Caramel
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Nadine Labaki
Année: 2007
Classification: PG
Durée: 96 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Arabe (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
2 juillet 2008

Petit film libanais qui se déguste avec plaisir de la première à la dernière image, "Caramel" offre un magnifique portrait de femmes arpentant une société divisée entre les valeurs classiques et la modernité. Un joli long-métrage qui met en appétit dès les premières secondes.

Dans le Liban des dernières années, un salon de coiffure est le théâtre de différents imbroglios. Layale (Nadine Labaki) est en amour avec un homme marié. Nisrine (Yasmine Al Masri) est sur le point de se marier... mais elle n'est plus vierge. Rima (Joanna Moukarzel) se sent troublée par son attirance pour les femmes. Jamale (Gisèle Aouad) fait l'impossible pour paraître jeune. Et il y a Rose (Siham Haddad) qui a sacrifié son existence pour s'occuper de sa sœur Lili (Aziza Semaan). Ensemble, elles vont s'écouter, s'aider et s'épauler, pour le meilleur et pour le pire.

L'opus de Nadine Labaki se savoure de différentes façons. Il s'agit d'une rare production libanaise qui ne s'intéresse pas à la guerre. Les intrigues tournent plutôt autour des mœurs et de la moralité d'une société en pleine mutation qui est coincée entre hier, aujourd'hui et demain. Si les comportements évoluent, les mentalités ne suivent pas nécessairement au même rythme. En abordant l'homosexualité, la dévotion et les relations sexuelles en dehors du mariage, la réalisatrice ne cherche nullement à choquer. Elle préfère décrire avec légèreté et désinvolture une réalité qui n'est pas toujours montrée.

Derrière son scénario parfaitement prévisible, "Caramel" se veut un film au féminin. Le plus proche équivalent est bien entendu Vénus beauté (institut) qui s'avère cependant inférieur. Dans cette version moins bourgeoise, il est difficile de résister au charme des interprètes et de leurs personnages si sympathiques. Elles deviennent toutes familières avec leurs joies et leurs peines, alors que leur amitié laisse un sourire béat sur les lèvres. Sans tambour ni trompette, la cinéaste vient de créer un "feel-good movie" sensuel et irrésistible, porté par une mise en scène simple et aérée.

Il s'agit également d'une excellente raison pour découvrir un magnifique Liban baigné dans la chaleur. Si les images demeurent chaudes, les couleurs manquent d'éclat et les teintes se veulent un peu trop lumineuses. La qualité des contrastes fait cependant oublier la présence du blocage. La sublime musique de Khaled Mouzanar donne rapidement le goût d'arrêter le visionnement et d'aller acheter la trame sonore au magasin. Les airs sont mélodiques à souhait et ils restent longtemps gravés en tête. Le tout se conjugue favorablement aux différentes pistes sonores qui savent utiliser les multiples haut-parleurs pour recréer avec justesse une ville en pleine action. Dans ce flot tout à fait normal, les voix demeurent généralement compréhensibles, et il y a d'intéressants sous-titres blancs en français et en anglais. Le seul souci se situe au niveau de la traduction francophone qui est loin d'être aussi inspirée que la version originale en arabe.

La pochette aux couleurs recherchées montre une jolie femme qui regarde par la fenêtre. Le menu principal du DVD - un brin trop classique et terriblement statique - dépeint plutôt le visage de Labaki et il y a une jolie mélodie pour agrémenter la navigation. Contrairement au récit final, les bonus se veulent peu nutritifs. Entre une bande-annonce trop détaillée et une série de publicité, mieux vaut se concentrer sur les trois segments. Sauf qu'ils n'apprennent presque rien sur le sujet! L'entrevue avec la réalisatrice ne dure que cinq minutes et elle a à peine le temps de parler du titre et du processus d'écriture. "En coulisses" fait un tour d'horizon rapide des gens qui ont participé à la création de l'ouvrage, alors que la "Tournée des festivals" montre sans véritablement s'attarder les endroits où le long-métrage a reçu un accueil plus qu'enjoué. Il n'y a rien de très instructif là-dedans.

"Caramel" est un plaisir presque perpétuel pour les sens, l'âme et le cœur. Même s'il ne s'agit pas du meilleur film de l'année (ou même du mois et de la semaine), une aura de douceur se dégage de l'authentique effort de Nadine Labaki. Comme une drogue douce, une écoute ne suffit pas. Absorbé devant la beauté de la photographie, de la musique et des interprètes, il ne faut surtout pas bouder son propre bonheur et mordre à pleine dent dans une seconde écoute. Voilà une efficace façon de rester de bonne humeur pendant le reste de la journée!


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments3
Vidéo6
Audio7