La mondialisation est à la mode. Qui de mieux qu'un réalisateur français pour réaliser un remake américain d'un film asiatique qui comporte plusieurs actrices québécoises? Voilà l'équipe derrière "The Secret", une fantaisie sucrée salée qui patauge dans le sirop pour ultimement émouvoir.
Benjamin (David Duchovny) est un homme heureux qui vit paisiblement en compagnie de son épouse Hannah (Lili Taylor) et de sa fille adolescente Sam (Olivia Thirlby). Un jour, un malheureux accident de la route lui enlève les deux femmes de sa vie. Par miracle, l'âme de sa bien-aimée se réanime, sauf qu'elle est prisonnière du corps de sa progéniture! Une nouvelle dynamique se créée entre ces deux amants qui doivent non seulement vivre avec cette réalité incroyable, mais qui ne sont pas nécessairement disposés à plonger au cœur des secrets de Sam.
La prémisse semble ridicule et elle l'est. Il s'agit surtout du principal obstacle de cette œuvre mystique. Difficile de croire aux évènements qui arrivent tant le ton est lourd et que plusieurs scènes manquent terriblement de crédibilité. Surtout que la mise en scène de Vincent Pérez (eh oui, le populaire acteur français qui, du jour au lendemain, s'est volatilisé dans la nature) ne lésine pas sur les effets appuyés qui cherchent absolument à soutirer quelques larmes. De quoi sourire pendant toute l'introduction, et ce, même si ce n'est pas nécessairement voulu.
En acceptant le postulat de base, il est toutefois plus aisé d'embarquer dans l'aventure. Ce qui aurait pu devenir le nouveau Freaky Fridays se mute rapidement en drame éloquent sur les périls de l'adolescence. L'ensemble est relevé par le jeu intense d'Olivia Thirlby (vue dans le sympathique Juno) et par celui très touchant de David Duchovny, nettement plus à l'aise que dans l'horrible The X-Files: I Want to Belive. Quelques visages québécois apparaissent également dans des rôles secondaires, dont Laurence Leboeuf, Macha Grenon et Abeille Gélinas.
La musique variée (du rock, du jazz, des airs tristes et d'autres évoquant le suspense) est beaucoup trop présente et appuyée pour être totalement digeste. Les différentes pistes sonores en français et en anglais sont de belles factures, faisant ressortir des bruits de pluie, de vent, d'eau qui s'écoule, d'aboiements de chiens et de sonneries de téléphone des multiples enceintes. Si la traduction dans la langue de Molière laisse parfois à désirer, ce n'est pas le cas des magnifiques sous-titres blancs. En revanche, la qualité des images est loin d'être aussi réussie. Les couleurs sont drabes, les contrastes demeurent parfois trop foncés et du blocage apparaît furtivement à quelques occasions. Le rendu s'améliore cependant avec le temps, devenant plus que recommandable bien avant la tombée du générique.
La pochette n'invite guère au visionnement. Devant un fond sombre se trouvent les visages de David Duchovny et d'Olivia Thirlby. Le menu principal du DVD reprend exactement cette photographie sans proposer le moindre mouvement ou la moindre mélodie. Hormis la bande-annonce originale et une galerie de publicités, les suppléments se limitent à deux éléments très distincts. Il y a tout d'abord un segment de huit minutes qui montre le cinéaste en pleine action, en train de préparer ses scènes ou de diriger ses acteurs. C'est pertinent les premiers instants et lassant par la suite. Heureusement que ces entrevues sont présentes pour faire oublier le reste. Pendant une demi-heure, les trois principaux protagonistes discutent de leur personnage en abordant les thèmes, le ton de l'ensemble et les sentiments ressentis. Agréable à défaut d'être très profond.Sans avoir le même charme que son modèle japonais (le très joli Himitsu qui est sorti en 2000), "The Secret" séduit et repousse tout à la fois. L'histoire n'est pas particulièrement engageante et le déroulement est continuellement à deux doigts de sombrer dans la farce, sauf que les thèmes abordés portent à réflexion (la vie, la mort, la jalousie, la fidélité, le sacrifice, alouette) et l'interprétation plus que satisfaisante d'Olivia Thirlby fait de ce récit une curiosité qui est loin d'être désagréable. À condition, bien entendu, de laisser son cynisme au vestiaire. Ce qui n'est pas toujours évident.
| Film | 5 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |