Simon Konianski
Alliance Vivafilm

Réalisateur: Micha Wald
Année: 2009
Classification: 14A
Durée: 99 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935837343

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
26 juillet 2010

Comédie disjonctée qui fait des pieds et des mains pour décrocher un sourire en traitant de beaucoup trop de thèmes à la fois, "Simon Konianski" n'arrive pas toujours à s'extirper la tête hors de son bourbier, croulant sous la horde de personnages stéréotypés et de situations qui ne sont jamais réellement très drôles.

La vie dans une famille juive n'est pas toujours de tout repos. Après s'être fait plaquer par son amoureuse et ne voyant son fils qu'à l'occasion, Simon (Jonathan Zaccaï) décide de retourner vivre chez son père veuf (Popeck). Les deux ne peuvent se blairer et ils se le font savoir régulièrement. Le hasard amènera le père de famille à quitter Bruxelles pour une visite impromptue en Pologne et en Ukraine.

Une scène hilarante apparaît dans la première partie de ce long-métrage, montrant le protagoniste s'engueuler avec son père, son oncle paranoïaque et sa tante fatigante à propos de la situation des Arabes sur le territoire israélien. Même si tout le monde est d'une religion identique, l'antihéros se plaît à être en désaccord avec son entourage, ce qui donne une vibrante confrontation de générations ponctuée de nombreuses répliques acerbes.

Ce discours politique, pourtant mordant et nécessaire, n'a cependant aucun autre espace pour exister pleinement tant l'ouvrage, sorte de farce absurde, revisite tous les clichés du genre relié au peuple juif, avec ses traditions et ses mœurs, ses paradoxes et les discours de droite de ses aînés, l'importance de se souvenir du passé, des massacres et la peur qu'un jour tout risque de recommencer. Des thématiques un peu casse-gueule, d'autant plus lorsqu'elles sont traitées par le biais de l'humour... et que le rire soit si rare! C'est malheureusement le cas de ce récit en deux actes, avec une introduction qui évoque parfois Tanguy, et une conclusion en sorte de road-movie interminable qui aurait mérité un rythme davantage resserré.

Rompant avec la force brute et lyrique de son précédent et séduisant Voleurs de chevaux, le cinéaste Micha Wald reprend à son compte son remarqué court-métrage Alice et moi, recréant une famille qui s'aime sans être capable de se le dire correctement. Empruntant maladroitement aux frères Coen, à Wes Anderson et au délicieux Nobody's Fool de Robert Benton, le réalisateur offre pourtant des individus franchement antipathiques, dont l'attachement se fait difficilement. Quelle chance que les acteurs retenus ont tous la gueule de l'emploi, et que le duo principal, composé du malicieux Popeck et du toujours excellent Jonathan Zaccaï - véritable alter ego du metteur en scène – offre une chimie bien sentie.

Les mélodies sont agréables, explorant différents genres avec un plaisir incommensurable. L'intensité musicale est parfois si forte qu'elle peut venir entraver quelques dialogues. Il y a cependant de visibles sous-titres blancs en anglais et en français en cas de besoin. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 n'est guère exploitée, se limitant à faire ressortir quelques instruments de musique. Les images au demeurant ordinaires s'enrichissent par ses teintes développées, ses détails significatifs et ses couleurs qui se développent au fil de l'essai. Les contrastes généralement homogènes n'arrivent pas à totalement éradiquer le blocage qui peut se faire trop ressentir en quelques endroits.

La pochette colorée montre les différents personnages qui regardent droit devant eux. Le menu principal du DVD reprend cette idée statique en y superposant un air aussi dansant que rythmé. Tout cela est toutefois bien banal. Les suppléments ne sont guère édifiants, se limitant à une bande-annonce originale plutôt efficace.

"Simon Konianski" finit par boire la tasse avec ses êtres beaucoup trop stéréotypes et ses péripéties qui font à peine esquisser un sourire ou deux. Wald a cependant trop de talent pour ne pas riposter après cette contre-performance, et s'il laisse un peu ses influences au vestiaire (Woody Allen, le tandem Gustave Kerven et Benoît Delpine qui avait offert le mémorable Louise-Michel), il risque de surprendre à nouveau au courant des prochaines années.


Cotes

Film5
Présentation4
Suppléments1
Vidéo7
Audio6