Largo Winch
Alliance Vivafilm / Remstar

Réalisateur: Jérôme Salle
Année: 2008
Classification: 18A
Durée: 109 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935836056

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
1er octobre 2010

Présenté sur les écrans français en décembre 2008, il a fallu patienter plus d'une année avant que "Largo Winch" ne se pointe le nez sur le territoire québécois. Mieux vaut tard pour jamais pour ce film d'action à l'ancienne.

Depuis la mort suspecte de son paternel (Miki Manojlovic), Largo Winch (Tomer Sisley) se retrouve avec une compagnie valant plusieurs milliards sur les bras. Sauf que sa présence ne fait pas forcément le bonheur des membres de la direction. Quelqu'un quelque part aimerait peut-être garder le pouvoir pour lui, et pour y parvenir, il faudra nécessairement supprimer cet encombrant héritier...

Appliquant la même formule que son précédent long-métrage Anthony Zimmer (le protagoniste passe son temps à fuir les méchants, les trahisons se succèdent comme dans un épisode de Mission: Impossible, le réalisateur s'amuse à manipuler le spectateur), Jérôme Salle s'attaque à un projet beaucoup plus ambitieux en transposant librement les romans et les bandes dessinées de Jean Van Hamme. À une époque où les superhéros ont la cote, ce n'est pas surprenant de voir apparaître un croisement entre Batman et James Bond, un être pratiquement invincible qui est capable de défier la mort et qui ne bronche pas devant l'assassinant de ses proches.

Malgré ses mélanges de genres (il y a beaucoup d'action, mais également du suspense, de l'aventure et une once de romance), le récit se laisse davantage apprécier comme une énorme comédie. Un peu comme les anciens tomes de l'agent 007, tout y est gros, boursouflé, improbable, exagéré. L'épaisseur donnée aux personnages explose aux moindres rebondissements, les ellipses chronologiques chancelantes compliquent inutilement l'histoire et le scénario totalement incohérent fait rire aux larmes, surtout lors de cette finale où, soudainement, après avoir tué à peu près tout le monde, les mécréants décident de ne pas faire la peau – et les poches - à un témoin gênant!

L'interprétation adéquate présente le nouveau venu Tomer Sisley qui ne manque pas d'assurance, mais un peu de charisme. Il pourra se reprendre, une suite est annoncée pour bientôt (du moins en France). Difficile d'affirmer si l'impériale Kristin Scott Thomas y sera, quoique la comédienne défend avec brio un être unidimensionnel. Dans un irrésistible rôle secondaire, Gilbert Melki prouve qu'il est aussi à l'aise dans le drame que dans la comédie avec sa bouille sympathique. Anne Consigny et Mélanie Thierry font également bonne figure malgré leur présence éclair.

La jolie musique d'Alexandre Desplat déchire parfois les tympans tant elle est utilisée dans le tapis. Cela n'empêche pas les pistes sonores francophones et anglophones en Dolby Digital 5.1 d'utiliser avantageusement toutes les enceintes qui regorgent d'explosions, de sonneries de téléphones, de balles, de pluie, d'hélicoptères, etc. Étonnamment les dialogues s'entendent aisément, et il y a de très visibles sous-titres blancs en cas de nécessité. L'image parfois stylisée et plus souvent qu'autrement détaillée peut compter sur une délicate palette de couleurs et d'intéressantes teintes... ainsi que sur des contrastes inégaux et du blocage un peu trop apparent.

La pochette distinguée montre la ville de Hong Kong et un élégant agent secret. Le menu principal du DVD reprend cette figure statique en y insufflant une mélodie musclée. Comme suppléments il y a des entrevues en compagnie de Tomer Sisley, Kristin Scott Thomas, Jérôme Salle, Jean Van Hamme et le scénariste Julien Rappeneau. Suivant le format des questions/réponses, ces cinq personnes discutent de leurs rôles respectifs et de leurs façons de concevoir ce projet.

À mi-chemin entre le traditionnel film explosif américain et celui plus intellectuel qui analyse les rouages de la société capitaliste (l'argent et le pouvoir sont les fondements des vils esprits), "Largo Winch" est à prendre au second degré, un sourire sur les lèvres. Cela ne serait même pas surprenant qu'un remake hollywoodien avec Shia Laboeuf soit annoncé d'ici les prochains mois...


Cotes

Film6
Présentation5
Suppléments4
Vidéo7
Audio8