Happily Ever After
Viz Media

Réalisateur: Yokihiko Tsutsumi
Année: 2007
Classification: NR
Durée: 115 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Japonais (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 896911001157

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
13 août 2009

Le bonheur est difficilement accessible dans "Happily Ever After", une farce absurde du réalisateur nippon Yokihiko Tsutsumi (l'auteur du sympathique 2LDK) qui a décidé de transposer la populaire bande dessinée de Yoshiie Gouda.

Yukie (Miki Nakatani) pourrait facilement être heureuse. Elle est jolie, enjouée et travaillante. Sauf qu'elle aime éperdument Sao (Hiroshi Abe), un vaurien qui passe ses journées à dépenser de l'argent et à se mettre dans le trouble. Le soir, il n'hésite pas à critiquer les recettes de sa copine d'une drôle de manière. Lorsque Yukie tombe enceinte, elle sent le besoin de faire le point sur son existence.

Cette fable décalée offre deux films pour le prix d'un. Le plus intéressant se trouve dans la première heure. À partir de scènes répétitives, le cinéaste campe à merveille le quotidien pas si heureux de ces gens qui s'aiment sans réellement se le montrer de la bonne façon. Par son montage recherché, ses ralentis efficaces et son sens inné du détail, le metteur en scène joue avec bonheur le second degré, ce qui a tôt fait de séduire à l'extrême.

Les 50 dernières minutes sont moins heureuses. La trame narrative décide de recourir à des ellipses, revenant dans le temps, afin de donner une certaine profondeur au personnage principal. Cette rupture de ton handicape sérieusement le long-métrage, le rendant soudainement mou et inoffensif, comme ce gros mélo non dénué d'humour qui finit par affliger le propos. Ces intempéries ne touchent heureusement jamais le jeu des comédiens. Autour d'une allumée Miki Nakatani qui séduit par son minois se trouve un plus introspectif Hiroshi Abe, et le célèbre acteur Toshiyuki Nishida qui incarne un père joyeusement caricatural.

L'univers coloré est servi par de solides images aux teintes riches et aux détails somptueux. Bien que la présence de blocage sur différents vêtements finisse par gâcher légèrement la sauce, les contrastes rachètent quelque peu le tout en y insufflant la profondeur souhaitée. La musique, aussi exquise qu'omniprésente, donne beaucoup de personnalité à l'ouvrage. Après un magistral coup de tonnerre qui ne laisse aucun répit aux tympans, les pistes sonores japonaises se calment, utilisant les enceintes à des fins plus restreintes (des sirènes, du vent). Les très visibles sous-titres blancs en anglais permettent de saisir adéquatement les dialogues.

Le boîtier comporte un livret de quatre pages qui donne de l'information sur les artisans, le manga et des références à la culture nipponne. La photo qui orne la pochette représente le couple pendant une crise de monsieur. Le menu principal du DVD s'approprie ce concept en faisant dérouler le nom du film à l'écran, tout en y superposant des bruits de vaisselles cassées à une mémorable mélodie. Les suppléments se limitent à une bande-annonce et un peu de publicité.

Original, iconoclaste et d'une belle folie, "Happily Ever After" offre beaucoup de plaisir dans sa première partie pour décevoir quelque peu par la suite. N'empêche, cela fait tellement changement de voir une œuvre qui sort de l'ordinaire qu'il est plus aisé de lui pardonner ses défauts, aussi nombreux soient-ils. Surtout lorsqu'il met en vedette une protagoniste au visage si rayonnant qui passe son temps à préparer de la nourriture qui semble si succulente!


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments1
Vidéo7
Audio7