Le deuxième souffle
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Alain Corneau
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 155 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Non
Langue: Français (DDST)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 629159042213

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
2 mai 2010

Un bon réalisateur et une flamboyante distribution n'arrivent pas à faire de "Le deuxième souffle" une œuvre d'exception, mais plutôt un film noir beaucoup trop long et superficiel où les bons coups sont aussi nombreux que les mauvais. Inégal.

Guy (Daniel Auteuil) vient de s'échapper de prison. Afin de quitter la France avec l'énigmatique Manouche (Monica Bellucci), il a besoin d'argent. Après une opération qui tourne mal, le tueur voit sa réputation traînée dans la boue par le Commissaire Blot (Michel Blanc). Il n'a donc aucun autre choix que de reprendre les armes et de faire couler le sang pour rétablir son honneur.

Ce n'est pas toujours évident d'arriver deuxième. Parlez-en au talentueux metteur en scène Alain Corneau qui a décidé d'adapter le roman de José Giovanni plus de quarante ans après la sublime version du mythique cinéaste Jean-Pierre Melville. Peu importe ce qui en ressort, la comparaison ne sera pas à l'avantage de cette nouvelle variation. Et avec raison. Si le créateur de l'excellent Tous les matins du monde donne un petit look rétro tout en soignant son atmosphère et ses dialogues souvent caustiques, l'ensemble manque singulièrement de nerfs et de rythme. Le récit, un peu trop artificiel et verbeux, traîne en longueur pendant 150 minutes, présentant une multitude de personnages plus ou moins bien développés.

Les talentueux comédiens ne peuvent pas toujours sauver la mise tant l'interprétation est chargée. Daniel Auteuil a déjà mieux paru et son jeu figé n'arrange rien. Un constat qui s'applique également à Monica Bellucci. Cela va déjà un peu mieux du côté des acteurs secondaires. Jacques Dutronc navigue avec aisance dans ces sous intrigues inutilement complexes, Éric Cantona et Gilbert Melki assurent avec leur charisme, alors que Michel Blanc fait hurler de rire avec ses répliques ironiques. Ce n'est cependant pas suffisant pour intéresser pleinement jusqu'à la fin.

L'image extrêmement stylisée dorlote la rétine, la baignant de couleurs riches et de teintes soignées qui sont dominées par l'orange et le vert. Les contrastes, primordiaux dans ce genre d'exercice, s'avèrent dans le ton sans être parfaits, n'éclipsant pas totalement la présence de blocage. La musique omniprésente de Bruno Coulais, parfois jazzée ou plus mélodique, développe quelques puissants leitmotivs, notamment grâce à la présence de cordes qui déchirent tout sur leur passage. Dommage que la piste sonore francophone ne soit qu'en Dolby Digital 2.0, se concentrant principalement sur les dialogues. Ceux derniers sont tout à fait audibles, quoique les nombreux accents feront peut-être pencher quelques-uns sur l'inclusion de très visibles sous-titres blancs en anglais.

La pochette montre les têtes d'affiche de ce long métrage policier. Le menu principal du DVD reprend cette pose statique en y incluant une agréable mélodie de circonstance. Aucun supplément n'est présent, ce qui est bien entendu regrettable.

Malgré ses thématiques inspirantes (la mutation du monde des gangsters en 1958 où le code éthique et l'honneur ne veulent plus rien dire) et sa démarche démonstrative (ralentis, grande violence sanglante), "Le deuxième souffle" peine à convaincre totalement. Comme si Alain Corneau, qui s'occupait également du scénario, avait eu peur d'y aller jusqu'au bout dans sa démonstration du milieu, se sentant toujours obligé d'y insuffler de l'humour, ce qui transforme presque l'ouvrage en pastiche qui se prend, pourtant, diablement au sérieux. À force de vouloir jouer sur tous les fronts, il n'est pas rare de ne pas offrir la marchandise espérée.


Cotes

Film5
Présentation4
Suppléments-
Vidéo7
Audio6