King Of The Hill
Les Films Séville Pictures

Réalisateurs: Gonzalo López-Gallego, Stewart St. John
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol (DD51, DD20), Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212100765

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
16 mars 2009

"Les proies" ("El Rey de la Montana" en version originale et "King of the Hill" en traduction anglaise) pourrait très bien devenir une référence en la matière de suspense prenant qui rend rapidement inconfortable. Et c'est justement le genre de long-métrage qui ne donne pas le goût de faire du voyage.

Quelque part en Espagne, Quim (Leonardo Sbaraglia) décide d'aller reconquérir sa copine. Avant d'arriver à destination, il doit passer par une chaîne de montagnes qui ne sera pas de tout repos. C'est qu'il y a un tireur fou qui le prend pour cible, le suivant à la trace pour lui faire la peau. En cavale dans la nature, le jeune homme tombe à nouveau sur Bea (Maria Valverde), une femme énigmatique qu'il a rencontrée quelques heures plus tôt. Ensemble, ils devront apprendre à se faire confiance en évitant les balles qui risquent de les tuer à chaque instant.

Dans la tradition d'un Deliverance en moins traumatisant, il faut avouer que le cinéaste Gonzalo Lopez-Gallego a bien fait ses classes. C'est que "Les proies", petite production espagnole au budget modeste, arrive aisément à faire peur en piquant presque immédiatement la curiosité. Absolument rien n'est expliqué, rendant cette chasse à l'homme encore plus convaincante. Le suspense, très prenant, n'épargne pas les détails sordides et une violence graphique assez éloquente. Dans cette essoufflante course de survie, vitesse et ingéniosité vont de pair, rappelant que l'être humain n'est pas toujours là pour aider ses semblables.

En puissant dans des thèmes sombres à la polémique certaine (l'influence des jeux vidéo, le laxisme parental, etc.) et dont la vraisemblance fait parfois défaut (comment un gars tiré dans la jambe fait pour courir parfaitement?), le récit s'adresse principalement aux sens. La mise en scène, d'une grande virtuosité technique, cumule la caméra à l'épaule et les séquences à la première personne, tout en prenant soin de laisser le maximum de silence pour rendre l'air encore plus inconfortable. Les protagonistes, pas toujours aimables, mais incroyablement convaincants, ne sont pas les stéréotypes ambulants et énervants de productions douteuses à la The Ruins. Au contraire, ils tentent de se tenir droits face à l'adversité, n'y arrivant toutefois pas.

La musique dramatique au piano alterne entre les airs planants et ceux plus stridents. Elle est cependant suffisamment espacée pour ne pas prendre toute la place. Les pistes sonores francophones et espagnoles matraquent les enceintes de bruits divers (des touches téléphoniques, des cris d'oiseaux, des bourrasques de vent, de l'eau qui s'écoule, etc.), créant une atmosphère assez suffocante. Les voix, clairement audibles, peuvent également bénéficier de très lisibles sous-titres blancs.

Autant la photographie est majestueuse, autant le rendu vidéo laisse à désirer. Le grain est omniprésent, rappelant que le tout a certainement été tourné à l'aide d'une caméra numérique. Les couleurs manquent de jus, tout comme les contrastes un peu trop envahissants. Même la définition des contours n'est pas parfaite, alors que du blocage peut apparaître sur certaines surfaces. Ces inconvénients, moins marqués par endroits, se font toutefois rapidement oublier par la tension qui devient de plus en plus prenante.

La pochette un peu trop explicative montre une montagne baignée dans le soleil, un homme qui prend la fuite et le visage (mais pourquoi brûler cette surprise sur le boîtier?) du tueur. Le menu principal du DVD, statique et sans musique, reprend mécaniquement cet antihéros qui cherche ardemment à protéger sa peau. À force de courir, il est aisé d'oublier les suppléments. Hormis une galerie de publicités variées et la bande-annonce originale, il n'y a absolument rien d'autre.

"Les proies" est un film stressant et haletant, 90 minutes d'adrénaline massive qui s'écoulent à la vitesse de l'éclair et dont les cheminements obligeront les spectateurs à se questionner sur leurs propres comportements. Dans la même ligne de tir que le douloureux Targets de Peter Bogdanovich, cet essai brillant Gonzalo Lopez-Gallego mérite le détour, mais à condition d'avoir les nerfs et l'estomac ancrés solidement.


Cotes

Film7
Présentation3
Suppléments1
Vidéo5
Audio8