PVC-1
E1 Entertainment / IFC Films

Réalisateur: Spiros Stathoulopoulos
Année: 2007
Classification: 18A
Durée: 85 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 15
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 774212101878

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
26 octobre 2009

Film coup de poing qui sera difficile à oublier, "PVC-1" vaut surtout pour son éblouissante mise en scène et sa parabole éclatante montrant une Colombie qui risque d'exploser à tout moment.

Des hommes masqués décident d'attaquer une famille colombienne sans le sou et d'insérer un dispositif autour du cou de la mère. Si ces gens ne payent pas une rançon, la technologie explosera, emportant avec elle la pauvre femme. Laissé à eux-mêmes, le couple et leurs enfants cherchent un moyen de s'en sortir, se fiant aux forces de l'ordre pour les sortir du pétrin.

Un peu à la façon de l'éblouissant et mémorable L'arche russe d'Alexandre Sokourov, le cinéaste grec Spiros Stathoulopoulos a décidé de filmer son nouveau film en un seul plan séquence! Cet exercice de style, fascinant à regarder, l'amène pratiquement à épouser le documentaire et les affres du réel, suivant ses personnages à la trace. Une fois passée la surprise des débuts, le procédé révèle ses limites, et le récit, extrêmement travaillé, tend à s'étioler.

Cela n'empêche pas ces 85 minutes d'éclater en plein visage. La tension est telle qu'elle garde constamment le spectateur sur le bord de son siège, faisant rapidement et presque instantanément pomper le cœur. La charge, brute et cruelle, n'a strictement rien à voir avec le divertissement, et un public non averti risque d'être traumatisé devant cette caméra subjective particulièrement suffocante qui n'épargne personne. Cet impact psychologique se double d'une prise de position politique, le réalisateur ne se privant pas d'égratigner les structures du pays d'Amérique du Sud, révélant son impuissance et son sombre destin.

La caméra utilisée est en haute définition, ce qui implique une bonne part de parasites, du grain et du blocage. En revanche, la qualité de l'image est relativement bonne, et si les contrastes s'avèrent un peu trop sombres, les couleurs demeurent précises, éloquentes. La piste sonore espagnole n'exploite pratiquement jamais les différentes enceintes, ce qui est dommage, car le sujet l'indiquait. Même la musique se fait rare, se limitant à une triste mélodie pendant le générique de fin et une alarme stridente. Afin de bien comprendre les dialogues, il y a de très visibles sous-titres blancs dans la langue de Shakespeare et d'Almodovar.

La pochette sombre et granuleuse montre une femme enfermée dans son enfer. Le menu principal du DVD évoque pratiquement la confusion d'un champ de bataille, avec ses cris, ses hurlements, ce montage rapide et lacéré, cette fureur sonore, le rugissement des couleurs noires et rouges évoquant le vide et le sang... Dommage qu'aucun supplément ne soit présent. Il n'y a que la dérangeante bande-annonce originale. Une vive déception chez le cinéphile qui aurait certainement voulu en apprendre davantage sur la façon de travailler du metteur en scène...

"PVC-1" n'est certainement pas une œuvre pour tout le monde. Le rythme ne laisse aucun répit, faisant rapidement apparaître son lot de sensations et d'émotions. Bien que la progression ne soit pas toujours évidente et que l'intérêt diminue au fil du visionnement, le résultat ne laisse aucun doute sur les compétences techniques de Spiros Stathoulopoulos et sa propension à faire réagir. Voilà une méthode qui risque de faire plusieurs petits.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments1
Vidéo6
Audio6