Avec la sortie de "The Diary of a Nobody" en DVD on est probablement en présence d'une des adaptations télévisuelles les plus réussies des dernières années. Non pas tant pour le résultat final, qui est tout de même excellent, que pour le tour de force accompli par le scénariste britannique à succès Andrew Davies en adaptant un livre assez difficile. En effet The Diary of a Nobody est un roman humoristique publié à la fin du dix-neuvième siècle et met en scène un seul personnage, Charles Pooter qui décide de raconter au lecteur sa vie au jour le jour. Bien que, comme il le mentionne lui-même dès le début du roman, il ne soit pas connu, ce n'est pas une raison pourquoi sa vie ne serait pas intéressante! Ce qui, à l'ère de l'internet et de la télé-réalité semble être le moto de bien des inconnus qui veulent devenir populaires en racontant leur quotidien banal à qui veut l'entendre...
Donc, la forme de journal à la première personne semblait être incompatible avec un médium comme la télévision qui préconise les dialogues et l'action. Or le scénariste a su trouver assez de moments forts dans le texte du roman et assez de trouvailles visuelles avec le réalisateur pour rendre un monologue de deux heures fascinant. L'acteur Hugh Bonneville jouant le rôle de cet être ordinaire du nom de Charles Pooter s'en tire très bien en présentant le narrateur comme il se doit, c'est-à-dire en être imbu de lui-même, assez petit dans sa pensée et condescendant envers les gens de classes sociales inférieures. Bien que lui-même ne soit qu'un commis quelconque dans l'administration municipale!
Il est sûr que de voir quelqu'un monologuer sur sa vie banale pendant deux heures n'est pas ce qui se fait de plus dynamique à la télé ces jours-ci, mais d'avoir découpé le texte en petites vignettes et d'avoir situé ces vignettes dans leurs décors exacts ajoute une touche sympathique. C'est ainsi qu'on voit Mr. Pooter chez lui, à son bureau, en train d'écrire son journal et qu'il se retourne pour parler à la caméra. Ou lorsqu'il nous parle de son patron, on le voit affairé au bureau. Même chose dans sa cour ou au bal. Mais toujours seul, avec seulement parfois un bruit en arrière-plan pour expliquer la présence de quelqu'un comme sa femme ou son fils Lupin. Bref, pour les amateurs de théâtre plus que de télévision, ou du moins pour ceux et celles qui n'ont pas peur d'"écouter" vraiment la télé, la force de cette émission étant bien sûr dans les propos loufoques du protagoniste.
La qualité d'image et de son de l'émission est excellente. Malgré le choix de couleurs assez classique et la facture visuelle conservatrice de la direction photo, une belle chaleur des tons et une profondeur du détail donnent de l'ampleur à l'image. La bande son est aussi agréable avec ses petites trouvailles humoristiques la rendant plutôt vivante. Ce qui est en soi une réussite. Les plages de fréquences sont aussi bien reproduites, nous permettant de distinguer chaque émotion véhiculée par le monologue et les intentions de la réalisation.
En suppléments on retrouve de courtes biographies écrites de Hugh Bonneville et des auteurs du livre - qui incidemment a toujours été disponible grâce à des réimpressions incessantes -, les frères George et Weedon Grossmith.
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |