Forbiden Hollywood
Collection 3: Other Men's Women / The Purchase Price / Frisco Jenny / Midnight Mary / Heroes for Sale / Wild Boys of the Road
Warner Home Video

Réalisateurs: William A. Wellman
Année: 1931 / 1932 / 1932 / 1933 / 1933 / 1933
Classification: PG
Durée: 573 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 4 (DVD-9)
Code barres (CUP): 883929011070

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
31 mars 2009

Ancien pilote ayant servi durant la Première Guerre mondiale dans l'Escadrille Lafayette, William Wellman est devenu acteur et a su rapidement grimper à réalisateur pour diriger le tout premier film à avoir remporté un Oscar (Wings, 1927). Ici, ce sont six vues de son impressionnante filmographie qui sont offerts. Un réalisateur détesté comme peu (Orson Welles, Stanley Kubrick, etc.) par les producteurs, un public qui acclamait presque chacun de ses films... qu'y a-t-il à comprendre?

Sur les trois disques principaux, on retrouve "Other Men's Women", "The Purchase Price", "Frisco Jenny", "Midnight Mary", "Heroes for Sale" et finalement "Wild Boys on the Road". Tous des films relativement courts (entre 68 et 74 minutes chacun) mettant en scène les difficultés de la jeunesse, des adultes, des criminels et autres sphères de la société dans les années 30, plus particulièrement dans les années de la Grande Dépression. Les films de Wellman décrivent des éléments sociaux ayant pour trait le désir de changement d'un peuple. Car rappelons-le, William Wellman était un réalisateur du peuple et non de producteur. Il avait combattu dans la Première Guerre et savait exactement comment arriver à ses moyens.

Les films sont de facture très intéressante. Les décors sont très crédibles (ils ont moins l'air de décors comme aujourd'hui), la cinématographie est très fluide (pour l'époque, c'est exceptionnel) et permet une toute nouvelle lecture d'émotions sur les visages des acteurs, eux-mêmes très à l'aise dans leurs rôles respectifs. Bien entendu, l'acting a fortement évolué depuis et certaines scènes paraissent aujourd'hui plutôt hors de propos, ou même lentes. Remarquez, le charme opère encore. Les actrices telles Loretta Young, Barbara Stanwyck et Ruth Chatterton resplendissent face à leurs co-vedettes masculines. Entre autres, Grant Withers, Lyle Talbot (qui a joué pour Ed Wood dans Plan 9 From Outer Space), Richard Barthelmes, etc. Tous ont une véritable présence qui se sent à l'écran, malgré les quelques 76 ans nous séparant d'eux. La réalisation de Wellman est très instinctive plutôt qu'alerte et minutieuse, ce qui ne l'empêche pas de demeurer très humain et filmer avec un réalisme inouï les combats et scènes de désespoir humain. Jamais un réalisateur n'a su filmer la guerre tel que lui (regardez Island in the Sky avec John Wayne et vous comprendrez). Son point de vue était celui d'humains pris dans une situation désespérée, qui ne désirent qu'une chose: de s'en sortir pour la journée. Pour l'époque, les femmes font preuve d'une exceptionnelle maturité, même d'une force qui domine l'homme (alors qu'à l'époque, la croyance était inverse, ce qui valait plusieurs critiques à l'égard du réalisateur qui allait à contre-courant). William Wellman aimait ses femmes avec une tête sur les épaules, fortes et indépendantes.

Côté suppléments, c'est la classe. Tout d'abord, chacun des films propose des courts-métrages de suspense et de mystères, quelques dessins animés de l'époque pour refléter les années sombres, des pistes de commentaires (très intéressantes et avec une foule d'informations pertinentes) sur trois des six films, les bandes-annonces et la pièce de résistance: deux films sur William Wellman. Un premier s'attardant sur la vie de l'homme et le second montrant davantage sa filmographie. Les deux permettent de différencier l'homme du réalisateur et offrent des morceaux intrigants de l'époque et ayant des entrevues avec des acteurs qui, à l'époque, commençaient dans le business dont: Clint Eastwood. Une jolie brochette de suppléments qui ne doit pas demeurer inaperçue étant donné sa pertinence.

Le transfert est plutôt normal. On dénote une grande présence de granules blanches et noires, une instabilité de la pellicule (parfois, les scènes sombres deviennent un peu plus claires). C'est à se demander quel travail de transfert a réellement été effectué... Côté sonore, ça n'est pas le meilleur non plus. Des égratignures sonores se font entendre ici et là, la musique et les dialogues atteignent rapidement un plafond avant de devenir une petite cacophonie. Malheureusement, la seule piste sonore est anglaise (certaines personnes pourraient dire qu'il y a la loi 101, mais bon... Warner ne connaît pas et ça n'empêche pas le produit d'être disponible quand même sur nos tablettes - la Régie du cinéma y a apposé son "collant taxe" de toute façon). Les menus sont simples: une image de chaque film qui nous permet d'aller au menu principal de ce dernier et ensuite, des menus on ne peut plus simple, mais efficace, à l'effigie des films.

Les films sont de facture différente, mais possèdent une réelle charge émotionnelle et critique de l'époque dans laquelle ils ont été faits. Pour les nostalgiques, les amoureux d'ancien cinéma et ceux qui n'oublieront jamais ce qu'était le cinéma du peuple avant que les corporations se mettent de la partie.


Cotes

Film6/7/7/5/7/8
Présentation5
Suppléments9
Vidéo5
Audio5