Les agents secrets reviennent en force, surtout en cette période de l'année marquée par le sensationnel Inception et le beaucoup plus oubliable Salt. Le petit écran n'est pas en reste avec la sortie de "Espion(s)".
Vincent (Guillaume Canet) n'a pas le choix. Il doit absolument exécuter un contrat pour recouvrer sa liberté. Sa mission est d'enquêter auprès d'un important homme d'affaires anglais qui aurait des liens inappropriés avec la Syrie. Pour s'approcher de son client, il décide de séduire - et de corrompre si possible - son épouse (Géraldine Pailhas).
Pour son premier long-métrage, le réalisateur et scénariste Nicolas Saada ne verse pas dans l'originalité. L'intrigue rappelle beaucoup celle de Secret Defense et l'histoire comporte peu de surprises. Les moments d'action se font rares, le suspense tarde avant de fonctionner et l'humour a été réduit à son plus strict minimum. Rien pour accrocher outre mesure. Pourtant...
Il s'agit d'un drame presque intimiste centré sur l'humain, où les notions politiques sont souvent sacrifiées pour laisser davantage de latitude aux sentiments et à l'élaboration des personnages. La romance ne prend pas trop d'espace, et les antihéros naviguent dans des univers flous où la solitude et la difficulté de faire confiance sont monnaie courante. Le jeu des comédiens devient donc la principale raison de s'intéresser à l'ouvrage. Au sein d'une éclatante distribution qui peut miser sur les talentueux Stephen Rea, Hippolyte Girardot, Alexander Siddig et Hiam Abbass, Géraldine Pailhas fait belle figure en alternant la douceur et la rage, alors que Guillaume Canet assure sans difficulté dans un rôle qui peut rappeler celui de L'affaire Farewell.
La délicate partition musicale de l'ancien Red Hot Chili Peppers Cliff Martinez est comme toujours très vaporeuse, ce qui donne une belle atmosphère instrumentale. Quelques tubes en puissance viennent bousculer cet équilibre, dont un de Blur. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 fait ressortir des différentes enceintes des bruits de moteurs d'avions et de bourrasques de vent en se concentrant sur les dialogues. Les voix s'entendent sans aucune difficulté et il est possible d'insérer de potables sous-titres jaunes en anglais et en français. Le rendu vidéo ne rend pas honneur à la belle photographie de Londres. Les couleurs manquent d'éclat, les contrastes de profondeur, alors que du grain et du blocage se font trop souvent ressentir. Néanmoins les teintes demeurent agréables à regarder.
La pochette blanche montre les deux protagonistes qui sont sur le point de s'enlacer. Quelconque est le menu principal du DVD. Des corps indistincts de gens font leur apparition, tout comme le visage de Guillaume Canet. Rien ne bouge et il n'y a aucune musique pour agrémenter la navigation. Les rares bonus se limitent à une série de publicités et la bande-annonce originale qui ne paye pas de mine.
"Espion(s)" est un récit généralement intéressant qui doit presque tout à son casting. La progression, intelligente sans être très enlevante, privilégie le drame au détriment du suspense, pendant que les invraisemblances et la grande prévisibilité pourront en faire décrocher quelques-uns. Les autres noteront que le sujet est traité avec respect, et qu'il n'insulte presque en aucun cas l'intelligence du cinéphile. C'est déjà ça de pris.
| Film | 6 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |