How To Get Rid Of The Others
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Anders Rønnow Klarlund
Année: 2007
Classification: 18A
Durée: 94 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Danois (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212000560

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
8 mars 2009

Anders Rønnow Klarlund est un réalisateur imprévisible. En 2004, il émouvait le monde entier avec son lugubre et fascinant Strings. Quelques années plus tard, le voilà revenir à la charge avec son satirique "How to Get Rid of The Others" qui n'a malheureusement pas le même impact que son précédent opus.

Dans un Danemark parallèle, les critères de la nouvelle Copenhague sont en vogue. Les instances militaires dépêchent dans des "camps de concentration" toutes les personnes alcooliques, handicapées et sans emploi qu'ils peuvent trouver. Ces gens devront expliquer en quoi leur existence sert le bien-être de l'État, sinon ils seront exécutés par le Major Christian Andersson (Søren Pilmark) et le bureaucrate Folke (Soren Fauli).

Quelle idée ingénieuse de représenter le Danemark, cette représente chérie de la social-démocratie, en tant que nouvelle instigatrice des idéologies nazies! Cette prémisse, riche en péripéties de toutes sortes, était propice à un feu d'artifice d'humour noir, à une satire musclée qui n'épargne rien ni personne. À ce chapitre, la première demi-heure est aisément la plus réussie. Un peu comme dans Cube, des individus sont réunis dans un lieu clôt et ils devront se battre pour leur survie. Vient ensuite des affrontements de rhétorique sur la morale et le sens de l'humanité, le tout sur fond de répliques sarcastiques et ironiques.

Il est toutefois dommage que le ballon se dégonfle en moins de trente minutes. Passé ce cap, l'histoire prend un tournant plus politiquement correct et superficiel jusqu'à la fin, et elle n'arrive plus à faire rire ni à faire réfléchir sur le sens de l'existence. Outre Søren Pilmark qui insuffle beaucoup de vigueur à son personnage, les autres comédiens ne sont pas toujours convaincants en victimes apeurées. Il est même difficile de s'intéresser à leur sort, ce qui n'est jamais une bonne chose. La mise en scène du metteur et scène débute peut-être en force, mais elle devient de plus en plus aseptisée, jusqu'à cette finale à la fois peu subtile et très peu vraisemblable.

Des chants africains baignent également l'ouvrage et leur pertinence reste à déterminer. Sans doute que le plus vieux continent du monde est le refuge - ironique? - de l'espèce humaine, sauf que ce n'est pas suffisant pour ensevelir le rythme déjà chancelant sous une horde de mélodies. Les pistes sonores danoises parsèment timidement les enceintes de bruits de lucioles, d'échos de voix et d'hélicoptères, alors que les nombreux dialogues deviennent compréhensibles grâce à l'apport de très visibles sous-titres anglophones blancs. Les images aux couleurs et à la luminosité plus qu'appréciables peuvent compter sur des contrastes étonnants, du sang bien rouge, des détails significatifs... et des traces de blocage qui sont heureusement sans conséquence.

La pochette est facilement un des meilleurs éléments du long-métrage. Elle est entièrement noire avec des corps blancs de gens pendus... Voilà une pose qui n'a pas peur de choquer et un clin d'œil du cinéaste envers son précédent Strings. Le menu principal du DVD reprend ce concept statique sans proposer le moindre air musical. Les suppléments, presque inexistants, se limitent à deux bandes-annonces qui portent sur le thème de la vie (et donc de la mort): celle du délicieux Deux jours à tuer et celle du lugubre 13 Tzameti, sans doute en prévision de son remake américain prochain.

Sur papier, "How to Get Rid of The Others" est un puissant film d'anticipation qui questionne les fondations de la société civile et les comportements des êtres humains. À l'écran, il s'agit d'un récit qui débute en force pour ensuite s'essouffler considérablement. Pourtant, avec un tel sujet, il aurait été possible d'être encore plus profond, brillant et déstabilisant. Peut-être que dans d'autres mains, le résultat aurait été tout autre. Pour une rare fois, une reprise quelconque pourrait être souhaitable. Et même facilement envisageable, car le budget ne semble pas particulièrement élevé.


Cotes

Film5
Présentation5
Suppléments1
Vidéo7
Audio6