En compétition officielle à Cannes en 2001 (et non 2002 comme inscrit sur le boîtier) et en nomination pour huit César en 2002 (deux gagnants : André Dussolier pour rôle secondaire ainsi que pour la Meilleure photographie), "La chambre des officiers" n'a pas passé inaperçu dans le monde du septième art. Même si le film se rattache à la guerre 1914-1918, on ne voit pratiquement pas de scènes de combat. De plus, l'histoire que vit le personnage principal pourrait se refléter au travers de n'importe quelle guerre ou d'un simple accidenté de la route de nos jours.
Pour effectuer le repérage pour la construction d'un pont, Adrien (Eric Caracava), un jeune ingénieur militaire français, va faire une rencontre avec le destin. Sur place, près du front de bataille, un obus éclate à quelques pas de lui. La mort ne vient pas le chercher, mais c'est encore pire pour Adrien : la bombe lui a arraché le bas du visage. Mal en point et incapable de communiquer, on l'envoie au Val de Grâce, dans la chambre des officiers. Cette chambre, réservée aux "gueules cassées" (terme utilisé à l'époque pour désigner les personnes défigurées), devient le nouveau domicile d'Adrien pour les cinq prochaines années.
Au départ, en 1914, il est le premier et seul occupant de la salle. On prend soin de bien retirer tous les miroirs pour que personne ne puisse se regarder. Heureusement pour lui, le chirurgien (André Dussolier) et l'infirmière Anaïs (Sabine Azema) (ce sont les parents de Tanguy dans le film du même nom) sont très attentifs à ses besoins. Le chirurgien est très compétent et permet aux patients de se faire reconstruire le visage grâce aux nouvelles techniques de l'époque. Je dirais même qu'il fait du très bon travail dans les circonstances. Anaïs est très compréhensive et tente de réconforter les patients.
Peu à peu, avec la guerre qui s'éternise, Adrien accueille des collègues dans la chambre des officiers. La plupart ne peuvent communiquer au début, mais leur guérison leur permet de s'entraider et à prendre leur mal en patience. Chaque patient passe par les mêmes étapes : la visualisation du visage à l'aide des carreaux de fenêtres, une tentative de suicide, un processus de guérison, le dégoût de leurs proches, l'acceptation de leur corps, l'éternelle question : "pourquoi je ne suis pas mort à la place ?", etc.
Un film touchant à hautes saveurs émotives. Quelques petits détails m'ont dérangé quelque peu. Sachant l'humeur des patients, comment se fait-il qu'on n'ait pas pensé à retirer l'arme d'Adrien ? Également, le personnage de Clémence m'a semblé quelque peu exagéré. Alors qu'ils couchent ensemble à leur première rencontre (dans de drôles de circonstances) et qu'il l'a connaît que très peu, c'est celle-ci qui comble ses rêves pendant tout son séjour à l'hôpital et qui lui donne la force de s'en sortir.
Introduit par une légère animation, le menu principal devient rapidement fixe. Le personnage d'Adrien est évidemment mis en avant-scène. L'excellente musique du film accompagne le menu. Entre chaque sous-menu, une animation permet de faire la transition. Une bonne partie du film utilise un filtre jaune pour donner au film un renforcement de la luminosité du soleil, pour donner une image un peu plus vieille. Au début, c'est un peu déconcertant de voir autant de jaune dans l'image. Je dirais que ce filtre disparaît graduellement en même temps qu'Adrien reprend du poil de la bête. Tout ça pour dire que la qualité vidéo est très bonne. L'image est très claire et les couleurs sont bien définies. La piste sonore est également excellente. Même si on ne se retrouve jamais au front, on peut entendre discrètement des obus au loin. Les scènes de pluie et de tonnerre viennent aussi donner un cachet au film. On utilise bien l'ensemble des haut-parleurs pour nous mettre dans l'ambiance de cette chambre des officiers. Une piste sonore très satisfaisante pour le film.
Malheureusement, comme la plupart de films étrangers en zone 1, le manque de supplément est très désolant. Avec un film de cette envergure, il aurait été intéressant d'en apprendre davantage. Présent sur le disque, un document de production plus ou moins informatif. En fait, il est possible d'assister à la création de quelques scènes clés du film en étant derrière la caméra. Toutefois, il n'y a personne pour expliquer ce qui se fait devant nos yeux. Également, il est possible de visionner la bande-annonce du film. Contrairement au film, cette bande-annonce est de piètre qualité au niveau de l'image.
"La chambre des officiers" ne laisse personne indifférent. La prestation d'Éric Caracava est assez magistrale. Une petite anecdote sur le réalisateur François Dupeyron : lorsqu'il a lu le livre de Marc Dugain (le livre sur lequel est basé le film), il a dit qu'un film historique sur la Première Guerre mondiale, ce n'était pas son truc. Il a toutefois lu le livre d'une seule traite pour finalement indiquer que cette histoire, c'était pour lui.
| Film | 8.5 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8.5 |