Che: A revolutionary Life - Part 2: Guerrilla
E1 Entertainment

Réalisateur: Steven Soderbergh
Année: 2008
Classification: 14A
Durée: 136 minutes
Ratio: 1.77:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol (DD51), Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212000478

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
2 septembre 2009

Second volet d'un diptyque ambitieux concocté par Steven Soderbergh, "Che: A Revolutionary Life - Part 2: Guerilla" voit Ernesto Guevara s'attaquer à un projet encore plus colossal et irréalisable où il perdra sa vie, devenant cependant un héros populaire auprès des nombreuses générations qui allaient suivre.

Après avoir aidé Castro à s'emparer de Cuba, le Che (Benicio Del Torro) disparaît sans laisser de trace. Il réapparaît en 1966 en Bolivie où il entraîne des hommes à renverser le régime en place, luttant contre les difficiles conditions sociales et la mainmise invisible des États-Unis. La route dans la forêt est longue et périlleuse, les troupes du gouvernement ne se laissent pas démoraliser et après de longs affrontements et une année d'errance, c'est l'abdication ou la mort.

Suite à un premier tome éclaté, excitant, aux subtiles ellipses et généralement en noir et blanc, place au penchant plus intimiste et chronologique. Au lieu de ratisser large, le cinéaste s'est appliqué à décrire minutieusement la déroute d'hommes dans la jungle, mettant en péril ce rêve de révolution, confrontant le désir de changement radical et celui qui passe par les mots.

Le tout bénéficie évidemment d'une mise en scène assurée du créateur de The Limey et d'une interprétation vigoureuse de Benicio Del Toro. Ce dernier est aisément le meilleur élément de l'ouvrage, recréant parfaitement un mythe vivant et influent. En revanche, la structure narrative emprunte beaucoup aux récits de Terrence Malick (qui devait au départ raconter cette histoire plus grande que nature), et le résultat est loin d'être aussi mémorable et inoubliable que dans The Thin Red Lines. Ralentis, désillusion, souffrance, sentiments de perdition et de confusion: tous les éléments sont présents, l'originalité en moins.

Cela n'empêche pas que l'ensemble mérite le visionnement. Pour le souffle épique, les symboles qui volent en éclat et, pourquoi pas, cette magnifique photographie. Le tout est secondé par de solides images aux couleurs justes et à la belle définition des contours, qui doivent toutefois se frotter à du grain et à des contrastes un peu sombres. Dans tous les cas, c'est le réalisme qui a le dernier mot. Sur le plan audio, les différentes pistes sonores sont suffisamment immersives pour faire ressortir des multiples enceintes des sons d'avions, d'oiseaux, de balles, d'aboiements de chiens et de pluie qui tombe sans jamais entraver les dialogues. La langue originale espagnole ne fait qu'une bouchée de la banale traduction francophone, et les sous-titres blancs se lisent presque instantanément. La musique, à la fois inquiétante et solennelle, laisse échapper quelques airs plus sereins à la guitare.

La superbe pochette montre un Che visage baissé, prêt pour toute éventualité, avec en arrière-plan le ciel et la terre qui se fondent l'un dans l'autre. Le menu principal du DVD offre un intéressant montage de scènes sur une mélodie douce. Hormis une multitude de publicités qui s'affichent dès l'insertion du disque, aucun supplément n'est de la partie. Une autre cruelle injustice, qui sera sans doute réparée avec une nouvelle édition onéreuse de Criterion...

"Che: A Revolutionary Life - Part 2: Guerilla" est le miroir inversé de l'introduction. Il s'agit d'un film peut-être moins spectaculaire et renversant, mais plus intimiste et immersif. Encore une fois, il sera difficile d'apprendre quoique ce soit de nouveau sur le sujet (mais pourquoi personne ne s'intéresse à ces quelques années entre Cuba et la Bolivie? ou ses liens avec sa famille?), les nombreux caméos d'acteurs talentueux sont généralement superflus (Franka Potente, Matt Damon, Marc-André Grondin) et la filiation avec le cinéma de Malick n'est pas toujours à l'avantage de Soderbergh. Sauf qu'il s'agit tout de même d'une admirable leçon de vie, hantée par le jeu fantomatique et viscéral de Benicio Del Toro. À prendre pour ce que c'est, sans s'attendre à une vision définitive de l'icône.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments-
Vidéo7
Audio7