Helen of Troy
Warner Home Video

Réalisateur: Robert Wise
Année: 1956
Classification: G
Durée: 121 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 38
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Daniel Cyr
8 mai 2004

La guerre de Troie constitue un épisode qui se trouve à mi-chemin entre la mythologie et l'histoire. Voici en abrégé, la fabuleuse odyssée de la plus célèbre des expéditions militaires entreprises par les Grecs. En l'an 1100 avant Jésus-Christ, Priam (Sir Cedric Hardwicke), roi de Troie (cité antique d'Asie Mineure) charge son fils Pâris (Jack Sernas) d'aller porter un message de paix à Ménélas (Niall MacGinnes), roi de Sparte. Mais alors qu'il approche de son but, le navire du jeune prince est pris dans une tempête et fait naufrage. Pâris est alors secouru par la belle Hélène (Rossana Podestà), la propre femme de Ménélas... Il tombe éperdument amoureux de cette femme qui est à ses yeux aussi éblouissante que la déesse Aphrodite et finit par la kidnapper, la conduisant jusqu'à Troie. Par malheur, Pâris est poursuivi par l'armée de la reine et une guerre de dix ans contre Troie s'ensuit. Cette guerre réunit un grand nombre de héros venus de toutes les contrées de la Grèce et se regroupant autour des rois Agamemnon (Robert Douglas) et de son frère Ménélas. Parmi eux, le bouillant Achille (Stanley Baker) remportera dans un duel titanesque, la victoire contre le plus courageux et le plus noble des héros de la guerre de Troie, Hector (Harry Andrews). Achille traîne derrière son char, le cadavre du valeureux guerrier troyen autour des murs de Troie avant d'être tué à son tour par une flèche tirée par Pâris qui atteint sa seule partie vulnérable, le tendon de sa cheville. Après un long siège de dix ans, les Grecs décident de jouer de stratégie avec la construction d'un énorme cheval de bois qui permettra d'entrer par ruse dans cette forteresse imprenable (d'où provient l'expression "recevoir un cadeau grec" et le terme "cheval de Troie" pour certains virus informatiques). On y enferme des guerriers d'élite dont Ulysse du nom grec Odysseus (Torin Tatcher), on abandonne cet immense cheval sur la plage, en offrande à Pallas, déesse de la ville et en faisant courir le bruit que les Grecs abandonnent le siège de Troie. Cédant à la requête de son peuple qui lui fut fidèle et courageux pendant toutes ces années, le bon Priam fait entrer le cheval dans la ville, derrière ses remparts. La flotte grecque qui s'était cachée au loin, revient durant la nuit et se fait ouvrir les portes par les grecs dissimulés dans le cheval. Troie est prise d'assaut, saccagée et brûlée, les hommes sont massacrés et les femmes deviennent esclaves de ces rusés guerriers.

Le réalisateur Robert Wise a touché à des styles très variés au cours de sa longue carrière en passant entre autres par la science-fiction avec The Day the Earth Stood Still, le drame de guerre avec The Sand Pebbles et la comédie musicale avec The Sound of Music. En 1956, il décide de faire une incursion dans le monde du péplum (selon le Petit Robert, ce mot d'origine latine désigne un vêtement de femme, sans manche, qui s'agrafait sur l'épaule) et il réalise "Helen of Troy". Afin de minimiser les coûts de production au maximum, les producteurs américains préfèrent concevoir dorénavant leurs super productions en Italie dans les studios de Cinecittà où les figurants et les techniciens sont payés à coût moindre, qu'aux États-Unis. D'ailleurs, l'un des réalisateurs italiens de la seconde équipe est un jeune inconnu du nom de Sergio Leone...

La réalisation de Robert Wise est très conventionnelle et manque par moment d'imagination, nous ne le sentons pas toujours à l'aise avec la caméra, surtout durant les scènes romantiques entre Rossana Podestà et Jack Sernas, les comédiens manquent totalement de spontanéité dans leur façon de jouer. Pour ma part, le seul qui se tire le mieux d'affaire est l'acteur Stanley Baker qui joue avec fougue et émotion. L'intensité dans son jeu éclipse tous les autres autour de lui.

Je dois vous parler de la musique pompeuse et accablante de Max Steiner qui n'améliore en rien l'intrigue de cette histoire, bien au contraire elle rend parfois certaines scènes carrément cucu. Pourtant, ce dernier est l'un des compositeurs les plus réputés de l'âge d'or d'Hollywood, mais cette fois-ci, il ne parvient pas à trouver un rythme intéressant pour galvaniser les images de cette œuvre épique, il apporte plutôt une atmosphère de pesanteur aux scènes d'actions.

Les décors sont somptueux, la reconstitution de la forteresse de Troie est tout simplement remarquable. Les costumes sont gracieux, les casques, les cuirasses, les boucliers ont été magnifiquement reproduits dans les moindres détails. La direction artistique de Ken Adam est quant à elle phénoménale puisqu'il a dirigé des centaines de figurants qui font semblant de se battre de façon très crédible, ce qui n'est pas une mince affaire à réaliser versus les méthodes d'aujourd'hui qui sont beaucoup plus simples grâce à l'image numérique qui permet de créer d'innombrables figurants artificiels lors d'affrontements titanesques entre deux armées, comme dans les Star Wars ou The Lord of the Rings.

Pour ce drame historique, Robert Wise a utilisé les meilleurs procédés de l'époque dont le fameux Cinémascope, technique qui fut utilisée pour la toute première fois en 1953 par le réalisateur Henry Kostner avec son film The Robe, créant ainsi une palette de couleurs merveilleusement riches, donnant entre autres des rouges intenses et des jaunes éclatants. Les couleurs de "Helen of Troy" sont fort bien rendues et toujours très constantes. Le contraste également est bien géré. Le niveau des noirs est correctement ajusté, sans fluctuation. Ceci est très important lors de la bataille finale qui se déroule durant la nuit.

Les dialogues sont nets, mais manquent parfois de naturel, surtout si vous écoutez la piste sonore française. Nous avons aussi l'impression que la voix du narrateur sort tout droit d'une boîte de conserve.

La présence de Brigitte Bardot (en brune) dans le rôle d'une jeune esclave est plutôt fade et complètement insipide. À cette époque, personne n'aurait pu imaginer que cette comédienne française allait devenir, la même année, grâce au film de Roger Vadim, Et Dieu... créa la femme, la sex-symbol des années soixante dans le monde entier.

Sur cette édition, les suppléments sont fascinants puisqu'il y a une bande-annonce du film et trois courts extraits en noir et blanc d'une émission de télévision sur le cinéma "Behind the Cameras" présenté par l'acteur Gig Young. Primo "The Look of Troy", où Young nous présente des maquettes du palais du roi Priam et des accessoires utilisés dans cette production. Secundo "Interviewing Helen" où Young rencontre la comédienne Rossana Podestà venue parler de son personnage d'Hélène et de son amour éphémère avec Pâris. Tertio "Sounds of Homeric Troy", où cette fois-ci Young nous introduit dans le monde stupéfiant des effets spéciaux sonores et les techniques employées dans les scènes de combats, nous expliquant par exemple, comment le son fut ajouté sur la pellicule en studio.

"Helen of Troy" procure amplement de divertissement à tous ceux et celles qui le découvriront sur ce DVD. Et comme je le dis souvent, il faut comparer les tomates avec les tomates. Donc, ce film de 1956 ne peut être comparé à des productions plus récentes, comme celle de Wolfgang Petersen avec sa version Troy qui sortira prochainement sur les grands écrans, puisque Robert Wise ne bénéficiait pas des procédés techniques d'aujourd'hui et devait également se défendre constamment contre la censure de l'époque qui était beaucoup plus austère et où la religion avait également son gros mot à dire sur le contenu d'un film.


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