Le vénérable cinéaste Bertrand Tavernier renoue avec le film à costumes par l'entremise de "La princesse de Montpensier", un récit à la fois vieillot et moderne qui captive allègrement malgré sa trop longue durée.
En 1567, les alliances sont multiples et surtout pas éternelles. Marie de Mézières (Mélanie Thierry) aime le Duc de Guise (Gaspard Ulliel) mais elle doit épouser le Prince de Montpensier (Grégoire Leprince-Ringuet). Pendant que celui-ci doit partir pour la guerre, c'est le Comte de Chabannes (Lambert Wilson) qui s'occupe à parfaire l'éducation de la nouvelle épouse de son bon ami. Alors que la tension politique montre, celle du cœur est prête à exploser à tout moment.
Cette histoire librement inspirée des écrits de Madame de la Fayette a été présentée en compétition officielle au Festival de Cannes en 2010. S'il est reparti bredouille, le long-métrage a fait le tour des festivals planétaires, avant de sortir sur les écrans réguliers. Le résultat n'est peut-être pas une merveille comme La Reine Margot, mais il n'en demeure pas moins un récit très intéressant. À travers une mise en scène un brin poussiéreuse qui tente de pourfendre son académisme et son classicisme, le cinéaste mélange allègrement action, réflexion et élans du cœur, laissant une part belle aux dialogues qui fondent dans la bouche.
Tout cela grâce à un traitement étonnamment moderne de cette héroïne désirée de tous qui cherche à s'émanciper des conventions de l'époque. Un premier discours dénonciateur qui en cache de nombreux autres, faisant état de cette critique de la guerre et des classes sociales. Un scénario généreusement remplit pour un effort qui peut traîner en longueur, mais qui arrive à bon port grâce aux charmes de ses interprètes. Mélanie Thierry est d'une belle froideur, résistant du mieux qu'elle le peut aux attaques de Cupidon. Lambert Wilson incarne à la perfection un personnage assez similaire à celui qu'il défendait dans l'extraordinaire Des hommes et des dieux, Gaspard Ulliel fera fondre le public féminin et Grégoire Leprince-Ringuet s'en sort convenablement malgré un personnage esquissé un peu rapidement.
La superbe partition musicale de Philippe Sarde porte en elle un souffle épique certain, surprenant par ses airs qui finissent pourtant par sortir de l'ordinaire. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 demeure très animée, faisant ressortir des différents haut-parleurs des bruits d'épées, d'animaux et d'applaudissements. Les voix sont généralement compréhensibles, ce qui ne pardonne pas l'absence totale de sous-titre (le public anglophone pourra difficilement saisir tous les dialogues tant les expressions particulières sont omniprésentes). Les images parfois trop lumineuses se rachètent au niveau des contrastes, élégants et nuancés, des teintes judicieusement détaillées, et de la riche palette des couleurs.
La pochette tout à fait représentative de la prémisse montre une jeune femme qui est regardée intensément par quatre hommes. Le menu principal du DVD offre plutôt un habile montage de scènes qui s'harmonisent à une musique appropriée. Aucun supplément ne vient compléter l'ouvrage.
"La princesse de Montpensier" est un essai noble et élégant sur la petite et la grande histoire qui finissent par bouleverser l'être humain, le heurtant au plus profond de ses convictions. Une fresque vivante qui aurait pu être beaucoup plus spectaculaire, et dont le parfum prend parfois du temps avant d'être apprécié à sa juste valeur.
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |