The Festival Collection
Volumes 25, 26, 27 et 28 (série canadienne)
Mongrel Media

Réalisateurs: Dylan Akio Smith / Anita Doron / Julia Kwan / Sean Garrity
Année: 2005-2006
Classification: 18A/ PG / PG / 14A
Durée: 86 / 94 / 92 / 89 minutes
Ratio: 1.78:1 / 1.78:1 / 1.78:1 / 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 12 ou 16 chacun
Nombre de disques: 1 (DVD-5 ou DVD-9) chacun

Ces DVD sont disponibles excluvisement chez Blockbuster Video

Selon François Langevin
10 juillet 2006

"The Festival Collection" est une série de trente-deux films provenant des quatre coins de la planète, films qui ont tous connu de très beaux parcours lors de différents festivals, y décrochant de nombreuses récompenses au passage. Résultant d'un partenariat entre la chaîne de clubs vidéo Blockbuster Canada et du distributeur Mongrel Media, ces petits trésors du septième art ne peuvent être visionnés qu'en se rendant dans une succursale Blockbuster. Après vous avoir présenté une première vague de quatre films très intéressants, il y a de ça quelques mois, me revoici à vous parler d'une seconde vague de quatre films qui se veut, cette fois, toute canadienne.

"Cabin Movie": Vivant en couple depuis longtemps, Ken et Maria décident d'inviter deux couples d'amis à leur chalet dans le but de revitaliser leur relation. C'est ainsi que leur amie Katherine, laquelle n'a pas eu de relations sexuelles avec son mari depuis des années, compte bien combler ce vide avec ou sans son consentement alors que Jason se pointe non pas avec sa copine de longue date, mais bien avec Ginny, une jeune femme aguichante qu'il a rencontrée le week-end auparavant. C'est à travers une série de jeux libidineux filmés sur vidéo caméra qu'ils essaieront d'épicer leur vie de couple et ce qui semblait amusant au début viendra ébranler les fondements mêmes de leur vie conjugale.

Voilà un opus traitant de problèmes de couple et de sexualité qui semble intéressant aux premiers abords, mais qui malheureusement sombre rapidement dans la redondance. Ça tourne en rond dans ce petit chalet isolé et ce huis clos charnel a bientôt fait de nous ennuyer alors que la direction artistique et le travail d'écriture sont tous deux déficients. Seul, l'aspect visuel présente un certain intérêt alors que l'on navigue constamment entre les plans de caméra que nous propose le directeur de la photo, en l'occurrence James Liston et ceux tournés par les trois couples d'échangistes sur caméra vidéo.

"Eve & the Fire Horse": Eve est une jeune fille de onze ans qui vit au sein d'une famille d'immigrants chinois demeurant à Vancouver. Née sous le signe du cheval de feu dans l'horoscope chinois, signe qui est réputé pour produire des enfants tumultueux, Eve se met au christianisme suite à l'intérêt porté pour cette doctrine par Karena, sa sœur aînée. C'est ainsi qu'elle accompagnera l'aînée aux prières quotidiennes tentant de concilier cette nouvelle doctrine à celle du bouddhisme.

Une bouffée d'air frais qui nous propose un regard sur le changement, mais vu à travers l'intellect d'un enfant de onze ans qui, avouons-le, possède un imaginaire très florissant. Ce bain de culture, de religion et de tradition nous fait passer par toute la gamme des émotions alors que l'on se retrouve tantôt à rire aux éclats et tantôt sangloter de chagrin. La réalisatrice Julia Kwan, signe un premier long métrage fort réussi, surtout par son rythme très bien dosé et par sa direction artistique sobre. Ce film s'est d'ailleurs mérité le prix spécial du jury lors du dernier festival "Sundance".

"Lucid": Joël n'arrive plus à fermer l'œil et cherche les raisons derrière cette insomnie chronique. Serait-elle causée par la culpabilité qui le ronge suite à sa rupture, ou peut-être bien par les soucis provoqués par le fait d'élever sa fille seul ou peut-être par l'anxiété provoquée par son travail de psychologue, surtout depuis qu'il a été assigné à trois patients présentant des cas de détresse psychologique post-traumatique.

