Sagan
Equinoxe Films / Universal

Réalisateur: Diane Kurys
Année: 2008
Classification: PG
Durée: 120 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 025192020292

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
16 avril 2009

Honnête téléfilm reprenant à la lettre la traditionnelle biographie romancée, "Sagan" vaut surtout le détour pour l'incroyable performance de Sylvie Testud et la musique mélancolique d'Armand Amar.

Les hauts et les bas de l'écrivaine Françoise Sagan (Sylvie Testud) dont son premier roman Bonjour tristesse lui a apporté la gloire et la célébrité en 1954. Adulée du public, mais boudée par la critique, cette auteure qui adorait parler de la bourgeoisie a marqué la France par ses écrits et ses comportements. Tour d'horizon éclair de ses amitiés douloureuses, de ses divorces dans l'indifférence et de ses combats quotidiens avec la vie, ses proches, son fils, ses dépendances, etc. Lorsque la seule quête de bonheur n'est pas toujours comblée...

Destiné principalement pour la télévision avant d'être gonflé pour le cinéma, ce nouveau long-métrage de Diane Kurys épouse le schéma classique des succès et des échecs. Le tout débute par le traditionnel retour dans le temps, l'existence qui n'est pas de tout repos et cette déchéance jusqu'à la mort de Sagan en 2004. Une page d'histoire un peu trop schématisée qui ne peut compter sur la poussiéreuse mise en scène pour apporter un peu de pimpant à l'entreprise.

Le récit, limité à 120 minutes qui ne sont pas sans longueur, se veut surtout un portrait assez flatteur de l'écrivaine, passant rapidement (ou oubliant...) des moments sombres de son existence. Ces choix qui ne sont pas fortuits ne sont toutefois pas trop dommageables. Le nœud dramatique – qui est accompagné de légères éclaircies comiques salvatrices – s'articule autour des mots bouleversants de la Sagan. Un sens inné de la poésie qui donne seulement le goût de lire ses écrits.

La performance de Sylvie Testud demeure la principale attraction de l'ouvrage. Elle est éblouissante, si éloignée des stéréotypes de l'ignoble Le bonheur de Pierre. Non seulement elle ressemble beaucoup à son modèle, mais ses expressions et ses réactions ne semblent jamais forcées. Une prestation qui a été soulignée par une nomination à la dernière cérémonie des Césars. Dommage que cette année-là, c'est la superbe Yolande Moreau et l'extraordinaire Séraphine qui sont venus tout rafler. L'apport du reste de la distribution n'est également pas négligeable. Tous les comédiens s'acquittent honorablement de leur personnage, particulièrement la méconnaissable Jeanne Balibar dans un rôle difficile.

La partition musicale d'Armand Amar s'avère mémorable. Son délicieux leitmotiv au piano distille beaucoup d'émotions. Les autres pièces, plus actives et populaires, accompagnent parfaitement les situations sans jamais entraver les dialogues. En revanche, les sous-titres anglophones blancs demeurent un peu petits. Les pistes sonores francophones sont délicates, faisant ressortir des bruits de cloches, de klaxons, de sonnettes et d'applaudissements des différents haut-parleurs. La reconstitution d'époque est soignée et elle peut compter sur quelques efficaces archives. Les images ne sont toutefois pas à la hauteur avec ce grain un peu trop présent, ces couleurs qui manquent d'éclat, ce léger blocage et ces contrastes trop sombres.

Le très joli boîtier montre l'héroïne au bord d'une plage et d'une voiture. Le menu principal du DVD reprend simplement ce plan. Tout est statique et il n'y a ni musique ni supplément. Pour en savoir davantage sur cette personne exceptionnelle, il faudra aller à la bibliothèque ou se tourner vers Internet.

Gentil biopic à la forme et au discours éprouvé, "Sagan" manque singulièrement d'audace. Une ironie dérangeante et consternante, car l'auteure était tout le contraire. Les principaux thèmes (le besoin vital d'écrire, le regard féminin sur une époque de mutations, le désir de vivre réellement) s'apparentent au récent et supérieur Angel, sans toutefois posséder le souffle épique de François Ozon. Reste un petit film bien sage qui est relevé par le jeu pimenté de Sylvie Testud, et dont les yeux deviennent rapidement tristes grâce aux mélodies d'Armand Amar et aux mots de la narratrice.


Cotes

Film6
Présentation3
Suppléments-
Vidéo5
Audio7