Mesrine - Partie 2 : L'ennemi public n°1
Alliance Vivafilm / Remstar

Réalisateur: Jean-François Richet
Année: 2008
Classification: 14A
Durée: 135 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Français, Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935842323

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
22 décembre 2010

Plus développé et humoristique que le précédent L'instinct de mort, "L'ennemi public n°1" montre un Mesrine contradictoire. Un divertissement satisfaisant qui n'a toutefois pas complètement enrayé les anomalies du premier tome.

Après ses problèmes au Québec, Mesrine (Vincent Cassel) est de retour en France. Peu importe les prisons, il trouve toujours un moyen de s'en échapper. En compagnie d'un complice (Mathieu Amalric) et de sa nouvelle petite amie (Ludivine Sagnier), il tente de justifier ses actions à la presse. Le bandit de grand chemin devra pourtant faire attention au commissaire Broussard (Olivier Gourmet) qui fera tout pour l'attraper... mort ou vif.

Le volet d'introduction était là pour camper le personnage, l'atmosphère et l'époque des années 1960. La suite commence au début des années 1970: le héros passe son temps à jouer au chat et à la souris avec les forces de l'ordre et il n'hésite pas à se servir de sa grande gueule pour provoquer. Puisqu'il a déjà développé son ambiance dans son premier projet, le réalisateur Jean-François Richet se permet d'explorer plus en profondeur la psyché de son sujet. Cela s'exprime par le soin apporté au passé du célèbre bandit, de sa relation avec ses parents et de la situation en Algérie. Tout en éclairant sur la situation économique et politique (avec les Brigades rouges par exemple), le scénario laisse finalement parler Mesrine. Ses propos, contradictoires et souvent manipulateurs, en disent beaucoup sur l'état des choses et sur lui-même, la difficulté d'être à la fois un malfrat et un révolutionnaire.

Le tout apparaît au sein d'une production tout aussi maîtrisée sur le plan de la réalisation que la première mouture (c'est plus brut, moins stylisé), dont les dédales un peu hasardeuses de l'intrigue (des personnages nouveaux apparaissent sans crier gare) ne sont pas toujours améliorées. Même si le film dépasse allègrement les deux heures (et que des longueurs peuvent se faire ressentir), de nombreux coins ont été tournés ronds, ce qui n'est jamais à l'avantage de l'émotion. Particulièrement allumées, les répliques ne lésinent pas sur l'humour et le sarcasme, alors que des situations rocambolesques apparaissent toutes les quinze minutes. De quoi presque transformer le tout en véritable comédie, ce qui ne serait pas une mauvaise chose devant l'état d'esprit du protagoniste.

Toujours en grande forme, Vincent Cassel n'agit plus seul dans le long-métrage. Plusieurs acteurs sont capables de rivaliser avec lui. À commencer par Oliver Gourmet qui ne s'en laisse pas imposer en flic. Mathieu Amalric arrive même à lui voler la vedette avec ses réactions qui font hurler de rire tout en glaçant le sang. Dommage que le faux accent de Gérard Lanvin soit plus risible qu'autre chose, et que l'avocate personnifiée par Anne Consigny change son fusil d'épaule soudainement et un peu bêtement sans que le spectateur ne sache trop pourquoi. La femme campée par Ludivine Sagnier est représentative du genre féminin: mal développé et empreint de sexisme devant la domination du mâle.

La musique mélodique sait comment tenir en haleine. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 est plutôt énergique, où des tirs de mitraillette, du verre brisé et des flashs d'appareils photographiques virevoltent des différentes enceintes. Les voix sont claires, les dialogues audibles, et il y a de parfaits sous-titres blancs en option. L'image est également très solide. Bien que du blocage puisse se faire ressentir, les couleurs sont justes, les teintes assez soignées, et il n'y a rien de problématique au niveau des contrastes.

La pochette rentre-dedans présente Mesrine arme au poing qui ne semble pas particulièrement de bonne humeur. Pour sa part le menu principal du DVD défile sur une haletante mélodie et un efficace montage de scènes. Aucun supplément ne se retrouve sur cette édition, si ce ne sont quelques publicités diverses une fois l'insertion du disque dans le lecteur.

Second segment plus amusant et divertissant, car moins conventionnel et consensuel, "L'ennemi public n°1" mise le tout sur le tout sur l'action, la violence un peu gratuite et le jeu de haut niveau de ses comédiens. L'ensemble apparaît sans doute trop linéaire et mécanique pour qu'on y revienne une deuxième fois. Sauf que la machine est suffisamment bien huilée, et la dernière scène brille par sa virtuosité sur le plan de la mise en scène et du montage. Un bonbon acidulé qui risque d'exploser à tout moment.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments-
Vidéo7
Audio7