Après un passage à vide dans les années 1980, le cinéma de Claude Chabrol trouve un second souffle alors qu'Isabelle Huppert devient pour lui une actrice irremplaçable. De Une Affaire de Femmes (1988) jusqu'à L'Ivresse du Pouvoir (2006), elle participe à six de ses films, campant des personnages féminins forts qui marqueront son oeuvre. C'est en 1995 que Chabrol tourne "La Cérémonie", un suspense fascinant sur la lutte des classes dominé par les prestations sublimes d'Isabelle Huppert et de Sandrine Bonnaire. Le film, inclus dans le "Coffret Claude Chabrol" paru en 2007 (voir critique), est maintenant disponible séparément.
Les Lelièvre, une famille aisée vivant dans une demeure isolée près de Saint-Malo, embauchent une nouvelle bonne nommée Sophie (Sandrine Bonnaire). Cachant son analphabétisme sous son allure timide et obéissante, Sophie se lie d'amitié avec Jeanne (Isabelle Huppert), une postière délurée qui hait les Lelièvre. Jeanne encourage Sophie à se rebeller devant ses patrons bourgeois et quand ces derniers découvrent qu'elle ne sait ni lire, ni écrire, la tension monte et un drame se dessine.
Thriller de facture hitchcockienne où Chabrol aborde à nouveau le thème de la critique de la bourgeoisie provinciale, "La Cérémonie" est une oeuvre construite avec finesse qui évite de porter des jugements artificiels et d'expliquer les motivations des personnages. L'approche est rigoureuse et économique, la caméra observe et les petits détails révèlent l'étendue des problèmes psychologiques et des disparités sociales. Ce portrait de la lutte des classes est en quelque sorte arbitré par Mélinda (Virginie Ledoyen), la fille des Lelievre et le seul personnage "normal", qui sert de pont entre les démunis et les nantis, mais qui deviendra responsable du crescendo et du dénouement choquant du film. Adapté du polar A Judgement in Stone de la Britannique Ruth Rendell, "La Cérémonie" laissera cependant au spectateur le soin de déterminer qui est coupable de quoi, et c'est parfait comme ça.
La présentation est grise et fade avec une photo encadrée des deux actrices principales. Le menu n'offre que l'option "Film" donc, ni sous-menu audio, ni chapitrage, ni suppléments. Le transfert est acceptable, la pellicule est propre et un peu granuleuse, mais l'image manque de profondeur et le niveau des contrastes et des détails est déficient. Le film propose une piste audio en stéréo adéquate, mais l'activité est concentrée à l'avant, avec peu d'appui des enceintes arrière. Les dialogues sont clairs et sans distorsion apparente.
| Film | 8 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |