Révoltante histoire vraie qui est campée par de solides interprètes, "La sicilienne" fait oublier son côté téléfilm. Peut-être pas le grand long-métrage que cela aurait pu être, mais néanmoins un essai pertinent et éclairant.
Depuis la mort de son père aux mains de la mafia italienne, Rita Atria (Veronica d'Agostino) rêve de se venger. Quelques jours après l'assassinat de son frère, elle décide de tout raconter à un procureur (Gérard Jugnot). Afin de faire tomber ces influentes personnes, la jeune fille de 17 ans devra changer d'idée et vivre recluse en attendant un procès qui risque d'avoir de terribles répercussions sur sa sécurité et celle de ses proches.
Cette première fiction réalisée par Marco Amenta intrigue par son sujet véridique qui ne laisse pas indifférent. Pour une rare fois, quelqu'un ose briser l'omerta, mettant sa vie en danger pour obtenir justice. Voilà une prémisse ô combien intéressante, qui est traitée un peu trop candidement à travers une mise en scène routinière et peu spectaculaire, dont quelques dialogues finaux finissent par être moralisateurs. Ce n'est pas trop grave, car le rythme est à point, les personnages ont de la consistance et les comédiens réunis s'avèrent crédibles.
Bien que la mère soit uniquement montrée comme une marâtre et que l'héroïne ne fait certainement pas son âge, il est aisé d'accrocher à l'intrigue. Les faits révélés suscitent la réflexion et la performance à la fois forte et mouvementée de Veronica D'Agostino est le principal combustible de l'entreprise. À ses côtés, Gérard Jugnot prend soin de ne pas lui voler la vedette, jouant sensiblement un être légèrement solitaire qui sacrifie son entourage pour remplir sa mission.
La musique campe admirablement l'atmosphère en recourant à de judicieuses cordes et à quelques pièces plus traditionnelles. Beaucoup trop timides, les pistes sonores en Dolby Digital 2.0 n'utilisent pratiquement pas les enceintes situées sur les côtés. Les dialogues sont cependant clairs, et il y a d'assez visibles sous-titres blancs en français ou en anglais pour les personnes qui optent pour la version originale en italien. Un choix qui est toujours mieux que l'ordinaire doublage dans la langue de Molière. Les images sombres aux couleurs trop sobres bénéficient de séduisants éclairages, mais également de contrastes qui manquent de justesse. Cela est un peu dommage, car le noir revêt d'une importance primordiale.
La pochette dans des tons de gris, de blanc et de noir est ornée des corps et des visages des deux protagonistes. Le menu principal du DVD reprend exactement le même concept, demeurant malheureusement statique. Une douce mélodie au piano se fait toutefois entendre. Ce n'est pourtant pas suffisant pour excuser l'absence totale de supplément.
"La sicilienne" aura sans doute dû bénéficier d'un traitement plus fort et d'une réalisation plus alerte. Quelques faiblesses qui empêchent le film de marquer irrémédiablement les esprits. En revanche, le duo rassemblé n'est pas piqué des vers, et l'histoire vraie éclaire sur les mœurs et les pratiques de cette région de la botte italienne. De quoi poursuivre les recherches sur cette problématique complexe à travers des titres plus essentiels, tels Il Divo ou Le caïman.
| Film | 6 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |