Nannerl, La sœur de Mozart
TVA Films / Axia Films

Réalisateur: René Féret
Année: 2010
Classification: G
Durée: 116 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 17
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 824255006989

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
5 avril 2011

Honnête long-métrage de fiction qui séduit par la qualité de son interprétation et de ses choix musicaux, "Nannerl, la sœur de Mozart" porte un regard probant sur son époque qui n'était pas juste pour tout le monde.

Wolfgang Mozart (David Moreau) avait une sœur aînée, Nannerl (Marie Féret), qui était également une musicienne de génie. Elle aurait aimé composer de la musique et jouer du violon, mais cela ne se faisait pas chez les femmes. Surtout pas auprès d'un père autoritaire (Marc Barbé) qui ne voulait surtout pas faire de vagues...

Deux constats ressortent de ce film de René Féret. Il se fera encore de nombreux récits "au féminin" qui traitera de cette Histoire injuste qui muselait la moitié de sa population. Le sujet, très inspirant, est gonflé d'une intéressante réflexion sur l'art et le gouffre qui peut exister entre les sexes et les classes sociales. Le tout étant porté par de subtils comédiens, dont le visage angélique de Marie Féret est le plus éloquent.

Il est pourtant dommage que l'effort prenne peu de risque sur le plan de la forme. Il s'agit à nouveau d'une sorte de téléfilm de luxe, une production classique et statique au rythme incertain et dont le propos se veut plus verbeux que nécessairement démonstratif. Un dispositif qui, ironiquement, cadre avec sa propre morale interne (censurer le talent), et qui est bien pâle à côté d'opus similaires, dont le plus célèbre est certainement l'inoubliable Amadeus de Milos Forman.

La musique prend beaucoup de place et elle est toujours très agréable à écouter. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 ne la fait toutefois pas toujours ressortir convenablement des différentes enceintes, se limitant à quelques sons de cordes et de clavecins. Les voix sont claires et assez fortes, mais il n'y a aucun sous-titre en cas de nécessité. Les ombres ont une importance primordiale tout au long de l'ouvrage. Tant mieux, les contrastes sont généralement au point. Cependant, les images demeurent sombres et les couleurs manquent parfois de tonus.

La pochette jaune dorée montre trois personnages importants, dont l'héroïne qui se retourne, stupéfiée. L'agréable menu principal du disque fait plutôt alterner un montage de scènes sur une pièce extrêmement mélodique. Une bande-annonce fait figure d'unique supplément.

"Nannerl, la sœur de Mozart" est une œuvre honnête qui, sans jamais s'éloigner des sentiers battus, rappèlent les nombreux sacrifices que les mœurs de l'époque pouvaient instaurer. On rêve cependant en secret de quelque chose de beaucoup plus innovateur et rassembler sur le plan de la forme que cet objet un brin poussiéreux, vus des dizaines de fois auparavant.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments1
Vidéo6
Audio6