"Messieurs les enfants" détourne un concept familial populaire pour offrir un gros gâteau saturé de sucre et de bons sentiments. Un concept mollement structuré qui fait rapidement soupirer.
Trois chenapans sont pris en grippe par un professeur qui leur ordonne la réalisation d'un difficile travail. Tard dans la nuit, ils s'endorment devant leur devoir, pour se réveiller le lendemain dans la peau de leur propre père! Eh oui, le passage de l'enfance vers l'âge adulte amène son lot de responsabilités et de problèmes. Ensemble, ils cherchent ardemment à briser ce mauvais sort, surtout que leurs parents sont devenus leurs enfants!
Cette prémisse est un calque de Freaky Friday et de ses nombreux dérivés. Dans ces longs-métrages, les tours du destin étaient utilisés pour faire rire sans trop se casser la tête. Ici, le traitement est purement moralisateur et mélodramatique. Les dialogues ne semblent exister que pour rappeler l'importance de la famille, de l'amitié et, surtout, de l'imagination. La charge est tellement grosse et lourde qu'il est pratiquement impossible d'adhérer au propos tant le ridicule et la redite prennent toute la place.
L'omniprésence de ces messages tend à asservir la mise en scène sans relief de Pierre Boutron. Le résultat final est mièvre, appuyé et d'un sentimentalisme qui lève rapidement le cœur. Même les interprètes, généralement plus que compétents, semblent toujours se demander ce qu'ils font là. Brillamment dirigé chez Resnais, Pierre Arditi s'avère étrangement fade avec ses mimiques ridicules. Une première chez lui. Une tendance qui se répercute chez le jeu du reste de la distribution, qui comprend tout de même Zinedine Soualem et Michel Aumont.
Si le film a été réalisé en 1997, les images manquent clairement de vie. Tout y est poussiéreux, que ce soit les contrastes trop sombres, les détails à la finition défaillante et les couleurs qui cumulent les teintes de jaune et de brun. Il y a surtout du grain et du blocage qui viennent s'infiltrer dans le récit. La piste sonore francophone peu élaborée utilise timidement les enceintes pour faire ressortir des bruits de cris, de cadrans et de téléphones. L'ensemble s'entend cependant bien. Tant mieux, il n'y a aucun sous-titre. De son côté, la musique a une notion purement descriptive, et les mélodies déployées sont d'un kitch incommensurable.
L'horrible pochette superpose deux photographies quelconques. Le menu principal du DVD offre un simple et monotone montage de séquences qui est accompagné d'une pièce musicale peu mémorable. Il n'y a aucun supplément et il n'est même pas possible de sélectionner la scène de son choix!
Peut-être que la nouvelle originale (Kamo et moi de Daniel Pennac) valait le coup d'œil. Ce n'est toutefois pas le cas de l'adaptation cinématographique qui manque constamment de saveur et de magie. Pourtant, "Messieurs les enfants" avait à sa disposition une distribution intéressante et un sujet prometteur. Sans doute que quelqu'un quelque part a rajeuni pour pondre un scénario simpliste qui passe son temps à faire la morale. Les enfants méritaient mieux... et leurs parents aussi.
| Film | 3 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 6 |