Crying Fist
Evokative Films

Réalisateur: Ryoo Seung-wan
Année: 2005
Classification: 14A
Durée: 135 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Coréen (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 627859248027

Ce DVD est disponible chez:

Selon Martin Gignac
16 mai 2009

Sans être aussi essentiel que le récent et éblouissant The Wrestler de Darren Aronosky, "Crying Fist" du vétéran réalisateur Ryoo Seung-wan joue la carte de la sincérité.

Deux hommes sont socialement inadaptés. Tae-shik (Choi Min-sik) est un ancien boxeur qui aimerait bien voir plus souvent son fils. Malheureusement pour lui, les dettes l'affligent, l'argent se fait rare et sa dignité en prend un coup. De son côté, le turbulent Sang-hwan (Ryoo Seung-bum) est envoyé en prison après un crime téméraire. Il apprendra la discipline par la force en boxant contre les autres détenus. Une fois sa peine purgée, il décide de s'inscrire à un populaire concours où il croisera sur son chemin un certain Tae-shik...

Depuis Martin Scorsese et son fantastique Raging Bull, il est pratiquement impossible d'innover dans le film de boxe. À ce chapitre, "Crying Fist", qui a pris la route des festivals en 2005, ne fait pas toujours preuve d'originalité. Les conditions de vie sont généralement difficiles, les gens luttent pour leur honneur, la santé est souvent défaillante et l'entourage se veut une puissante source d'inspiration. Le tout est accompagné de moments forts où le sang et la grande violence (oreille arrachée, automutilation) sont de la partie, long-métrage sud-coréen oblige.

Même si le récit surprend peu et qu'il traîne parfois en longueur (135 minutes), le résultat est nettement supérieur aux autres productions du genre. Après ses exercices de style pas toujours aboutis comme le divertissant The City of Violence, Ryoo Seung-wan prouve qu'il est capable de sérieux. Sa mise en scène, précise et efficace, est parsemée d'ingénieux plans séquences et de combats réalistes magnifiquement orchestrés. Il sait surtout bien diriger ses acteurs, dont son propre frère Ryoo Seung-bum qui livre une vibrante performance. C'est toutefois Choi Min-sik, le protagoniste du merveilleux Oldboy, qui s'avère le personnage le mieux développé. Il faut toutefois prendre son temps afin d'adhérer aux causes de ces deux antihéros, car ce ne sont pas nécessairement des individus très sympathiques.

Lors des premières minutes, les images ne peuvent que surprendre. Une blancheur immaculée semble être de tous les instants, ce qui peut faire penser à un état de rêve. Ce n'est toutefois pas le cas. Il s'agit plutôt d'effets stylisés qui tranchent avec le ton dépouillé des affrontements. Les couleurs vives et les contrastes soignés sont suffisamment forts pour passer le K.O. à ce blocage un peu insistant. La musique de Bang Jun-suk est généralement utilisée avec délicatesse, hormis pendant ces dernières minutes où les bons sentiments gâchent un peu la sauce. Le montage sonore, impressionnant lors de virulents combats (il y a une alternance entre les mélodies et les crochets soudains), prennent soin des différents haut-parleurs en les inondant de bruits diffus dont des applaudissements, des sirènes et des coups portés à la mâchoire. Afin de bien comprendre ces dialogues en coréen, il est légitime d'insérer les très visibles sous-titres jaunes en français ou en anglais.

"Crying Fist" est le deuxième titre distribué par Evokative Films et la compagnie québécoise se plaît à soigner ses films. L'œuvre est présentée dans un joli boîtier en carton aux couleurs si inspirantes. Un livret permet d'en savoir davantage sur la vision de l'auteur et il y a une intéressante préface d'un programmateur du festival Fantasia de Montréal. Le menu principal du DVD est malheureusement statique. Il y a cependant une photographie des deux boxeurs et une balade légèrement sirupeuse. Les suppléments sont presque uniques en leur genre. Outre l'agréable galerie de photographies, des scènes ratées un peu inutiles et des bandes-annonces, il y a deux bonus très particuliers. Le premier est un montage de 20 minutes du récit qui s'adresse aux spectateurs plus paresseux. Le second est la trame sonore (qui totalise environ une heure) qui déroule sur des images statiques. Cela fait changement des traditionnels documentaires et des pistes de commentaires qui se prennent beaucoup trop au sérieux.

"Crying Fist" utilise la boxe comme exutoire afin de s'échapper d'une condition sociale qui est loin d'être rose. Il s'agit également d'un sombre portrait empreint d'espoir de la Corée du Sud qui condamne plus souvent qu'autrement ces gens marginaux qui ne trouvent pas leur place dans la société. Porté par deux magnifiques comédiens et une mise en scène experte, la démonstration ne peut que captiver, et ce, malgré son rythme parfois défaillant, sa prévisibilité et sa trop longue durée.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments5
Vidéo7
Audio7