Les histoires vraies qui sont transposées au cinéma donnent souvent des résultats dramatiques et émouvants. "The Devil's Double" joue plutôt la carte du récit clinquant et divertissant qui en met plein la vue au lieu de nécessairement chercher à explorer les personnages et les situations.
L'Irak de la fin des années 1980 et du début des années 1990 est un lieu de débauche et de perversion, surtout dans les hautes sphères du pouvoir. Afin d'éviter les pièges de ses ennemis, le tyrannique Uday (Dominic Cooper) - le fils de Saddam Hussein - a contraint Latif (également interprété par Dominic Cooper) à incarner sa doublure. La route de l'Enfer sera longue et tortueuse pour ce pauvre homme qui n'a jamais fait de mal à une mouche.
Après avoir réalisé le magistral Once We Warriors, la carrière du réalisateur Lee Tamahori s'est réorientée vers Hollywood, où il a multiplié les longs-métrages douteux et ceux carrément mauvais. Il revient finalement avec un effort satisfaisant, parfois tape-à-l'œil, mais pas désagréable pour autant, à condition d'accepter de se retrouver devant une bombe à retardement qui cherche à mettre les sens en ébullition et non à expliquer tous les sous-entendus politiques de l'époque. Pris pour ce qu'il est, le film remplit sa mission. Le rythme y est généralement tendu, l'action n'y manque pas et aux côtés de la magnétique Ludivine Sagnier se dresse l'impeccable Dominic Cooper qui impressionne dans un double rôle difficile.
La mise en scène stylisée à la façon d'un Martin Scorsese ou un Brian De Palma est au service de très belles images détaillées, aux contrastes précis et aux couleurs somptueuses qui sont dominées par le jaune. Quelques archives sont insérées ici et là, par souci de réalisme. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 demeurent de grande qualité, inondant les enceintes de cris et d'explosions. Les voix s'entendent convenablement, le doublage francophone est tout à fait acceptable et les sous-titres se déchiffrent sans aucun problème.
La pochette dorée à l'effigie du protagoniste est particulièrement démentielle. Le menu principal du DVD offre plutôt un montage un peu quelconque de photographies qui déroule sur une mélodie sobre. Les suppléments contiennent une très intéressante piste sonore du réalisateur, un documentaire assez complet sur le tournage, une entrevue où Dominic Cooper parle des défis qu'il a rencontrés et une conversation avec le véritable Latif qui discute de son parcours atypique.
"The Devil's Double" n'est pas le film de l'année, encore moins du mois ou même de la semaine. Son manque de profondeur l'empêche de marquer les esprits et il est toujours un peu bizarre dans ce type de production que tout le monde s'exprime en anglais. Reste qu'en tant que divertissement, il fonctionne à plein régime, seulement dans sa façon de montrer la décadence d'une classe sociale et le désir de liberté d'une autre.
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |