La comédie adolescente a toujours été un genre très prisé dans les productions américaines. Voilà que les Français s'essayent à ce type de film avec le sympathique, mais peu mémorable "Nos 18 ans".
Juin 1990. L'école tire à sa fin et les cours de récupération vont bientôt débuter. Lucas (Théo Frilet) ne pense qu'à cette belle inconnue (Valentine Catzéflis) pendant que ses amis tirent le diable par la queue. Ils devront toutefois faire attention de bien étudier afin de réussir leur examen oral, car Monsieur Martineau (Michel Blanc) sera intraitable dans son évaluation.
Ce deuxième long-métrage de Frédéric Berthe (un cinéaste tellement inconnu que son nom ne figure même pas sur le boîtier!) se positionne davantage vers le cinéma de John Hughes que celui de Judd Apatow. La vulgarité a été remplacée par une petite fantaisie simple et inconséquente sur la nécessité de profiter de sa vie, d'aider ses amis, d'aimer et, si possible, de ne plus être puceau. Un procédé mignon qui est toutefois loin d'être original, surtout que la mise en scène cumule au passage plusieurs clichés sur l'adolescence.
Ce remake d'un film italien n'a pas la profondeur de La naissance des pieuvres et de Et toi, t'es sur qui?. Il s'agit plutôt d'un Watatatow ou d'un Beverly Hills du 21e siècle avec des personnages en deux dimensions. L'interprétation est toutefois enjouée, avec ces jeunes comédiens qui prennent un malin plaisir à réciter leurs textes. Et il y a Michel Blanc, toujours hilarant dans la peau d'un professeur qui en a marre de se faire ridiculiser par ses élèves.
Le soin accordé à la musique joue à fond la carte de la nostalgie avec ces tubes de The Cure et de David Bowie. Les pistes sonores francophones demeurent assez animées grâce à ces sons d'avions, de scooters, de trains, de sonnettes et de vent qui s'échappent des différentes enceintes. Les dialogues aux nombreux accents diffus peuvent être accompagnés de très visibles sous-titres blancs en anglais. Les images au demeurant un peu granuleuses et sujettes au blocage deviennent rapidement étonnantes. Les couleurs sont jolies, les détails plus qu'intéressants, les éclairages très distrayants et les contrastes généralement précis.
La pochette ressemble à toutes celles des titres réservés aux adolescents: il y a une multitude de personnages qui sont heureux de se côtoyer. Le menu principal ressemble à une planche à dessin avec quelques croquis en mouvement sur un doux air musical. Aucun supplément n'est disponible pour continuer ces vacances estivales.
"Nos 18 ans" est un potable divertissement qui offre un heureux retour dans le temps. Il n'y a rien de convaincant ni de mémorable, si ce n'est cette bonne humeur généralisée, ce récit moins bête que d'habitude et ces mélodies irrésistibles qui font rapidement taper du pied. Cela fait changement de À vos marques... Party!.
| Film | 5 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |