Good
Entertainment One / BBC Films

Réalisateur: Vicente Amorim
Année: 2008
Classification: 14A
Durée: 95 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 774212103827

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Albert
3 octobre 2010

Ce n'est pas d'aujourd'hui que les gens parlent de l'euthanasie par compassion. Nous ne sommes pas les premiers au Québec avec notre "Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité" qui propose le débat de savoir si nous devons avoir des services qui répondent aux demandes individuelles, justifiée par la compassion authentique ou qui camoufle un choix plutôt socioéconomique. Le mot même de l'euthanasie apparaît dans un texte du philosophe anglais Francis Bacon en 1605. Il même est défini comme "mort heureuse" dans le Dictionnaire de Trévoux de 1771. Une pièce de 1981 de l'auteur Cecil Philip Taylor place le sujet entre autres dans l'univers du professeur de littérature John Halder durant les années du nazisme où cette action sera graduellement transformée en eugénisme. Cette pièce de théâtre a été transcrite dans un film réalisé par Vicente Amorim et présenté au Festival des films du monde de Toronto (TIFF) en 2008. Aujourd'hui, nous pouvons enfin le découvrir sur DVD.

Dans le film, nous suivons John Halder (Viggo Mortensen) qui a écrit durant les années 30 un roman de fiction à propos d'un mari qui tue sa femme par compassion suite à une longue maladie - inspiré par sa propre mère (Gemma Jones) qui devient de plus en plus sénile. Pour une raison qu'il lui échappe, le roman intéresse les gens du parti nazi qui lui proposent d'en écrire un papier pour lequel il sera grassement rémunéré. Mais il doit devenir membre du parti, ce qu'il redoute amèrement. Il est tiraillé de tous les côtés par sa femme, son beau-père (lui-même membre du parti), sa maitresse Anne (Jodie Whittaker) et surtout par son ami Maurice Glückstein (Jason Isaacs). Éventuellement, il deviendra SS honoraire pour faire avancer sa position au collège où il enseigne. Il verra vite les répercussions de ses choix à plusieurs occasions, spécialement lors d'une visite d'un hôpital où le programme Aktion T4 est mis en œuvre, du Kristallnacht (la nuit des vitres brisées) et lors de la visite d'un camp de concentration à la recherche de son ami.

J'ai trouvé le film plutôt lent, nous laissant le temps de digérer la vie chaotique de John Halder. Dès le début, il est confronté à plein de choix, puisant dans toutes ses ressources pour prioriser les besoins... et ce n'est encore que dans sa vie quotidienne. Il est facile à comprendre ensuite qu'il n'est pas vraiment équipé pour prendre une décision correcte (souvent on l'entend dire "Non Oui OUI"). Son entourage lui lance plein de contraintes tout en lui disant qu'il est un bon homme et prendra la décision la plus sage. Mais plus il s'enfonce dans le nazisme, plus son sens moral veut prendre le dessus sur les raisons concoctées pour excuser ses actions. Plusieurs séquences sont d'une reproduction intéressante, comme les immenses bureaux d'Adolf Eichmann et Josef Goebbels, le Kristallnacht, mais toujours en montrant le bouleversement existant dans la tête d'Halder qui surpassait le chaos qui l'entourait.

Ce transfert sur DVD est très convenable et je n'ai vraiment pas grand chose à dire sur celui-ci qui vous empêchera de visionner le tout. Il y a un peu de blancheur dans les grands plans et un peut d'accentuation des contours selon l'éclairage, mais rien d'épouvantable. La piste sonore offre un petit peu d'ambiophonie ici et là, mais généralement une version éloignée du son que nous retrouvons à l'avant. Plus d'une vingtaine de minutes de séquences derrière les caméras et près de soixantaine de minutes d'interviews de divers intervenants vous attendent comme suppléments sur ce DVD. Nous y rencontrons un à la fois les acteurs, le réalisateur, la productrice, le scénariste, le compositeur, le designer de la production, le coach de paroles, le designer des costumes (en italien?), chacun ayant son opinion sur quelques sujets.

"Good" est un titre assez intéressant, mais j'ai trouvé la fin assez abrupte. Je me demande si la pièce laissait les gens là comme ça, au sommet de la réalisation des actions de John Halder. C'est certain que quelques éléments portent à réflexion et à nous questionner à propos de nos actions dans de telles situations. Est-ce que nous aurions pris les mêmes décisions, quels auraient été les impacts sur la décision contraire?


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments5
Vidéo7
Audio7