Fiction
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Cesc Gay
Année: 2007
Classification: PG
Durée: 107 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol (DDST)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
19 avril 2008

La crise de la quarantaine est l'élément déclencheur de "Ficcion" ("Fiction"), un film espagnol un tantinet trop long qui traite du passage du temps et de la redécouverte de sentiments souvent oubliés depuis longtemps.

Cinéaste en panne d'inspiration, Alex (Eduard Fernandez), 39 ans, choisit d'aller se ressourcer dans les Pyrénées catalanes. De passage chez son comparse Santi (Javier Camara), ils décident de visiter leur amie Judith (Carme Pla), qui reçoit justement la visite de Monica (Montse German), une copine de Madrid. Les quatre adultes sont à un moment tournant de leur existence où ils doivent s'asseoir, parler et faire le point. Jusqu'au moment où une étincelle d'émotions nouvelles vient affecter positivement leur destin.

Le nouveau long-métrage de Cesc Gay, le réalisateur de Nico and Dani, pourrait être séparé en deux parties distinctes. L'introduction laisse la place à une multitude de dialogues et à de subtiles mises en abyme cinématographiques qui traitent du passé, du présent et de ce désir d'être heureux. Dans ce clivage entre la ville rapide et la douce campagne, les êtres se dévoilent afin d'évoluer.

Peu à peu, le récit se mute en une histoire d'amour impossible à la In the Mood for Love avec ces regards en coin et ces soupirs dissimulés. Une métamorphose qui tient la route grâce aux charmes des comédiens. Déjà à l'affiche de In the City du même cinéaste, Eduard Fernandez est tout à fait décontracté dans le rôle principal. Et sa chimie avec Montse German s'avère plus que palpable.

Jouant à fond sur la mélancolie existentielle, cette production fraîche et sensible traîne parfois en longueur. Des scènes auraient pu être coupées et simplifiées sans nuire au résultat final, ce qui aurait permis une meilleure cohésion d'ensemble. Le théâtre filmé des premières séquences et ces abus de fondus disparaissent au profit d'une ouverture vers le monde et une modification des valeurs, qui cumule à une finale douce-amère faisant sourire.

Les très beaux paysages montagneux et ruraux posent les jalons d'une renaissance intérieure. Les images sont cependant un peu trop sombres, avec du grain et du blocage qui peut apparaître à quelques occasions. Les couleurs, très foncées, optent pour un réalisme de tous les instants, alors que les contrastes omniprésents déçoivent par leur inégalité.

La musique abondante parle souvent à la place des protagonistes. Des airs atmosphériques, tristes et mélodiques du classique aux tubes populaires anglophones, le dialogue y est primordial. Il n'y a pourtant rien pour entraver les nombreux échanges entre les personnages. Afin de tout saisir, de jolis sous-titres blancs en anglais et en français sont disponibles. La piste sonore espagnole en Dolby Digital 2.0 mise sur des bruits de sauterelles, de pluie et de téléphone pour camper timidement les atmosphères.

En montrant une main et un visage souriant bercé par la lumière, la pochette pique la curiosité. Le menu principal du DVD reprend cette thématique en demeurant bien statique. Une mélodie se fait toutefois entendre et elle est loin d'être désagréable. Mis à part des publicités de Away From Her, Scenes of Sexual Nature et Les lois de la famille qui apparaissent en introduction, aucun supplément n'est disponible.

Entre Hotel Room, son premier film tourné en 1998 et "Fiction" qui date de 2006, Cesc Gay a pris beaucoup de maturité. Si sa dernière œuvre est loin d'être parfaite, elle réchauffe l'organisme par ses interprètes touchants et ses beaux paysages. De quoi passer un joli moment lorsque les questions et les interrogations fusent de toute part.


Cotes

Film6
Présentation4
Suppléments-
Vidéo6
Audio7