Godzilla vs. The Sea Monster
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Jun Fukuda
Année: 1966
Classification: PG
Durée: 87 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Japonais (DD20), Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Alexandre Martin
2 février 2005

Sans faire d'analyses trop poussées, il est possible de diviser l'ensemble des films de Godzilla en trois époques. La première, connue sous le nom de l'ère Showa, s'étend jusqu'en 1975. Pendant cette période, tous les films se font suite et ont une certaine continuité entre eux (malgré d'énormes incohérences aux scénarios, mais bon...). Cette ère s'est abruptement terminée en 1975, lors que les studios Toho ont mis fin à la franchise, prétextant (avec raison) que le public n'était plus intéressé par ce type de film. Ce n'est qu'en 1985 (le début de l'ère Heisei) qu'un autre film a été produit.

Dans cette ère Showa, "Godzilla vs. The Sea Monster" ("Gojira-Ebira-Mosura: Nankai no daiketto") marque un point tournant. Le film, le premier de cinq à être réalisé par Jun Fukuda, change l'allure de la franchise en les orientant plutôt vers des films d'aventures que des critiques sociales peu subtiles et à grand déploiement. Par exemple, dans ce film, aucune ville n'est détruite par Godzilla ou un autre monstre; tout le film se déroule sur une île pratiquement déserte (il est à noter que le scénario était originellement destiné à un film de King Kong, ce qui expliquerait cette dérogation aux lignes classiques). Godzilla n'est donc plus vraiment le monstre méchant qui détruit tout, mais plutôt un sauveur de l'humanité (souvent malgré lui). Bref, le changement est radical.

Néanmoins, malgré le changement de philosophie des histoires, les scénarios sont toujours aussi farfelus. Ce film nous présente donc l'histoire de Ryota, un jeune adolescent, qui, à l'aide de ses amis, décide d'"emprunter" un voilier pour partir à la recherche de son frère, mystérieusement disparu sur le Pacifique. Sur le bateau, les trois amis découvrent qu'un cambrioleur s'y cache avec son butin. Lors d'une tempête en pleine mer, ils sont attaqués par une mystérieuse créature, un homard géant du nom de Ebirah, et font naufrage sur une île. Ils y découvrent qu'un groupe terroriste y déporte des esclaves et y construit un arsenal nucléaire. Ils découvrent aussi que, pour une raison inconnue, Godzilla y dort dans une grotte. Les quatre hommes tenteront donc de mettre fin aux sombres plans que fomentent les terroristes, et pour y réussir, ils feront appel à Godzilla.

Bien que ce film peut décevoir du fait qu'on n'est pas témoin de la destruction habituelle de Tokyo, il est toujours amusant de voir les batailles entre monstres. Le premier combat entre Ebirah et Godzilla est des plus amusant: il débute par un match de volley-ball avec un rocher. Godzilla se bat ensuite contre deux aigles géants venus de nulle part, dont il ne fait qu'une bouchée (au sens figuré...). Il repousse ensuite une volée d'avions de chasse; d'ailleurs, l'arrivée de ces avions a pour étrange conséquence de faire danser le twist à Godzilla... La présence de Mothra est toujours appréciée, même si ce n'est que pour quelques instants: comme à l'habitude, on voit distinctement les fils qui vont voler l'énorme papillon. Il est aussi intéressant de voir les mini-fées auxquelles fait référence un personnage du film Godzilla Tokyo S.O.S.

Pour un film de cette époque, l'aspect visuel est particulièrement réussi (comme, d'ailleurs, la plupart de ces rééditions faites par Columbia/Sony Pictures). Évidemment, on note une certaine dose de débris dus à l'état du matériel utilisé pour le transfert. Les couleurs et tons sont par contre bien représentés, sans qu'il y ait de problèmes majeurs. Le volet audio du DVD est d'un niveau similaire. La piste originale japonaise est adéquate, surtout compte tenu de l'époque. Les fréquences extrêmes sont plutôt absentes: on ne note aucune sollicitation du caisson d'extrême-grave et le son arrive rapidement à saturation. L'ambiophonie est complètement absente, puisqu'on est en présence d'une piste mono (encodée sur deux canaux). La piste anglaise est de qualité semblable, quoique bien plus amusante à écouter, ne serait-ce que pour entendre les types de voix des acteurs du doublage: comme à l'habitude, très peu ont été engagés pour jouer plusieurs personnages, et c'en est évidemment. Combiné aux dialogues des plus mauvais et l'histoire grotesque, le résultat est une piste hilarante du début jusqu'à la fin. Pour ce qui est des sous-titres, il s'agit d'une d'une transcription presque littérale de la traduction anglaise. Malheureusement, on ne nous présente aucun supplément sur ce DVD, mis à part quelques bandes-annonces. L'unique menu est fixe et silencieux.

Bref, Columbia/Sony Pictures continue de rééditer avec soin et attention les anciens films de Godzilla, pour en fêter le 50e anniversaire. Le travail en vaut la peine puisque c'est certainement la première fois qu'on peut visionner ces films à ce niveau de qualité.


Cotes

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