Dog Eat Dog (Perro Come Perro)
IFC Films / E1 Entertainment

Réalisateur: Carlos Moreno
Année: 2008
Classification: 18A
Durée: 103 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 774212101076

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
15 juillet 2009

Rare film colombien qui arrive à être distribué sur le territoire québécois, "Perro Come Perro" ("Dog Eat Dog" en version anglaise) mérite l'attention davantage pour son traitement nerveux que pour l'originalité de son sujet.

El Orejon est un criminel endurci qui aime tout contrôler. Puisque Eusebio a tué une personne qu'il ne fallait pas et que Victor lui a dérobé de l'argent, il décide de les réunir tous les deux dans un hôtel minable afin que ses hommes de main les éliminent. Ces deux résistants ont cependant plus d'un tour dans leur sac et ils cherchent coûte que coûte à rester en vie.

Hormis par l'entremise d'évènements comme Festivalissimo, le cinéma colombien se fait rare au Québec. Pour un réalisateur connu tel Victor Manuel Gaviria, il y a des dizaines de noms qui passent littéralement inaperçus, à moins d'aboutir "par hasard" à Fantasia ou au Festival des Films du Monde (c'était effectivement le cas de ce titre en 2008). "Dog Eat Dog" n'a peut-être pas pris l'affiche en salles régulières, mais sa sortie ravira les amateurs d'œuvres fortes matinées d'hémoglobine.

À la façon de Quentin Tarantino, des frères Coen et, surtout, de Guy Ritchie, le réalisateur Carlos Moreno a concocté une histoire simple et efficace où l'argent devient la quête perpétuelle des protagonistes. Derrière cette idée éprouvée tout au long du septième art (comment oublier le classique The Treasure of the Sierra Madre?) se trouve un montage nerveux et une mise en scène étincelante qui arrive presque à faire du neuf avec du vieux. Sans nécessairement réinventer le genre, le cinéaste lui insuffle une belle énergie, et les comédiens (Marlon Moreno, Oscar Borda, Alvaro Rodriguez, etc.) se donnent corps et âme à cette entreprise plus verbeuse et dramatique que violente et gratuite. De quoi faire mentir la prémisse qui était tout sauf excitante.

Les images, stylisées à souhait et à l'excès, offrent des couleurs à la fois chaudes et froides d'où émanent de très jolis éclairages et des teintes dominantes (dont le jaune et le blanc se disputent généralement la part du lion). Le grain, parfois un peu trop envahissant, rajoute à cet esthétisme sale et brut, au même niveau que ces contrastes légèrement imparfaits et ce léger blocage. La musique pop ou dansante est dominée par un thème accrocheur et mélodieux. La piste sonore espagnole en Dolby Digital 5.1 ne lésine pas sur les différentes enceintes, faisant allègrement ressortir des haut-parleurs des bruits d'oiseaux, de cris, de sirènes de police et d'instruments divers. Afin de bien saisir les dialogues, il est possible d'insérer de très visibles sous-titres jaunes en anglais.

À priori, la pochette n'est guère attirante. Elle est séparée en deux tout en étant ornée d'hommes musclés et armés. Plus soigné est le menu principal du DVD. Sur un montage ingénieux de scènes défilent un rouge ensanglanté et une très agréable chanson rythmée. Des publicités constituent l'unique supplément. Il y en a une demi-douzaine dès l'insertion du disque, et il est possible d'accéder à la bande-annonce originale du long-métrage.

Au lieu de s'éclater façon Amores Perros ou Cité de Dieu, "Dog Eat Dog" joue plutôt dans les plates-bandes des grands réalisateurs américains des années 1990. Au diable la trame narrative classique si le traitement énergique tient en haleine tout en divertissant allègrement. C'est le destin de ce petit film qui demeure authentique et personnel tout en recyclant des éléments éprouvés et propres au genre. C'est à se demander pourquoi le cinéma colombien n'arrive pas en plus grand nombre en sol canadien.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments1
Vidéo7
Audio7