Ma vie n'est pas une comédie romantique
Filmoption International

Réalisateur: Marc Gibaja
Année: 2008
Classification: G
Durée: 92 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
28 novembre 2008

Les comédies romantiques américaines avec Tom Hanks et Meg Ryan plaisent à tous les publics. Se laisser porter par leurs désarrois est évident, surtout lorsqu'il y a un baiser et de l'amour à la fin. C'est en déconstruisant ces modèles éprouvés que "Ma vie n'est pas une comédie romantique" tente d'insuffler un peu de nouveauté au genre. Une réussite pendant les 30 premières minutes... qui se transforme pourtant en échec à l'originalité vacillante.

Les raisons du coeur ne sont pas toujours évidentes à saisir. Qui peut croire que Thomas (Gilles Lellouche), un testeur de jeux vidéo qui est retourné vivre chez ses parents à 35 ans, est la personne idéale pour Florence (Marie Gillain), une mère qui vient à peine d'apprendre que son mari la trompe? Entre ces deux êtres, la tension rôde, l'amour est dans l'air, mais le moindre grain de sable peut prendre des proportions gigantesques.

Il y a de ces films qui ne remplissent pas toutes leurs promesses et c'est justement le cas du premier long-métrage de Marc Gibaja. Au départ, le prétexte se veut mordant. Comme chez Woody Allen, le protagoniste s'adresse directement à la caméra, il se moque de toutes ces situations rocambolesques où le flirt mène le bal et le cynisme de certaines répliques semblent travestir le genre de la comédie romantique, au grand bonheur de ceux et de celles qui ont vu des centaines de fois Hugh Grant faire la cour à la gente féminine.

Peu à peu, à la façon du récent Australia de Baz Luhrmann, la satire se transforme exactement en l'objet dont se moque le propos! "Ma vie n'est pas une comédie romantique" devient donc une production stéréotypée et prévisible qui baigne dans les clichés et les conventions. Ce retour du balancier apparaît au sein de personnages secondaires peu intéressants, de quiproquos éculés et d'un récit qui ne semble jamais savoir comment se terminer. Si au moins le couple vedette arrivait à charmer. Devant une exquise Marie Gillain se trouve un Gilles Lellouche exubérant au charisme extrêmement limité. Difficile de s'intéresser à son sort lorsque son Thomas énerve au plus haut point.

La musique anglophone berce l'ensemble avec beaucoup de classe. La piste sonore francophone en Dolby Digital 2.0 titille les enceintes en se concentrant sur les dialogues. Ces derniers, toujours clairs et précis, auraient cependant mérités des sous-titres, tout au moins pour rejoindre un public qui ignore tout de la langue de Molière. Les images sont solides, les couleurs toujours réalistes et la qualité des détails est plus qu'appréciable. Les contrastes ne sont cependant pas parfaits, avec ces teintes trop sombres ou lumineuses et ce blocage émanant de quelques vêtements.

La rigolote pochette blanche montre une fille rayonnante et un homme barbu qui tente de la séduire. Le menu principal du DVD superpose plutôt trois scènes sur une mélodie veloutée. Les suppléments offrent un segment superficiel de cinq minutes sur le tournage, quatre scènes ratées assez inutiles, une longue conversation en guise de fin alternative et une efficace bande-annonce. Il n'y a rien pour écrire à sa mère. En sélectionnant le phare droit de la voiture, il est possible d'accéder à un menu caché regroupant quatre chansons. Le seul bonus réellement attrayant est cette piste de commentaires narrées par les voix de Gibaja, Lellouche et Gillain. Le cinéaste et les comédiens multiplient les anecdotes et les allusions pas toujours utiles, riant de tout et de rien avec un plaisir communicatif. À tel point que leurs réflexions s'avèrent nettement plus divertissantes que le long-métrage final.

"Ma vie n'est pas une comédie romantique" débute sur une prémisse extrêmement intéressante avant de se prendre à son propre jeu et de devenir l'objet qu'il critique tant. Un défaut de taille, surtout lorsque la réalisation n'est pas exceptionnelle et que le couple d'amoureux n'affiche pas une chimie très convaincante. Pour plus de plaisir et de romance, mieux vaut revoir les excellents Changement d'adresse et Un baiser s'il vous plaît d'Emmanuel Mouret.


Cotes

Film4
Présentation6
Suppléments4
Vidéo7
Audio7