Respectable film de kung-fu qui assure au niveau des chorégraphies et du scénario simples mais efficaces, "Shaolin Mantis" fait revivre le genre d'une brillante façon. Depuis que The Weinstein Company a instauré la collection "Dragon Dynasty" en 2006, c'est une bonne partie du catalogue du mythique studio Shaw Bros. qui est dorénavant disponible au commun des mortels.
L'Empereur ne donne pas le choix à Wei Fung (David Chiang): il doit infiltrer un groupe de rebelles, sinon sa famille sera exécutée. Le jeune homme se lie rapidement d'amitié et d'affection avec la jolie Chi-Chi (Wong Hang-sau). Même qu'un mariage est proclamé! Malheureusement pour lui, sa nouvelle famille l'empêche de sortir du domaine. Pour sauver les siens, Wei Fung ne trouve aucun autre moyen que de prendre les armes.
Réalisateur des populaires The 36th Chamber of Shaolin et autres The 8 Diagram Pole Fighter, le cinéaste Liu Chia-Liang prouve qu'il n'a pas perdu la main avec ce travail effectué plus que correctement. D'un côté, il y a des affrontements entraînants qui, sans renouveler le genre, savent divertir efficacement. Puis il y a un scénario classique qui révèle quelques surprises, notamment une horde de trahisons. Après une entrée en matière remarquée, le récit flirte davantage avec la romance et la comédie, ce qui peut donner quelques moments étranges, dont un entraînement avec une mante religieuse!
Lorsque le drame et le suspense prennent le dessus, les enjeux deviennent clairs et limpides, et bien que les personnages respectent les archétypes d'usage, ils doivent effectuer de douloureux choix moraux. C'est là que le bât blesse légèrement, car malgré le plaisir rencontré et la performance tout à fait louable de David Chiang (qui ressemble beaucoup à Jet Li), les connotations politiques et historiques ne sont pratiquement pas expliquées, ce qui laisse une finale un peu mélangeante et brouillonne. Comme si l'action ne devait pas avoir de motivations, de raisons intrinsèques à tout ce sang versé.
Les pistes sonores en mono se concentrent sur les dialogues. Puisque le doublage anglophone est catastrophique, il faudrait y aller avec la version originale (en mandarin) et insérer de très visibles sous-titres en anglais ou en espagnol. La musique, qui a une fonction principalement descriptive, agrémente généralement bien les situations. Les images sont étonnamment vivantes, avec ces belles couleurs lustrées, ces contrastes généreux et ces teintes tout à fait recommandables pour l'époque (le tout a vu le jour en 1983). Un peu de grain se fait peut-être ressentir, sauf qu'il n'y a rien pour gâcher le plaisir rencontré.
La pochette verte et noire montre le héros ainsi qu'un combat endiablé. La description de l'intrigue lève le voile sur une des surprises du long-métrage, ce qui est tout à fait regrettable. Le menu principal du DVD fait succéder un montage de scènes sur une mélodie de circonstance. Bien que des bandes-annonces apparaissent une fois l'insertion du disque dans le lecteur, aucun supplément n'accompagne cette édition.
Flirtant parfois avec l'œuvre de propagande, "Shaolin Mantis" demeure un choix recommandable pour les amateurs de kung-fu. La prémisse n'est peut-être pas aussi forte et profonde qu'espérée et les chorégraphies manquent parfois de fluidité, mais dans le genre, il s'est fait bien pire.
| Film | 6 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |