L'entêtement de certaines personnes est parfois risible. Il est vrai qu'il ne faut pas plier l'échine au premier coup dur, mais après plusieurs tentatives infructueuses, ça devient carrément de l'acharnement. Parlez-en à Madonna, qui après un nombre de flops incalculables au cinéma (Shanghai Surprise,Who's That Girl?, Swept Away), elle nous revient avec sa première réalisation, "Filth and Wisdom". Avant de me faire assassiner, laissez-moi vous dire que je respecte ÉNORMÉMENT Madonna pour son apport incroyable à la culture populaire des années 80,90 et 2000. Personne, dans cet univers de stars "Kleenex" jetables après utilisation, n'a réussi à se réinventer aussi souvent et aussi efficacement qu'elle ne l'a fait, mais vous en conviendrez avec moi, c'est une toute autre histoire en ce qui à trait à sa carrière cinématographique. En fait, si elle ne s'appelait pas Madonna, il y a longtemps qu'elle aurait enterré sa carrière d'actrice. Si j'étais plus langue sale, je dirais que c'est probablement pour cette raison qu'elle se lance maintenant dans la réalisation.
J'ai fait bien des efforts pour laisser ma mauvaise foi de côté, mais cette dernière m'a rattrapé en moins de 10 minutes. Une mise en scène prévisible et des personnages caricaturaux au maximum ont vite fait de l'œil à ma mauvaise foi. Trois amis partagent un appartement, avec leurs idées de grandeur et qui aspirent à un monde meilleur. A.K veut être une vedette de la chanson, mais, pour payer les factures, il est gigolo sado-maso. Holly rêve d'être une grande danseuse de ballet, mais c'est nue et autour d'un poteau qu'elle s'exécute. Juliette, la plus terre-à-terre du groupe, elle rêve de sauver des orphelins africains, mais se contente d'être vendeuse dans une pharmacie. Oui oui, des personnages aux traits aussi gros que ça. Des plans de caméras dignes des plus mauvais caméramans de Musique Plus se succèdent les uns après les autres pendant les 84 minutes les plus éprouvantes de toute ma vie. OK, j'exagère un peu, ma dernière visite chez le dentiste fut plus éprouvante. Mis à part ces dérapages en séries, ce qui m'agace le plus dans ce film, c'est son désir d'être Trainspotting. C'est tellement flagrant que Danny Boyle devrait envoyer une mise en demeure à Madonna. Enfin...
La jaquette du boitier nous présente les protagonistes du film sous une grosse paire de lèvre rouge, d'où se présente une langue prête à lécher ces mêmes lèvres, le tout sur fond blanc. Vous voyez, même la pochette est bourrée de clichés. Le menu nous présente certaines images du film, accompagné de musique. L'image est extrêmement granuleuse et les contrastes font défaut huit fois sur dix. La bande son est mal calibrée, dans les scènes plus douces, il y a un bourdonnement continuel dans les enceintes de derrière. Vraiment désagréable.
Donc, à moins d'être le fan numéro un de la Madone, il n'y a vraiment aucune raison de se procurer ce DVD. Un conseil Madonna, en terminant; arrête ton calvaire (et le nôtre), lâche le cinéma et fais-nous danser, dans ce domaine il n'y en a pas deux comme toi.
| Film | 1 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 3 |
| Audio | 3 |