Gary Cooper: The Wedding Night / The Adventures Of Marco Polo / Ball Of Fire / Casanova Brown
MGM Movie Legends
MGM Home Entertainment

Réalisateurs: King Vidor / Archie Mayo / Howard Hawks / Sam Wood
Année: 1935 / 1938 / 1941 / 1944
Classification: PG / G / G / G
Durée: 83 / 104 / 112 / 94 minutes
Ratio: 1.33:1 / 1.37:1 / 1.37:1 / 1.37:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais, Français, Espagnol (sauf "Casanova Brown")
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 19 / 24 / 24 / 20
Nombre de disques: 1 (DVD-5) chacun

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Le DVD "The Adventures Of Marco Polo" est disponible chez: Amazon.ca
Le DVD "Ball Of Fire" est disponible chez: Amazon.ca
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Selon Martin Gignac
27 mai 2007

La mode actuelle est de sortir un coffret comportant quelques œuvres d'un même réalisateur, acteur ou actrice pour satisfaire leurs admirateurs ou le faire découvrir à un nouveau public. Profitant du récent MGM Movie Legends Collection qui vient tout juste de sortir, cette même compagnie propose quatre nouveaux films mettant en vedette Gary Cooper. Mais pourquoi 60% des titres sont de piètre qualité?

Cet acteur américain a connu la gloire avec des récits aussi différents que High Noon et Mr. Deeds Goes to Town. Figure emblématique du cinéma hollywoodien pendant toute sa carrière, il a longtemps été associé aux comédies romantiques souvent mièvres et coquettes. En fait, ce quatuor de longs-métrages raconte presque toutes des histoires d'amour improbables et les conséquences qu'elles peuvent avoir.

Le cinéaste King Vidor a été associé à l'univers du septième art une bonne partie de sa vie. Il est l'homme qui a permis à MGM de s'établir comme une des compagnies les plus prometteuses. Entre deux succès, il a tourné "Wedding Night" (1935), un mélo qui a peu marqué son époque. Tony (Cooper) est un écrivain qui aime bien boire du scotch. Pour se ressourcer artistiquement, il quitte les joies de la ville pour la campagne plus clémente, au grand désarroi de son épouse (Hellen Vinson). C'est à ce moment qu'il tombe amoureux de Manya (Anna Sten), une voisine polonaise promise à quelqu'un de son "rang". Cette histoire de cœurs qui soupirent est loin d'être unique et le traitement manque incroyablement de tension. Après une introduction captivante, l'intérêt ne va qu'en décroissant, jusqu'à une conclusion pénible et prévisible. Lorsque le couple manque de chaleur humaine, il y a réellement un problème quelque part...

"The Adventures of Marco Polo" (1938) n'est qu'un prétexte pour faire triompher le vieil adage action et sentiments. La vie du célèbre explorateur est romancée et dénaturée au possible dans cette aventure assez divertissante où Polo (Cooper) débarque en Chine, tombe amoureux de la fille (Sigrid Gurie) de l'Empereur et empêche un complot perpétré par son bras droit. Il ne faut surtout pas chercher l'authenticité ou la vraisemblance. Tout le monde parle avec un accent anglais et les sombres desseins sont déjoués à la vitesse de l'éclair. Mais pour une grosse production qui a employé des milliers de personnes, le résultat se veut potable. Surtout que le protagoniste utilise efficacement son charisme légendaire. Un bon petit passe-temps d'Archie Mayo qui ne possède toutefois pas la force de son supérieur Orchestra Wives.

