No One Knows About Persian Cats
Entertainment One / IFC Films

Réalisateur: Bahman Ghobadi
Année: 2009
Classification: PG
Durée: 107 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Perse (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212102677

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
25 mars 2011

Film de fiction qui épouse parfois l'esthétisme du documentaire, "No One Knows About Persian Cats" du réalisateur irakien kurde Bahman Ghobadi est un savoureux récit engagé sur l'art et la liberté.

Negar (Negar Shaghaghi) et Ashkan (Ashkan Koshanejad) sont deux jeunes artistes qui viennent de sortir de prison. Leur rêve est de faire de la musique, ce qui est pratiquement impensable à Téhéran. Afin de partir à l'étranger, ils sont à la recherche de passeports, de visas et de nouveaux musiciens pour les accompagner dans leurs aventures. Le gérant verbomoteur Nader (Hamed Behdad) est l'homme tout désigné pour les aider dans leurs quêtes.

Cinéaste de renommée internationale à qui l'on doit les merveilleux Un temps pour l'ivresse des chevaux et Les tortues volent aussi, Bahman Ghobadi signe ici un récit hors norme, filmé en Iran sans autorisation officielle. Bien qu'il s'agisse d'une œuvre de fiction, la réalité n'est jamais loin dans la façon de décrire la société et ses interdits. La liberté de création est muselée et des milliers de groupes agissent dans l'ombre, se cachant des autorités pour exercer leur art.

Le résultat, extrêmement intéressant malgré un manque parfois de subtilité, se déploie en deux actes. Le premier est l'odyssée des héros qui cherchent à sortir de ce labyrinthe qui se referme progressivement sur eux. La caméra presque naturaliste se tient près des protagonistes, qui sont tous criants de vérité. Ensuite viennent les moments musicaux qui, à l'effigie du grandiose Danser dans le noir de Lars von Trier, apportent une fraîcheur au propos, une évasion momentanée. Une dichotomie qui fonctionne généralement bien, le tout étant porté par un montage nerveux, une mise en scène dynamique et un scénario étoffé.

La photographie à la fois âpre et plus onctueuse permet de bien imaginer le quotidien de sa population. Les aspects vidéo sont généralement dans le ton. Les couleurs manquent parfois d'éclat et les contrastes peuvent paraître sombres, mais la définition des contours finit par surprendre, tout comme la justesse de la définition des contours. Les nombreuses mélodies utilisées font taper du pied, explorant différents genres musicaux. La piste sonore en farsi (ou en persan moderne) en Dolby Digital 5.1 est efficace. Des bruits de chatons, de sirènes et de voitures s'échappent des différentes enceintes. Afin de bien saisir les dialogues, il y a de très visibles sous-titres blancs en anglais ou en espagnol.

La pochette montre un groupe de jeunes gens qui sont disposés à passer aux choses sérieuses. Le menu principal du DVD réutilise cette idée en y intégrant quelques vignettes variées et une chanson qui donne seulement le goût d'aller se procurer le plus rapidement possible la trame sonore. Les suppléments sont composés de la bande-annonce et d'un très recommandable documentaire. Pendant près de 54 minutes, le metteur en scène parle de sa relation avec son pays, de la nature particulière de l'ouvrage et de sa conduite à terme. Du bonbon.

Lauréat du prix spécial du Jury de la section Un certain regard lors de sa présentation au Festival de Cannes de 2009, "No One Knows About Persian Cats" est un effort extrêmement original, personnel et pertinent sur la situation des artistes en Iran. Avec son cachet documentaire capté sur le vif, l'ensemble pique rapidement la curiosité, et ce, de la première scène (qui est une mise en abyme de ce qui va suivre) au dernier plan qui demeure longtemps en tête. Bien plus qu'une simple curiosité.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments6
Vidéo7
Audio8