La crise de la trentaine est une période de remise en question et de réorientation que bien des gens vivent. Sujet souvent couvert à travers des films et des séries télévisées tel Thirty Something, cette crise existentielle a droit à un nouveau regard via le film "Mensonges et trahisons et plus si affinités...", premier long métrage du cinéaste Laurent Tirard qui surprend par son charme et son humour.
Raphaël (Édouard Baer) est un écrivain qui prête ses talents pour rédiger des autobiographies de personnalités célèbres sans pour autant pouvoir les signer. Devenant de plus en plus indigné par cet anonymat malsain, il cherche le courage nécessaire pour se remettre à l'écriture et refaire un deuxième roman, le premier n'ayant jamais vu la salle des presses. Il n'ose se confier à Muriel (Marie-Josée Croze), sa conjointe qui le désarme par sa franchise et son côté direct. Il se verra confier le mandat de rédiger la biographie de Kevin (Clovis Cornillac), superstar du football français qui est un être superficiel et prétentieux. Cependant, Raphaël apprend que la conjointe du footballeur est nulle autre que Claire (Alice Taglioni), une flamme de jeunesse qui l'avait accompagné à un mariage il y a plusieurs années, soirée qui s'était terminée abruptement à cause d'un accident de la route pour le moins particulier. Cette rencontre impromptue associée à un travail qui devient de plus en plus lourd et à une relation conjugale incertaine amène moult doutes dans son esprit et le dirige tout droit vers une bonne crise existentielle.
D'emblée, nous sommes séduits par la fraîcheur, le traitement, l'humour et l'originalité de ce film. La palette de personnages que le réalisateur nous présente est merveilleusement bien triée et surtout bien dirigée. Quelques personnages secondaires tels Jeff et Max, les deux grands potes de Raphaël sont simplement hilarants. Le clin d'œil fait sur les séances de "Speed Dating" est un moment de pure apothéose. L'utilisation très efficace de retour en arrière et d'ellipses donnent beaucoup de souplesse à la mise en scène et fait des 90 minutes de ce film, un pur délice.
L'image de ce film est d'excellente qualité et nous propose de très belles couleurs naturelles et vives sur une pellicule intacte. Aucune granularité n'est apparente et aucun artefact de compression n'est également apparent. Bref, du grand art! L'aspect audio propose une trame originale qui s'étend à l'ensemble des canaux, mais étant donné que ce film s'appuie sur des dialogues, les arrières sont strictement sollicités lors des passages musicaux et par quelques effets ambiants. J'aimerais souligner la très belle sélection musicale qui prévaut dans ce film, un vrai baume pour l'ouïe. Par contre, l'accent français utilisé par la Québécoise Marie-Josée Croze a un peu gâché mon plaisir. J'imagine qu'elle devait se conformer aux directives des producteurs.
Un menu statique et musical dans lequel la navigation est un jeu d'enfant nous accueille. Côté suppléments, la pièce de résistance est sans contredit la revuette sur la production du film. D'une facture très drôle, on assiste principalement à quelques moments du tournage du film mettant surtout en vedette Édouard Baer, scènes qui ont toutes été ratées, car quelqu'un s'esclaffait continuellement. Puis on nous propose une scène coupée d'une durée ridiculement courte qui n'apporte rien de plus au film. Édouard Baer nous présente également le film à travers une brève revuette très rafraîchissante. Quelques bandes-annonces complètent la section des extras, mais il est cependant dommage qu'une entrevue avec le réalisateur ne fasse pas partie du lot.
"Mensonges et trahisons et plus si affinités..." fût une révélation pour moi, surprise que je vous recommande chaudement. Préparez-vous à vous dilater la rate sur ce film qui a comme seule prétention, celle de divertir. Séville nous propose une édition DVD un peu mince, mais compte tenu de la qualité audio vidéo à laquelle nous avons droit, je leur pardonne.
| Film | 8 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 8 |