Sexe et satanisme ont toujours fait bon ménage dans le cinéma d'horreur de série B (en existe-t-il un autre?). Peut-être est-ce la facilité qui pousse les scénaristes de ce genre cinématographique à utiliser le diable ou autres démons comme source principale d'inspiration lorsque vient le moment de créer le "méchant" de l'histoire, ou simplement une fascination pour ce grand personnage mystérieux qui est la représentation ultime du mal, mais toujours est-il que si Satan et ses sbires ont fait breveter leur concept, ils sont à se jour diablement riches! Quant à l'aspect sexuel de ce genre de films, il est plus simple à expliquer. Il s'agit sûrement du fait que 99% du public de ces films est composé de jeunes mâles aux hormones énergiques (ou d'éternels ados, ce qui revient au même) à qui la vue d'une belle fille nue ne peut que plaire.
Le cinéma européen des années 70-80 avait certainement compris ces deux principes de base puisqu'une grande partie de la production de cette époque fait amplement utilisation de nudité féminine et de références au diable dans ses scénarios. "Malabimba: The Malicious Whore" d'Andrea Bianchi (utilisant le pseudonyme "américain" - ce qui était la norme à l'époque - d'Andrew White, simple anglicisation de son nom) ne fait pas exception à cette règle. On pourrait même dire que son scénario est entièrement basé sur cette notion que diableries et sexualité sont les gros vendeurs et qu'il faut donc en faire la plus grande utilisation possible. Car quand on scrute l'histoire du film à la loupe, on se rend compte que sous ses dehors pseudo-théologiques et macabres," Malabimba" n'est en fait qu'un véhicule pour passer d'une scène de nudité ou de sexualité à une autre en utilisant la "possession" de la jeune Bimba (Katell Laennec) comme excuse.
Heureusement, le tout est assez bien réalisé ce qui permet au film de se démarquer du lot de films d'exploitation ("sexploitation" disent les anglophones!) de l'époque. L'ambiance étrange du château familial où se déroule la totalité du long-métrage, son rythme lent, la beauté de la direction photo et le jeu des acteurs et actrices au-dessus de la moyenne (pour ce genre de films) font du film de Bianchi une réussite dans le genre.
Le scénario est tout à fait simple. Lors d'une séance de spiritisme où un des habitants d'un vieux château tente de communiquer avec sa défunte femme, l'esprit pervers d'une ancêtre délurée de la famille traverse les portes des mondes et prend possession de Bimba, la fille adolescente du seigneur des lieux. À partir de ce moment, cette dernière devient d'une vulgarité sans bornes et se retrouve chargée d'une énergie sexuelle qu'elle transmettra aux invités soit en couchant avec eux ou en les incitant à la fornication. Bimba deviendra donc Malabimba (ou "Bimba la maléfique") jusqu'à ce que sa préceptrice, une jeune nonne, reconnaisse la marque du démon et décide d'exorciser la possédée.
Au niveau de la qualité vidéo, le travail de transfert est bien fait, et la copie utilisée est assez belle. Les couleurs sont un peu ternes, mais les contrastes plutôt bien reproduits. Par endroits la pellicule est légèrement rayée, mais en gros le négatif est en assez bon état. Pour l'audio, le fait d'avoir inclus la bande originale italienne sous-titrée ajoute certainement au plaisir qu'on a à écouter le film. La musique habituelle pour ce genre de production est tout à fait correcte et on a fait un effort pour amplifier certains petits bruits étranges, bonifiant ainsi l‘ambiance sonore et ajoutant une petite touche angoissante au long-métrage.
En suppléments on retrouve quelques séquences coupées de la version originale nord-américaine, qu'on peut soit visionner à part où à leur place d'origine dans le film (bien que leur qualité soit très différente). On retrouve aussi une courte revuette avec des entrevues d'une des actrices (Mariangela Giordano - Sœur Sofia) et du directeur de la photographie. On y apprend entre autres que certaines scènes plus osées du film furent rajoutées après le tournage. Il s'agit de gros plans plus érotiques qui coupent parfois très mal avec le plan d'ensemble. En une occasion, on nous présente de façon assez chaste la jeune Bimba se masturbant de la main gauche et quand on coupe au gros plan plus explicite c'est la main droite qui fait le travail! On apprend aussi que la censure italienne de l'époque accordait au film un visa pour la longueur totale en mètres de la copie et que les propriétaires de salles qui rajoutaient ensuite quelques plans quasi-pornos devaient couper dans les dialogues ou dans l'action pour que la nouvelle version ait la même longueur et n'éveille pas ainsi la curiosité des censeurs. Informatif.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |