Petit ovni cinématographique assez libérateur, "Le roi de l'évasion" aurait été nettement supérieur sans ses nombreux temps morts et ses moments de tergiversation. Au lieu d'un récit solide comme le roc, le spectateur se retrouve avec un essai mou.
Armand (Ludovic Berthillot) est un homosexuel grassouillet de 43 ans qui cherche la bonne personne. Il est même disposé à changer d'orientation sexuelle après avoir "sauvé" Curly (Hafsia Herzi), une jeune fille de 16 ans. Mais devant la réticence de ses parents, l'adolescente et son nouveau compagnon décident de prendre la poudre d'escampette.
Ce singulier long-métrage d'Alain Guiraudie aurait pu être une déstabilisante réflexion sur le désir et la solitude. On sent des idées folles jaillir du scénario, au même rythme que des séquences parfaitement décalées et un humour corrosif. Les protagonistes sont plongées dans cette aventure sexuelle jusqu'au cou et ils assurent comme s'il n'y avait pas de lendemain. Ludovic Berthillot trouve toujours la réplique pour attendrir, alors que Hafsia Herzi (la découverte de l'exquis La graine et le mulet) séduit par sa fougue et sa détermination.
Le film traîne cependant en longueur, surtout dans sa première partie qui se veut répétitive. Les événements surviennent parfois sans aucune logique et les réactions des personnages laissent à désirer. Surtout que ces derniers s'avèrent caricaturaux. Comme si le cinéaste n'avait pas voulu exploiter complètement son filon absurde, à l'image de sa mise en scène qui a tendance à être superficielle et teintée de voyeurisme au lieu de plonger dans le cœur de l'action.
Les choix musicaux détonnent. L'inspiration d'un David Lynch se fait rapidement sentir, renforçant du même coup l'étrangeté de l'effort. La piste sonore francophone en Dolby Digital 2.0 est de bonne qualité, faisant ressortir des bruits de voitures, de cris et de vent des enceintes. Les voix audibles sont parfois agrémentées d'accents multiples. Dommage qu'aucun sous-titre ne soit disponible. Les images sont potables. Bien que le blocage et les égratignures puissent apparaître, le résultat demeure généralement satisfaisant, surtout au niveau des couleurs soignées et des contrastes élaborés.
La description figurant au dos du boîtier contient plusieurs erreurs grammaticales. La durée indiquée n'est pas la bonne, ce qui pourra porter à confusion! La pochette laisse un peu indifférent. Les deux protagonistes se retrouvent à suivre un cours d'eau dans une forêt. Le menu principal du DVD reprend ce concept qui est statique et sans musique. Il n'y a aucun supplément sur ce disque.
"Le roi de l'évasion" aurait pu être une comédie existentielle sur le sens de la vie et de l'amour. Il ne l'est qu'à moitié lors de scènes réjouissantes et hilarantes, qui ne font pas oublier celles qui ne fonctionnent guère. C'est déjà mieux que rien.
| Film | 5 |
| Présentation | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |