et naturelles. Même si les pochettes font mention de transferts 16:9 (panoramique), ils sont tous non-anamorphiques. Le volet audio demeure tout de même très acceptable même s'il est coincé dans les enceintes avant. Aucun bruit de fond ne demeure, la musique résonne bien et son mixage ave la trame sonore est fluide. À noter que les sous-titres ne sont plus gravés à l'image. Les menus de "Silent Star" et "In the Dust of the Stars" nous demandent de choisir entre une version anglaise ou allemande et le but de cet exercice sert à déterminer en quelle langue seront présentés les options du menu et les titres des suppléments. Les trois menus sont statiques et sont accompagnés d'une musique de circonstance.

Plusieurs suppléments sont offerts pour chacun des titres alors, allons-y par ordre. Sur "Silent Star", nous avons droit à un documentaire sous forme textuelle intitulé "Socialists in Outerspace" qui nous parle du cinéma des origines du cinéma est-allemand voué à la science-fiction. Plusieurs biographies et filmographies écrites nous parlent des carrières du réalisateur Kurt Maetzig et de l'architecte décorateur Alfred Hirschmeier. Un documentaire écrit très intéressant sur le responsable des effets spéciaux (Ernst Kunstmann) qui nous explique une technique de tournage qui utilise la réflexion d'une fenêtre et qui a révolutionné les milieux du cinéma pendant plus de vingt ans. Une galerie de photos (huit) et la bande-annonce des trois films de ce coffret complètent les suppléments. Sur le film "Eolomea", nous retrouvons des biographies écrites du réalisateur Herrmann Zschoche, de la comédienne Cox Habrena et du scénariste Angel Wagenstein. "Music and Science Fiction" est un hommage textuel que l'on rend au compositeur Gunther Fischer. "Cosmonaut Dreams" est une revuette commentée par Barbara Muller, la créatrice des costumes, Kurt Marks, responsable des effets spéciaux et du technicien Jan-Peter Schmarge sur le tournage de ce film et de son importance. Une galerie d'une vingtaine de photos complète le tout. Sur le film "In the Dust of the Stars", nous avons encore droit aux biographies et filmographies écrites du réalisateur Gottfried Kolditz et de la sulfureuse comédienne Jana Brejchova. Un autre documentaire écrit très instructif nous parle de la littérature science-fiction en Allemagne de l'Est. "Dusting of after 30 Years" est une revuette commentée par le cameraman Peter Suring entourant le tournage de ce film et du happening l'entourant. Une galerie de photos et la bande-annonce de ces trois films complètent le tout.

Ce coffret de films de science-Fiction de la DEFA s'adresse beaucoup plus aux adeptes de Solaris qu'a ceux de Star Wars. De nature philosophique, contemplatifs dans leurs formes et lents de rythme, ces trois films véhiculent d'intéressants messages et contrairement à nos voisins du Sud, ils n'essaient pas de tout résoudre à leur façon, mais bien d'observer et d'en tirer des conclusions. À noter que vous pouvez vous procurer chacun de ces titres individuellement au besoin.


Cotes

Film7/6/7
Présentation4
Suppléments5
Vidéo8
Audio7