L'enquête corse - Le film
DEP Distribution

Réalisateur: Alain Berbérian
Année: 2004
Classification:
Durée: 150 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
17 juin 2007

Je ne sais qui a dit que l'humour étant étroitement relié à sa culture de provenance c'est sûrement pour cette raison qu'il ne s'exporte pas toujours bien. Par exemple, les différences culturelles France-Québec génèrent souvent leur lot de mésententes. Les preuves en sont nombreuses: de Ding et Dong qui, au sommet de leur gloire québécoise s'en allèrent se casser la gueule à Paris, à Elvis Gratton ou la série des Boys qui malgré leur succès phénoménal ici passèrent inaperçus chez nos voisins européens.

Heureusement, comme en témoigne le film "L'enquête corse", l'inverse est aussi vrai. Succès terrible au box-office français, au Québec, le film est venu puis reparti en catimini de nos écrans. Non pas que ce soit un mauvais film. Le problème se situe au niveau des innombrables références aux Corses et aux relations politiques entre cette île et la mère patrie. À moins de se tenir au courant des frasques politiques locales ou de connaître personnellement des habitants de cette région, la plupart des blagues ne sont pas nécessairement drôles pour les profanes.

Comme son titre l'indique, la quasi-totalité du scénario se déroule sur l'île et met aux prises Jean Reno en chef indépendantiste corse et Christian Clavier en détective privé parisien parti à sa recherche pour lui remettre les papiers d'une succession. Suite à une série de quiproquos, les deux zigotos se retrouvent mêlés à toutes sortes d'histoires policières, terroristes, personnelles ... et j'en passe. La chimie est toujours présente entre les deux comédiens, mais le scénario n'est certainement pas à la hauteur de ceux de leurs fresques précédentes des Visiteurs un et deux. On dirait même que le rôle de Jacques Palmer de Clavier souffre de manque de consistance et que l'acteur, lui, souffre de manque d'enthousiasme.

Fait assez révélateur, dans une entrevue incluse en supplément Clavier avoue même qu'ils ont dû travailler sur sept ou huit versions du scénario pour finalement revenir à une adaptation quasi littérale de la bande dessinée de Pétillon dont est tiré le film. Il semble donc qu'on ait tâtonné dans le noir sans réussir à trouver la lumière et qu'on se soit replié sur la valeur sûre, c'est-à-dire l'œuvre originale. N'ayant pas lu la bédé, je ne peux la comparer, mais ce ne serait pas surprenant qu'elle vaille plus que le film puisque certains personnages ou certaines situations trop caricaturaux passent sûrement mieux sur une page dessinée qu'à l'écran.

Même si on ne rigole pas souvent (un peu tout de même!), on peut au moins admirer les splendides paysages dont le film est truffé. Beaucoup de plans aériens avec des panoramas aux couleurs chaudes et riches qui sont assez bien rendues. Même les zones très contrastées, comme ombre/soleil sont bien exposées et les vieux villages de l'île de Bonaparte sont magnifiquement rendus. Au niveau audio, les problèmes habituels inhérents à la majorité des films français, c'est-à-dire une prise de son quelconque lors des scènes de texte à plusieurs personnages. Comme beaucoup d'acteurs et d'actrices ont un débit rapide et une articulation défaillante, on saisit mal des pans entiers de dialogues. Peut-être un peu de travail en post-production audio aurait-il été bénéfique? Sinon, la qualité sonore est assez bonne.

En suppléments, un bêtisier ("bloopers") presque plus drôle que le film, une revuette sur la production, un bêtisier de cette revuette, une revuette sur la genèse du projet, une entrevue avec Caterina Murino, le premier rôle féminin, et une brève entrevue avec Pétillon sur la création du personnage de Jack Palmer.

En résumé, un film léger et divertissant, mais pas une grande comédie. Pour les blagues corses, relisez donc Astérix en Corse!


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments6
Vidéo7
Audio6