L'opus le plus réussi est certainement "Ball of Fire" (1941). C'est également le seul titre qui ne comporte aucune version française. Bertram (Cooper) et sept amis scientifiques veulent mettre au point une encyclopédie universelle. Lorsque la copine (Barbara Stanwyck) d'un malfrat décide de se cacher chez eux pour fuir la police, de nombreux quiproquos risquent de survenir dans ce milieu qui n'accueille que très peu de femmes. Cette variation humoristique de Blanche-Neige et les sept nains fait beaucoup sourire par l'aplomb des dialogues, les jeux de mots désopilants et le duo parfaitement hétéroclite. Pendant que Cooper fait du charme, Stanwyck vole littéralement la vedette avec ses expressions si savoureuses. Ce n'est certainement pas le film le plus solide d'Howard Hawks, mais c'est certainement un de ses plus mignons. Quelques scènes de baisers s'avèrent littéralement irrésistibles et le tout a été nominé pour quatre Oscars (meilleure actrice, scénario original de Billy Wilder et Thomas Monroe, musique et enregistrement sonore) sans en gagner un seul.

Le trajet ne pouvait bien se terminer. Après un impressionnant sommet, voici un nouveau creux. "Casanova Brown" (1944) confronte un homme (Cooper) à une paternité soudaine et inattendue. Comment réagira ce professeur apprécié et attentionné qui ne veut que se marier? Cela n'a guère d'importance. Un peu comme "Wedding Night", les meilleures séquences sont au début, avant que le bambin devienne un enjeu crucial. Introverti à souhait, Cooper se démène comme un diable dans l'eau bénite, affrontant une belle-famille récalcitrante mordue d'astrologie. Dans cette section, Frank Morgan est truculent, éblouissant. Mais dès que la frimousse se monte le bout du nez, l'ensemble finit par prendre le bord, tout comme le réalisme et l'intérêt. En variation absurde et ridicule de 3 Hommes et un couffin bien avant son temps, les situations ne volent pas très haut. Et dire que le cinéaste Sam Wood avait déjà réalisé des petites merveilles comme A Night at the Opera par le passé!

Le noir et blanc de certains longs-métrages a dû être restauré, parce qu'il n'y a presque aucune trace du passage du temps. Hormis "Wedding Night", qui est le récit le plus ancien, les autres sont tout à fait recommandables. Les images plus que jolies contiennent de nombreux détails et le blocage se fait plutôt rare. Quelques égratignures bien mineures ne font jamais le poids face aux contours si précis et des contrastes tout à fait acceptables. Les récits sont en format plein écran et le manque de fini est loin d'être parfait, mais pour des œuvres de cette époque, le résultat se veut admirable. Et ce que la robe de Barbara Stanwyck dans "Ball of Fire" peut briller de mille éclats! La musique descriptive est omniprésente et elle permet très souvent de lier les situations entre elles. Les airs de jazz sont tout à fait dans leur élément et très souvent, il y a de savoureux numéros musicaux qui apparaissent à l'écran. Les voix sont généralement aisées à saisir, et ce, même si leur intensité aurait pu être augmentée. Les superbes sous-titres jaunes ressortent aisément du noir et blanc et leur lecture s'avère immédiate. Les différentes pistes audio mono se veulent précises. Les pistes sonores anglophones en Dolby Digital 2.0 sont un tantinet plus développées (les échos des voix et de la musique s'échappent des quelques enceintes), sauf qu'il est facile de les oublier.

Ces quatre titres ne contiennent aucun supplément. Une grande déception, surtout en sachant que Gary Cooper a été un des acteurs les plus populaires de sa génération. Les pochettes sont souvent simples, avec des images à l'effigie des interprètes. Les menus principaux des DVD sont plus simplistes avec des fonds statiques sans musique. La navigation n'offre aucun problème, car il est seulement possible de visionner le tout, choisir une scène ou changer la langue.

La plupart de ces productions s'adressent aux fans de Gary Cooper. L'acteur est relativement en forme même s'il ne réinvente pas sa façon de jouer. Le seul choix réellement pertinent est sans aucun doute "Ball of Fire", seulement pour savoir comment Sergeant York pouvait utiliser son légendaire flegme pour amadouer toutes ses conquêtes féminines. Le reste n'est là que pour satisfaire une curiosité qui s'avère souvent bien limitée. C'est finalement une bonne chose que le tout ne soit pas offert en coffret.


Cotes

Film5/6/8/4
Présentation3
Suppléments-
Vidéo6/7/8/7
Audio7