Diamonds
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Andy Wilson
Année: 2009
Classification:
Durée: 175 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DDST), Français (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 629159039695

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
22 juillet 2009

Banal téléfilm qui traîne en longueur, "Diamonds" n'arrive pas à utiliser son sujet fascinant et sa durée de trois heures pour entrer en profondeur au sein de ses personnages qui vivent de terribles drames humains. Les diamants ensanglantés de l'Afrique ont des effets mondialisés. Après l'assassinat de sa fille, une sénatrice cherche ardemment les responsables. L'hériter d'une importante compagnie adopte des moyens peu orthodoxes pour arriver à ses fins. Une mannequin doit choisir entre sa conscience et son amour naissant pour son patron. Une femme qui se sent coupable s'isole dans le Grand Nord dans des conditions qui sont loin d'être idéales. Et il y a le destin d'un enfant soldat pour qui la violence et les problèmes représentent son quotidien.

Réalisé pour la télévision par Andy Wilson, "Diamonds" aurait pu être cette grande fresque qui dénonce avec véhémence le trafic des diamants. Il n'en est rien. La mise en scène académique est plutôt au service d'un récit sans éclat qui ne sait jamais quoi faire de ses cinq prémisses qui se recoupent allègrement. Non seulement les tranches de vie se devinent dès les premières minutes, mais les péripéties assurent peu de tension et d'intérêt. Sans être mauvais, le scénario se veut préfabriqué, d'une originalité douteuse et pratiquement sans envergure. Au lieu d'insuffler un peu d'émotion à ses enjeux si importants, le cinéaste préfère changer de pays toutes les dix minutes (il explore les États-Unis, le Canada, l'Angleterre, l'Afrique du Sud, la Sierra Leone, la Russie, etc.), ce qui érige un mur entre les personnages et le spectateur. Les acteurs (Derek Jacobi, Judy David, Stephen McHattie, James Purefroy...), pas particulièrement bien dirigés, ne peuvent camper que des individus banaux et linéaires qui ne suivent très souvent qu'un seul mode de pensée.

La musique, rythmée, mais sans personnalité, alterne entre des tambours africains et des airs mélodiques plus dramatiques. Les pistes sonores en Dolby Digital 2.0 utilisent à peine les différentes enceintes, laissant ressortir quelques bruits de cris, d'hélicoptères et de mitraillettes. Bien qu'il n'y ait aucun sous-titre, les voix s'entendent aisément, et la traduction francophone généralement honnête s'écoute sans trop soupirer. À priori, la qualité des images est loin de laisser à désirer. Les couleurs sont correctes, la définition des contours demeure précise et les contrastes offrent une belle homogénéité. Tout se dégrade pourtant rapidement. Le blocage apparaît à de multiples endroits, ce qui est gênant. Pire encore, du grain s'insère périodiquement lors de séquences nocturnes, et ce clivage entre le beau et le laid se veut rapidement significatif. La ronflante pochette noire est ornée des visages de quatre comédiens. Le menu principal du DVD reprend cette idée statique en y superposant une mélodie très quelconque. Pour les suppléments, il faudra s'en passer, car il n'y a absolument rien à l'horizon sur cette édition zéro carat.

Même à côté d'un titre largement inégal comme Blood Diamonds d'Edward Zwick, "Diamonds" fait pâle figure. Il y a peut-être plus de dialogues et les exposés mondialisés sont davantage explorés, mais l'ouvrage s'étend encore et encore, et sa façon de vouloir parler de tout l'oblige à traiter superficiellement de sujets essentiels. Il faudrait peut-être faire appel aux illustres Alejandro Gonzalez Inarritu ou à Fatih Akin pour combler ce vide.


Cotes

Film4
Présentation2
Suppléments-
Vidéo5
Audio6