Documentaire rappelant l'amitié et la brisure entre deux des cinéastes les plus importants du septième art, "Deux de la vague" est une fascination de tous les instants pour les cinéphiles. Dommage que la forme terriblement banale et sans intérêt ne soit pas à la hauteur du fond riche en multiples anecdotes.
Fin des années 1950, aux yeux de plusieurs personnes, le cinéma français est moribond. Quelques critiques de cinéma tentent de tourner leurs propres films afin d'apporter un vent de fraîcheur au médium. Leurs façons de révolutionner l'art formeront la Nouvelle Vague qui marquera à jamais cette importante période où culture et politique ne forment souvent plus qu'un. Les deux enfants terribles les plus connus de cette ère sont François Truffaut et Jean-Luc Godard qui ont combattu ensemble avant de voir les circonstances de la vie les séparer.
Quelle bonne idée de ressasser ces évènements à travers un documentaire de 90 minutes. Même si les éléments nouveaux ne sont pas nombreux, le résumé porte fruit, racontant d'où viennent ces cinéastes importants, quels étaient leurs maîtres et comment leurs chemins se sont graduellement éloignés. L'essai parle également des différentes formes de critiques cinématographiques, de la considération de cinéma comme art et non comme simple divertissement, et du culte de la cinéphile à une époque qui le permettait. De quoi être au nirvana alors que les noms des Jean-Pierre Léaud, Rohmer, Chabrol, Rivette, Hitchcock, Lang, Bergman et autres Rossellini se succèdent à l'écran.
L'entreprise n'est pas sans tache, bien au contraire. Malgré sa courte durée, on sent le propos se répéter, passant par exemple trop de temps sur leur jeunesse plutôt que sur Mai 68 et sur le conflit en tant que tel. Les archives utilisées présentent toujours les mêmes œuvres (oui, Les 400 coups et À bout de souffle sont des fresques importantes, mais ces metteurs en scène ont fait autre chose de majeur), alors que la réalisation de Philippe Grivel est étonnamment sage et peu audacieuse. Le jour et la nuit devant les sujets si forts et inspirés. L'insertion de deux narrateurs (dont l'actrice Isild Le Besco) casse le rythme en place, surtout lorsqu'ils décident de lire des textes et que les mots ne sortent pas naturellement. C'est ampoulé et cela casse la magie de départ.
La piste sonore francophone en Dolby Digital 2.0 est de qualité enviable. Ce sont toutefois les voix et les dialogues qui sont encouragés. Le tout s'entend convenablement il y a de très visibles sous-titres blancs en anglais en option. Les airs musicaux, simples et mélodiques, amènent une belle ambiance. Les éléments techniques dépendant souvent du matériel source utilisé, inégal, mais généralement au point. Les images demeurent précises et détaillées à défaut d'être toujours attrayantes, alors que les couleurs correctes et les contrastes dans le ton tentent de faire oublier le blocage.
La pochette minimaliste est noire avec le nom des deux héros et celui du titre en rouge et en blanc. Le menu principal du DVD utilise ce concept, statique et sans musique. Aucun supplément n'est disponible. Contrairement à ce qui est inscrit, le long-métrage s'étend sur 93 minutes et non pas sur 90 minutes.
"Deux de la vague" est un documentaire très intéressant sur une période primordiale du 7e art. Bien qu'un peu terni par sa forme ronflante et cette façon un peu insidieuse du présent de se mêler du passé, l'effort séduit et informe en très peu de temps.
| Film | 6 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |