Miral
Alliance / The Weinstein Company

Réalisateur: Julian Schnabel
Année: 2011
Classification: 14A
Durée: 106 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935400271

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
9 juillet 2011

Le cinéaste Julian Schnabel arrive souvent là où le cinéphile ne l'attend pas. Après son acclamé Le scaphandre et le papillon, le voilà qu'il propose "Miral", l'adaptation cinématographique d'un roman de Rula Jebreal qui parle de paix et de tolérance en période de guerre et de désordres géopolitiques.

Miral (Freida Pinto) réside à Jérusalem Est. Prisonnière du conflit israélo-palestinien qui se déroule depuis plusieurs décennies, elle a trouvé refuge dans un pensionnat dirigé par la bienveillante Hind (Hiam Abbass). En âge de réfléchir par elle-même, elle sent que le flot de violence risque bientôt de s'intensifier. Appelée à prendre position, la jeune femme hésite à joindre la résistance qui nécessitera une action plus musclée.

Production "neutre" qui célèbre un peu naïvement le combat pacifique et la foi du destin salvateur, "Miral" peut compter sur d'excellents ingrédients qui, mis ensemble, ne font pas nécessairement un film plus fort. Il y a tout d'abord la mise en scène maîtrisée de Julian Schnabel qui joue de claustrophobie pour amener le spectateur sur le champ de bataille. Puis il y a le sujet cruellement d'actualité qui fait un tour d'horizon satisfaisant de la situation, résumant habilement des décennies de luttes. Finalement, il y a l'interprétation juste de tous les comédiens. Bien qu'il est un peu questionnable de retrouver une héroïne indienne dans tout ce brouhaha, Freida Pinto fait bonne impression, et elle est entourée des excellents Hiam Abbass, Alexander Siddig, Willem Dafoe et Vanessa Redgrave.

Ce n'est tout de même pas suffisant pour élever le long-métrage au-dessus du lot. Le récit demeure dans les conventions, ne s'en éloignant pratiquement jamais. La progression prévisible manque de ressorts dramatiques, les joutes de pouvoir paraissent parfois un peu faibles, et les éléments extérieurs qui auraient pu jeter un baume sur les situations (l'humour et la romance, par exemple) sont généralement absents. Au lieu d'être seulement intéressante, cette œuvre aurait pu être fascinante, ce qu'elle n'est que rarement. Et il est toujours un peu étrange que tout le monde – ou presque – parle en anglais, coproduction (entre cinq pays!) oblige.

La réalisation presque stylisée est alimentée de très jolies images, lumineuses et détaillées, qui offrent des contrastes généralement au point et d'agréables teintes en sépia. Les éloquentes archives en noir et blanc compensent pour les quelques apparitions de blocage. La musique un peu envahissante s'avère de belle facture. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 est efficace, plongeant les enceintes dans une multitude d'explosions et de tirs. Les voix suffisamment fortes aux dialogues compréhensibles peuvent être soutenues par de très visibles sous-titres blancs en anglais ou en espagnol.

La pochette blanche attire l'attention, montrant le corps d'une jeune fille qui semble si douce et innocente. Le menu principal du DVD affiche un très respectable montage de scènes et une somptueuse mélodie, lourde de sens. Les suppléments comportent trois scènes supprimées plutôt inutiles, un potable documentaire de 14 minutes sur le tournage qui permet aux artisans de s'exprimer sur les thèmes en place, une courte exposition de quelques peintures (une des obsessions du metteur en scène) et une demi-heure de très instructifs échanges entre le créateur et des panélistes sur les importantes questions politiques soulevées par l'essai. Le tout est complété par une éclairante piste de commentaires du cinéaste et du producteur Jon Kilik qui repassent en revue les différentes étapes en cours (les choix des personnages, les pièges d'une telle prémisse, les clins d'œil musicaux, etc.).

"Miral" est un film de grande qualité qui, bizarrement, n'arrive pas à marquer les esprits. Peut-être est-ce la faute du procédé, un peu trop mélodramatique et bien attentionné, qui cherche tellement la neutralité qu'il effleure l'essentiel sans le traiter correctement. Car lorsqu'on a dans sa main une histoire riche, de très bons acteurs et un don inné pour faire de belles images et que le résultat n'est pas éclatant, il y a anguille sous roche.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments7
Vidéo7
Audio7