Ce thriller psychologique vous fera gratter la tête du début à la fin et sa finale, qui n'est pas sans rappeler l'univers particulier des films de M. Night Shyamalan, plaira sûrement aux amateurs de casse-tête. Si l'enveloppe et le fil directeur sont des plus intéressants, c'est malheureusement dans le rythme et dans ses dialogues que le film perd des plumes. On nous sert une abondante trame musicale pour tenter de remplir de nombreux silences et moments forts ennuyants, mais les cassures de rythme sont trop fréquentes pour que l'on conserve un intérêt soutenu.

"The End of Silence": Déchirée entre le confort de sa Russie natale et le rêve d'une nouvelle vie au Canada, Darya, ballerine de réputation mondiale, se retrouve seule, sans le sou et qui dérive tranquillement dans le doute. Elle fera la rencontre d'Eddie, jeune antiquaire qui cherche à tourner la page sur son ancienne relation avec Nora, femme mystérieuse qui ne lâche pas prise facilement.

Ce film nous plonge dans le déracinement et dans le monde du ballet classique. Si certaines prestations de ballet sont magnifiquement mises en images, il en est tout autrement du reste du film qui souffre du même mal que la plupart des films proposés, c'est-à-dire que le scénario et le travail d'écriture sont déficients et que l'on se retrouve devant de nombreux silences qui sont meublés par une musique accessoire.

Tous ces films proposent un transfert vidéo de très bonne qualité. Dans tous les cas, les couleurs sont bien saturées, le niveau de détail est passablement élevé et les contrastes sont assez profonds. Quelques plans sombres présentent une légère granularité et quelques légers problèmes de renforcements de contour sont également visibles. Tous les films proposent la trame sonore originale de format Dolby Digital 5.1 et 2.0 et dans tous les cas, des sous-titres facultatifs de langue anglaise sont inclus. Étant donné que tous ces films sont axés sur les dialogues, qui sont toujours justes et audibles, il y a peu de différences entre les deux formats proposés. À noter également que le film "Eve & the Fire Horse" propose un doublage de langue française.

Plusieurs suppléments ont trouvé place sur deux des quatre films proposés et personnellement, ce sont les deux plus intéressants du lot qui les abritent. Premièrement, sur "Eve & the Fire Horse", nous avons droit à une trame de commentaires pleine durée faite par la réalisatrice, la jeune comédienne Phoebe Kut et par Nicolas Bolduc, le directeur de la photographie. D'une structure conventionnelle, chacun commente à sa façon les différentes scènes du film en n'oubliant pas de les asperger d'anecdotes au passage. Le court métrage réalisé par Julia Kwan en 2001 intitulé "Three Sisters on Moon Lake" figure également à l'index des extras. D'une durée de 22 minutes, ce film se veut un excellent complément à l'œuvre principale et mérite d'être visionné. Finalement, des scènes retranchées et des bandes-annonces complètent le tout. "Lucid" nous propose une section de suppléments passablement similaire. À commencer par une trame de commentaires animée par le réalisateur Sean Garrity et par le comédien principal Jonas Chernick qui se veut divertissante et informative. On retrouve également une revuette sur la production du film ainsi qu'une histoire de peur que nous raconte candidement le comédien principal. Une série de scènes supprimées, commentée au besoin, une fin alternative, deux courts métrages réalisés par Sean Garrity ("Pictures of the Interior" et "Rules") ainsi que quelques bandes-annonces complètent le tout.

"The Festival Collection" est une impressionnante collection de films d'auteur portant sur le cinéma international. Je vous invite donc à passer dans un club vidéo Blockbuster de votre région pour faire la location d'une de ces moutures canadienne, tout particulièrement "Eve & the Fire Horse" qui mérite que l'on s'y attarde. J'invite les curieux à aller jeter un coup d'œil sur le site internet de ce partenariat, question d'en savoir un peu plus sur cette belle initiative.


Cotes

Film5/8/6/5
Présentation3
Suppléments-/7/7/-
Vidéo8
Audio7