La Méridienne
Koch Entertainment

Réalisateur: Jean-François Amiguet
Année: 1988
Classification:
Durée: 100 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Non
Langue: Français (Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 14
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
9 juillet 2008

Ce n'est guère surprenant que "La méridienne" soit un petit film européen complètement oublié. De l'histoire à la mise en scène en passant par l'interprétation et la musique, il n'y a absolument rien de mémorable à cette co-production entre la France et la Suisse.

Dans une vieille maison commune appelée "La méridienne", les déboires amoureux d'hommes et de femmes se font ressentir. François (Jérôme Anger) cherche l'épouse idéale et il est incapable de ne pas courir deux lièvres à la fois. En jetant son dévolu sur Marie (Kristin Scott Thomas) et Marthe (Sylvie Orcier), c'est pour mieux les faire souffrir. Il doit toutefois faire attention à la compétition, car Dubois (Patrice Kerbrat) entre dans la course et il aimerait bien tout rafler.

Pour son second long-métrage, Jean-François Amiguet ne brille pas par son originalité. Il recycle l'éternel triangle amoureux qui se complique si rapidement au fil du temps et des opportunités. Pendant son enfance, il a sans doute adoré le Jules et Jim de Truffaut et il cherche à recréer cet équilibre si parfait entre l'amour, l'amitié et la séduction. C'est cependant peine perdue. Non seulement son scénario accumule les lieux éprouvés, mais sa réalisation sans relief endort au lieu de séduire.

Devant une prémisse aussi décevante, les acteurs ne peuvent pas faire de miracle. En se voulant pleinement charismatique, Jérôme Anger ne possède pas toujours la tête et le jeu pour faire croire en son charme inouï. Il ne sera pas facile de lui préférer Louis Garrel ou même Emmanuel Mouret. Même constant pour la très jolie Sylvie Orcier qui aurait préféré avoir un personnage nettement plus développé et, si possible, intrigant. Seul visage réellement connu, Kristin Scott Thomas est sous-utilisée, ce qui ne l'empêche pas de ravir lorsqu'elle se trouve au soleil.

La musique délicate et comique ne marque jamais les esprits. Elle n'apparaît que pour lier des scènes ou les rendre plus coquines. Ce traitement artificiel ne vient cependant jamais brimer les dialogues. Une chance, car aucun sous-titre n'est disponible. La piste sonore francophone n'utilise pratiquement pas les différentes enceintes. Ce qui est primordial, ce sont ces échanges amoureux, et cette narration littéraire expliquant les nombreux enjeux. L'image n'a subi aucune restauration et cela paraît. Même si la production ne date que de 1988, du grain et des égratignures se succèdent parfois au bâton. Devant de beaux décors extérieurs exotiques, il est dommage que les couleurs ne soient pas plus éclatantes. La définition des contours est cependant intéressante, alors que les contrastes ne souffrent pratiquement pas d'une hétérogénéité.

La pochette ressemble à toutes celles des titres ressortis par la compagnie Koch. Le fond est gris et il y a une image colorée sur le dessus. Cette fois, il est possible de voir le visage des trois principaux comédiens. Le menu principal du DVD propose une séquence du film. La mélodie qui y joue n'excuse pas l'absence totale d'index de scènes. Hormis visionner le long-métrage, il n'est pratiquement impossible de rien faire d'autre.

"La méridienne" est loin d'être un plaisir inoubliable. Il serait même le contraire. Sans jamais se couper de ses influences, le cinéaste Jean-François Amiguet n'offre qu'un essai convenu et pratiquement sans rythme, qui se répète toutes les dix minutes. Afin d'apprécier ce réalisateur, mieux vaut se retourner vers son supérieur Au sud des nuages qui est sorti en 2005. Et pour visionner une variation encore plus réussie sur un sujet similaire, pourquoi ne pas essayer Les chansons d'amour? L'essayer, c'est l'adopter.


Cotes

Film3
Présentation3
Suppléments-
Vidéo5
Audio6